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 S h i r l e y • • Women are weak only if they let men crush them down

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MessageSujet: S h i r l e y • • Women are weak only if they let men crush them down   Jeu 20 Oct 2016 - 17:53

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Mckleyn Shirley

Sunflowers need sun to bright even more

  • Âge27 ans
  • Origine(s)Anglaise & Suédoise
  • sexeFéminin
  • OrientationInconnue
  • GroupeAegis
  • métierInspectrice
  • Niveau socialMoyen
  • RaceHumaine
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physique

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« Le maquillage est l'armure de guerre d'une femme. Avant de partir pour la bataille, sois sûre de la vêtir, ainsi, les larmes ne dévaleront jamais sur tes joues. Si elles passent la barrière de tes paupières, ton armure se brisera. Peu importe à quel point ton maquillage est léger, ce n'est jamais élégant. Donc peu importe à quel point ta situation te semble difficile, tu ne pleureras pas grâce au maquillage. »
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    Des talons claquent le sol miroitant du bureau de police du sixième arrondissement de Paris. L'atmosphère est lourde, les policiers se tendent à l'entende des sons intimidants qui résonnent dans les couloirs. Ils saluent respectueusement, d'un hochement de tête, la personne qui traverse avec fierté le lieu. C'est une femme.

    Du haut de ses 1 mètre 75 et de l'ajout de 5 centimètres de talon, elle avance rapidement, sans courir pour autant, mais avec élégance. Elle est plus grande que certains de ses collègues, actuellement. Certains se sentent impuissants face à sa personne, d'autres se sentent humiliés, le reste s'en contre-moque royalement. Elle attire l'attention, en tant que personne. Se dirigeant vers son bureau, le dos droit, le menton légèrement relevé, le pas confiant, les yeux rivetés vers l'horizon, la démarche fière, et le visage dur et autoritaire, elle impose sa force et ce, naturellement.

    Elle a décidément tout d'une femme et non d'une fille. Elle a l'air décidée, et elle paraît intelligente et fixée sur ses objectifs. Tandis que certaines femmes tendent à vouloir être perçue comme bête et ivre afin d'attirer la gente masculine. D'ailleurs, elle a entendu dire que si les hommes aiment tant ce genre de fille, c'est parce qu'ils se sentent supérieurs à leur côté. Shirley n'aimerait pas paraître inférieure aux phallus, dans l'absolu, elle est pour l'égalité des sexes.

    Elle ne joue jamais les imbéciles ; d'après les rumeurs, on ne l'a jamais vue faire preuve de maladresse. Alors qu'elle a des traits légèrement juvéniles ; si délectables, si angéliques : un visage ovale, d'une pâleur qui pourrait faire croire qu'au moindre contact avec sa peau, vous risqueriez de vous glacer en un instant ; des yeux profonds, qui bascule du vert printemps prononcé au bleu céleste glacé, charmants ou effrayants selon les opinions, qui pourtant reflètent un amas d'humanité, de générosité, de liberté, de détermination et de mystère ; des sourcils fins et peu fournis, tracés pour montrer une partie d'elle posée et sereine ; un petit nez, fin et plat, rappelant une délicatesse particulièrement présente en elle ; une petite bouche, ronde, charnue, dotée d'un arc de cupidon prononcé, prononçant des mots d'une voix claire et féminine. Son faciès est charmant, il l'est d'autant plus une fois maquillé. Son aspect, d'ores et déjà fort élégant, est sublimé une fois embelli de parures colorées. Davantage une fois sa longue chevelure lisse et blonde coiffée en un chignon relevé et relâché. Et pourtant, présentement, elle a tant de prestance. En plus d'être belle, intelligente, forte et grande, elle est inspectrice. Elle est très respectée, certes, mais comme elle est une femme, son équipe ne l'estime pas toujours. Certains daignent ignorer ses ordres, mais ils le regrettent alors bien rapidement. Car elle a autant de force qu'un homme et qu'elle pratique des arts martiaux.

    Shirley s'arrête une fois devant la porte automatique de son bureau. Certains policiers prennent le risque de la reluquer, avant qu'elle n'entre. Ils remarquent qu'elle a un corps parfaitement proportionné. Certaines femmes, ne faisant que passer, ne peuvent s'empêcher de poser leur regard sur la blonde. Elle a un corps parfait, se disent-elles, et l'envient sans pour autant la jalouser, car elles l'admirent tant pour sa force d'esprit. Elle est fine, sa taille est mince et elle possède des formes qui ne laissent que peu de personnes indifférentes. Grâce au pantalon noir et moulant qu'elle vête, on peut constater que ses jambes sont bien galbées, un peu musclées quand même ; son postérieur, quant à lui est ferme et bien formé. En ce qui concerne ses bras cachés par sa chemise blanche, ils ont beau être fins, chacun sait qu'ils sont puissants. Et sa poitrine, et bien... Elle n'est pas petite, elle n'est pas non plus plantureuse. C'est un petit bonnet C agréable à regarder, mais pas incroyablement beau pour autant. Alors que l'on regarde juste un peu le haut de son corps, on remarque un collier orné d'un pendentif en argent, représentant une larme trouée de motifs floraux. Il est beau. Est-ce un porte-bonheur ?

    Tout le monde peut le confirmer, Shirley a énormément de charmes. Auprès des femmes, elle est d'une délicatesse envoûtante, d'une gentillesse étonnante et elle fait preuve de tant d'attention que toutes se sentent en sécurité à ses côtés. Elle est le gentleman parfait, le prince charmant avec un vagin. Mais auprès de la gente masculine, c'est un tyran. Elle est autoritaire, elle fronce les sourcils à la moindre bêtise, mais jamais elle ne lève la main sur ses collègues. Son regard est seulement froid, tout comme sa voix qu'elle tente de garder calme même lorsqu'elle entend des remarques sexistes. Elle est l'iceberg qui a causé la perte du Titanic : glaciale et imposante. Étrangement, ça a son charme.

    Shirley entre dans son bureau, s'assoit lentement et pose son sac étrangement gros près de ses pieds. Tout le monde s'est toujours interrogé sur le contenu. Alors, l'une de ses subalterne se risque à aller lui demander, d'une petite voix, et avec tout son respect. Shirley lui répond avec gentillesse, le regard doux et un fin sourire sur le visage qu'il y a : des lingettes anti-bactériennes, du gel anti-bactérien, une trousse de secours, du désinfectant, son téléphone, du mascara, une poêle et du liquide vaisselle. « Une poêle et du liquide vaisselle ? » lui demande-t-on alors. Elle répond que ce sont ses armes les plus effectives. On ne comprend pas bien, mais on la trouve amusante. Un collègue, un des rares qui montre ouvertement qu'il admire Shirley, rit et dit qu'il l'a vue aveugler un voleur avec du liquide vaisselle, et l'assommer avec la poêle parce qu'il montrait de la résistance. On rit à l'histoire. Dorénavant, l'atmosphère est légère. Et on se rend compte que le rire cristallin de l'inspectrice est étonnant. Un peu aigu, fort. Mais surtout, très spécial. Il ne colle pas à son image. Tellement que les rires s'amplifient.


« Je prévois de faire de la poêle et du liquide vaisselle les armes officielles du commissariat de police du sixième arrondissement. »


    Déclare-t-elle presque en plaisantant, avec un charmant accent britannique.

    Un détail sur le physique de Shirley est à préciser. Il est important, en soi. Shirley le dissimule en couvrant sa poitrine, car elle tient à le cacher. Elle aimerait se convaincre que c'est parce qu'elle est flic qu'elle ne met pas de décolleté, mais elle a une cicatrice fort marquée et récente. Au niveau du cœur. En effet, elle a été greffée du cœur. Et cette transplantation cardiaque la hante la nuit. Elle cauchemarde, dort peu et passe plus de temps à travailler qu'à prendre soin de sa santé, pour occuper son esprit. C'est pourquoi elle prend des somnifères, tard le soir ou travaille jusqu'au petit matin. Elle en ressort avec des cernes, mais le maquillage lui permet de cacher son épuisement et surtout, ses faiblesses.
    Ce cœur est une malédiction.
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caractère

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« Une femme n'est faible qu'à partir du moment où elle se laisse écraser par un homme. »

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    Shirley est une femme passionnée, atypique en un sens. Bien que des années soient passées depuis le temps où les femmes devaient se soumettre à un homme et obtenir sa protection par le biais du mariage, l'image des femmes frêles et délicates perdure encore. Inconsciemment, beaucoup de celles-ci reproduisent cette peinture des temps passés, celle qui révèle une demoiselle idéale se présentant de cette façon : aussi belle, délicate et éphémère qu'une fleur, aussi faible et légère qu'un flocon de neige, aussi ignorante qu'un enfant et aussi riche qu'un noble. Cette peinture dévoile des contradictions flagrantes et pourtant, c'est le fantasme des hommes. Shirley n'est pas si différente du tableau représentatif dudit fantasme, en réalité. Cependant, elle est loin d'être incompétente, faible et elle a bien plus d'ambitions que le mariage. Autant dire que l'amour ne fait pas partie de ses priorités.


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    Shirley tente d'écrire un rapport, assise à son bureau, un coude sur la table et le visage dans la paume de sa main. Elle ne sait toujours pas comment expliquer qu'elle a dû utiliser son liquide vaisselle et sa poêle à frire contre un voleur de sacs à main. Elle soupire. Elle risque de se faire sermonner par son supérieur, s'il apprend qu'elle a encore utilisé ces ustensiles de cuisine. Son supérieur... Son agaçant supérieur. Qu'est-ce qu'elle aimerait le jeter dans la Seine. Ce tyran.

    Elle soupire, frustrée et tourne sur sa chaise roulante, relevant son visage en direction du plafond blanc et morne du commissariat. Elle pourrait omettre de parler de la poêle et du liquide vaisselle, mais son sens du devoir, son honnêteté et ses principes lui empêchent de le faire. Ce sont les inconvénients de la fidélité.

    Une subalterne arrive alors, concernée par l'état de son lieutenant et, les joues cramoisies par la timidité, elle lui tend un questionnaire avec toute la bonne volonté du monde. Shirley est surprise pendant un instant, mais elle s'adoucit très rapidement. D'une voix un peu basse, et chaleureuse, elle lui demande pourquoi elle lui donne ce questionnaire. La subalterne lui répond que c'est pour lui permettre de penser à autre chose. Touchée, elle le prend alors et accepte de le remplir. Elle constate que le questionnaire en question a été écrit à la main, et ce, par un bon nombre des membres de son équipe. Surprenant. Quel bande d'idiots. Elle rit doucement et commence à lire le questionnaire :

« Vous êtes plutôt chien, loup ou chat ? Pourquoi ? »

    Question banale, mais difficile en soi. Shirley est une personne très fidèle, très droite et elle remplit toujours ses devoirs, quoiqu'il arrive. Très déterminée, elle ne se laisse jamais abattre par une erreur, elle n'abandonne pas, elle se relève toujours meilleure et plus résolue encore. C'est une femme de principes, ses valeurs sont très importantes à ses yeux, ils représentent son honneur. Et en même temps, Shirley est très généreuse, surtout en ce qui concerne l'amour. Elle donne toujours beaucoup d'affection à ceux qui mérite le sien. Par exemple, à cette adorable subalterne, sa protégée. Oui, sa protégée. Car Shirley a toujours besoin de protéger quelqu'un pour se sentir plus forte, pour avoir l'impression de pouvoir dépasser ses limites. Autrement, elle se sent vide. Bien sûr, elle protège la population, mais indirectement. Tandis que cette jeune fille, elle en prend soin comme d'un joyaux. Tout comme elle prend soin de tous les membres de son équipe – même si elle ne le montre pas toujours, surtout aux hommes – car, c'est naturel pour elle.

    Et en même temps, Shirley est une personne assez solitaire. Elle a un esprit de leader et elle aime mener sa propre meute. Elle fait preuve d'autorité, elle impose le respect par sa simple présence et sa force de caractère. En général, on sait qui est le maître dans l'équipe. Même si certains rebelles se risquent à éviter ses ordres ou contredire ses plans. Alors qu'elle est bonne stratège. Ces derniers se voient toujours sanctionnés. Car elle ne tolère pas qu'on lui désobéisse. Elle accepte beaucoup de choses, mais pas la trahison. Elle renvoie chez lui quiconque n'est pas capable d'effectuer son travail, c'est-à-dire : suivre ses indications. Toute personne incapable de cela est inutile. Elle n'en veut pas.

    Elle est très exigeante, en effet. Et un peu capricieuse. En tant que tyran, elle envoie toujours quelqu'un lui acheter des sachets de thé ou des lingettes anti-bactériennes. Car elle ne peut pas vivre une journée normale sans thé et sans lingette anti-bactérienne. Premièrement car les coutumes anglaises sont à moitié ancrées en elle et deuxièmement parce qu'elle est très maniaque de l'hygiène. Elle a donc besoin d'un petit esclave dans son équipe qui pourrait assouvir ses demandes égoïstes. En plus d'être exigeante, elle est obstinée et elle déteste voir sa liberté entravée. Elle n'est pas très docile, elle a beaucoup d'amour-propre, elle trouve toujours le moyen de contourner les ordres des supérieurs et c'est sûrement pour cette raison que son supérieur ne la porte pas dans son cœur. Mais elle s'en moque assez, elle vit sa vie librement. En travaillant pour l'État, certes, mais elle apprécie son travail donc elle ne le voit pas comme une obligation.

« Pourquoi avoir choisi d'entrer dans la police ? »

    Question facile. Shirley ne le dira jamais, mais c'est pour trouver des preuves contre une organisation malfaisante. Mais au fil du temps, elle s'est aperçue qu'elle aime les gens et qu'elle veut les protéger du crime et de l'injustice. Elle n'en a pas l'air, mais si elle est aussi bonne flic, c'est parce qu'elle est capable d'aimer autrui. Elle est volontaire et serviable. Altruiste, malgré les apparences, et attentionnée. Il est sûr qu'elle a du mal avec les hommes, mais c'est principalement avec les policiers. Puisqu'ils aiment la dénigrer en cachette à cause de son sexe.

« Jouez-vous d'un instrument de musique ? Avez-vous des loisirs ? »

     Un instrument de musique... Oh oui, le violon et la harpe. Comme elle était fan de Sherlock Holmes, elle a en premier perfectionné ses capacités de violoniste. Aujourd'hui, elle ne joue que le soir, très tard, pour se détendre après le travail. Elle joue souvent du Kreisler, et surtout Liebesfreud. Quant à la harpe, elle a commencé à jouer pour faire plaisir à sa mère. Mère qui porte une grande place dans son cœur, comme elle était son modèle féminin : forte, protectrice et aimante à souhait. Elle n'en joue plus beaucoup, malheureusement. Elle a laissé sa harpe à Manchester.

     Et en effet, elle a des hobbys. Elle aime beaucoup lire, se cultiver, rêver de voyages et d'aventures. D'ailleurs, elle écrit des pièces de théâtre à ses heures perdues. Car oui, elle adore le théâtre. À chaque jour de congé, elle achète un billet pour aller à la Comédie Française, seule ou avec de la compagnie. Et si vraiment elle a le temps et l'argent, elle passe des heures à la patinoire. Elle a fait du patinage artistique, et elle n'était pas mauvaise.

« Comptez-vous monter en grade ? »

    Évidemment, songe-t-elle. Elle compte bien aller loin dans sa carrière, elle n'a pas tant souffert pour se contenter du grade d'inspectrice. Elle est ambitieuse, mais surtout obstinée comme on ne peut plus l'être. Parce qu'elle est une femme, aller loin s'annoncera difficile mais elle vise le plus haut statut de la hiérarchie policière. Et elle y arrivera même si elle devra attendre des dizaines d'années. Elle est patiente et optimiste. Chaque chose à son temps.

« Êtes-vous fiancée ? Si non, pourquoi ? »

    Shirley sent ses joues se teinter de rouge. C'est incongru de demander ce genre de choses. Elle se racle la gorge et tourne machinalement sa chaise pour être dos à son équipe qui l'observe avec intérêt. Elle a eu un fiancé, dans le passé. Il est mort, malheureusement, mais elle a toujours l'impression qu'il est à ses côtés. Pour le moment, l'amour ne l'intéresse pas. Ce n'est pas une priorité, elle préfère se focaliser sur son travail. Et de toute manière, cela viendra à elle avant même qu'elle s'y attende. De plus, les hommes ne semblent pas s'intéresser à elle, étrangement. Dans sa jeunesse, ils affluaient et désormais, pas un rat. Que s'est-il passé, entre temps ? Certes, elle a beaucoup changé depuis son adolescence. Elle est plus ferme, plus sévère, autoritaire, un peu tyrannique... Mais elle n'en est pas moins généreuse, sincère, consciente de ses charmes, confiante et élégante.

« Êtes-vous du genre bordélique ou ordonnée, à la maison ? »

    Elle hausse un sourcil, assez perplexe. Pourquoi s'intéressent-ils à sa vie privée ? Elle balance mollement sa tête sur le côté, intriguée. Elle n'a rien à cacher, elle ne voit pas d'inconvénient à répondre, mais elle ne voit pas non plus l'intérêt de savoir si elle est bordélique ou ordonnée. Elle est très ordonnée, bien sûr. Elle vit seule, fait le ménage avec brio, range méticuleusement, et est un cordon bleu de surcroît. Elle n'a pas vécu 27 ans pour rien. Elle est très autonome, elle n'a jamais eu besoin de qui que ce soit pour vivre. Car c'est une guerrière. Elle a l'esprit d'une guerrière. Elle reste forte malgré tous les obstacles qu'elle rencontre, elle résiste à l'adversité. Elle est comme ce jonc qui fait face au typhon ; elle ne plie pas. Son obstination est admirable tout en étant ennuyeuse à celui qui la subit. Elle est butée comme son père, obstinée comme sa mère. Et elle est libre. Oui, libre. Elle l'est. Lorsque vous la regardez, vous avez l'impression qu'elle pourrait s'évaporer à chaque instant dans la nature. Elle pourrait partir si elle le voulait. Car elle est impressionnante. Elle a l'air de venir d'un autre monde.

« Que pensez-vous de l'esclavagisme ? »

    Shirley écarquille les yeux, étonnée par cette dernière question, soit dit en passant, délicate. Devrait-elle y répondre ? Non, elle risque de montrer qu'elle est hérétique et c'est ce qu'elle veut éviter. Mais elle s'oppose à l'esclavagisme. C'est pourquoi elle est une Aegis. Elle veut lutter contre l'inégalité, tous les êtres vivants méritent d'être respectés et cela parce qu'ils sont tous nés sur la même planète. La planète étant une mère et tous les êtres vivants les enfants. Shirley croit en cela, c'est pourquoi, malgré le fait qu'elle soit inspectrice, elle donne de faux papiers aux hybrides, elle les abrite parfois temporairement chez elle, elle tente de faire passer des lois en faveur de ces derniers et elle tend la main aux infectés sans craindre d'être contaminée à son tour. Car elle n'est pas effrayée par les changements qui pourraient s'effectuer en elle. Elle n'a pas peur. Elle n'a peur de rien – si ce n'est des clowns. Tout ce qu'elle veut, c'est faire de ce monde un monde dont la conception de monde meilleur est approuvée par la majorité des gens. Elle veut que tous les êtres vivants trouvent une place sur cette planète, et que l'esclavagisme cesse. Que chacun retrouve leurs droits normalement acquis à la naissance.

    Shirley souffle à cette pensée. Ce système d'esclavagisme l'afflige terriblement. Elle y pense très souvent. Secrètement, lors des patrouilles, elle s'éclipse pour rejoindre des Aegis et faire ce que tout bon samaritain fait. Et lorsqu'elle accueille un hybride chez elle – elle l'a fait deux fois seulement –, elle montre toujours son petit côté maman-poule, un peu agaçant. Mais elle est juste très attentive et protectrice. Elle n'en est pas moins douce et chaleureuse. Qui plus est, elle est bonne conseillère. Toujours là pour le réprimander s'il fait un faux pas, et en même temps, toujours à répondre présente s'il a besoin d'aide. Elle prend soin de lui, et de tout le monde, constamment, même si personne ne le remarque. Elle n'a pas besoin de gratitude, elle ne demande pas non plus à ce qu'on la remercie ou qu'on clame ses exploits. Elle souhaite seulement contribuer au bien-être de la population. Le plus beau cadeau qu'on lui fera, c'est d'être heureux, en sécurité et en bonne santé.


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    À peine sortie du commissariat de police, Shirley se dirige à l'épicerie du coin à pied. Il fait froid, c'est bientôt l'hiver après tout. Elle rentre son visage dans son écharpe blanche et épaisse, couvre ses mains en les plaçant dans les poches de sa veste grise, et regarde le ciel. Il fait nuit noir, peu d'étoiles le parsèment de leur lumière. C'est le désavantage d'être en ville. Elle souffle pour vérifier qu'elle peut faire de la buée et s'amuse à reproduire la réaction une deuxième fois, puis une troisième fois, et sourit. Elle aime l'automne, tout comme elle aime l'hiver, le printemps et l'été. Mais l'automne est une période spéciale à ses yeux. C'est en cette saison qu'elle a été demandée en mariage par son défunt fiancé. Pour elle, c'est une douce période.

    Elle entre dans l'épicerie, un fin sourire sur le visage, sans oublier de dire bonsoir et prend un panier, d'un geste lent, gracieux, mais précis. Elle met une boîte de sandwichs, des légumes, des fruits, du multifruit et du lait dans son panier, en prenant soin de bien vérifier que tout ce qu'elle prend est comestible et en bon état. Elle n'oublie pas de prendre des boîtes de gâteaux et du chocolat. Allant donc payer tout le contenu de son panier, elle entend soudain le propriétaire du magasin crier. L'esprit en alerte, elle accoure, prête à faire son travail de flic. Mais elle se voit prise au dépourvu lorsqu'elle aperçoit le propriétaire piétiner le dos d'un cochon hybride, à l'apparence inoffensive, à la carrure très imposante, certes, mais le pauvre ne semble pas vouloir riposter. Bien au contraire, il fait de son mieux pour couvrir son crâne de ses bras. Shirley est bouche-bée, elle ressent de la pitié envers lui, tandis que certains lui jettent un regard mauvais. Certains semblent même avoir de l'aversion envers lui. Le propriétaire se tourne en voyant l'anglo-suédoise, et sachant qu'elle est dans la police, il lui demande de s'occuper de son cas. Elle accepte, lançant un regard dur pour imposer son autorité, et s'approche de l'hybride, le tirant par le haut de ses haillons pour le redresser. Elle constate en regardant par terre qu'il n'a pris qu'un sandwich et une bouteille d'eau à 16 centimes. Le sandwich atteignant demain sa date de péremption. Shirley est stupéfaite, et désolée. L'hybride pleure et s'excuse. Il ne cesse de demander pardon. Le cœur de notre blonde ne peut s'empêcher de se serrer. Il la pince terriblement. Comment pourrait-elle le punir alors qu'il a fait attention à ne rien prendre de valeur ? Il a bien fait attention.

    Une fois à l'extérieur, Shirley lui dit de partir. Le propriétaire ne portera pas plainte contre lui et elle estime qu'il n'a pas commis de crime. Elle lui tend également un sac plastique, dont le contenu ne se résume qu'à une boîte de sandwichs et des gâteaux. L'hybride lui demande si elle est sûre de son choix, elle lui répond que oui, et il déclare qu'il ne peut accepter. Mais elle insiste, un léger sourire, d'une douceur infinie, sur son visage pâle. Elle le voit alors s'écrouler sur le bitume gelé, avec stupeur. Elle l'entend gémir, la remercier mille fois et s'incliner en posant sa tête sur le sol. Elle comprend alors qu'il pleure de nouveau, chaudement, de joie. Son cœur se réchauffe, il est englobé de sentiments positifs. Elle pose un genou à terre, et enlace l'hybride vêtu de haillons. Elle lui souhaite bonne chance, bon courage, avant de déposer un baiser sur son crâne sans cheveux, et de se redresser pour le quitter. Mais il l'arrête et lui demande son nom.

« Shirley McKleyn. »

    Sur ces dernières paroles, elle retourne chez elle, heureuse d'avoir contribué au bonheur de son prochain, le laissant là dans la pénombre, sous un réverbère, les bras enroulés autour du sac en plastique, et heureux d'avoir croisé la route d'une policière atypique.
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histoire

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« Je me dresserai,
Opprimé, brisé, terrassé,
Avec mon épée en bois
Contre les armées d'acier.
Sur mon épée de bois,
Aux enfants désolés, aux mères éplorées,
J'apporterai la liberté.
Sur mon cheval de bois
J'envahirai la Bourgogne
L'Angleterre et la Pologne,
Avec mon épée en bois.
À travers les obscures nations
Qui dans leurs chaînes aboient
Je combattrai le dragon
Avec mon épée en bois.
Porté par les larmes
Les sanglots et les voix,
Je volerai dans les flammes
Avec mon épée en bois. » Le Théâtre Ambulant Chopalovitch – Ljubomir Simović


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    Tu es née un 13 novembre à Manchester de d'un père anglais et d'une mère suédoise, aimants et modestes. Tu ne baignais pas dans l'or, mais le trésor que tu as reçu d'eux est certainement l'amour. C'est d'eux que tu as obtenu ton ouverture d'esprit, ta soif insatiable de savoir, la justice que tu prônes et ta gentillesse sans limite. Tu valorises la vie et la liberté en dépit de ton athéisme. Quoique comme tu le dis souvent lorsqu'on te demande en qu'elle religion tu crois, tu réponds que c'est en la nature que tu crois, et que c'est la terre, ton église. Certains disent que ce sont des idioties, mais tant que tu sais ce que cela ne l'est pas, cela suffit.

     Avant ta naissance, ton père a investi pendant vingt ans dans une maison à Gonneville-sur-mer. Il a d'abord acheté un terrain pour y construire la maison de ses rêves, et par la suite l'offrir à ses descendants, qui l'offriront ensuite au leurs. Avant, jamais il n'aurait pu espérer aller jusqu'à l'aboutissement de ses ambitions, car il était très pauvre dans sa jeunesse, il mendiait presque dans les rues pour ne serait-ce qu'une tranche de jambon. Mais il a réussi à bâtir son logis. Le logis dans lequel il était certain de bien vivre. Alors, à 6 ans, tu as déménagé avec tes géniteurs pour aller vivre en France. L'endroit était magnifique, tu vivais près de la mer, tu pouvais entendre les bruissements des feuilles et le gazouillis des oiseaux. Le soir, tu voyais des renards et parfois même des cerfs et des biches dans ton immense jardin. C'était un endroit féerique.

    À l'époque, tu ne savais pas dire un mot en français. Pas même un simple « bonjour ». Dû à tes difficultés, tu étais souvent raillée par tes camarades de classe, alors tu pleurais souvent. Tu étais une pleurnicheuse. Pour faciliter ton apprentissage de la langue, on t'a inscrit à un club de théâtre. Quelle surprise de voir que tu étais à l'aise sur la scène. Le théâtre t'a fait regagner confiance en toi. Et tu as fini par apprendre les bases du français.

    Tu as toujours admiré ta mère. Elle était téméraire, insouciante, et très forte. Elle avait beau être très susceptible et assez brutale, elle n'en était pas moins une mère aimante et fougueuse. Et très ambitieuse. Une femme de principes et de valeurs. Elle était comédienne dans une troupe de théâtre, à Manchester, puis arrivée en Normandie, elle en a rejoint une nouvelle, qui déambule et va partout dans le monde.

    Quant à ton père, il était plutôt calme et serein. Très doux, très délicat et gracieux. Il ne se mettait jamais en colère, et il avait beaucoup d'humour. Il riait sur tout et n'importe quoi. Il n'était pas un homme de principes, il était influençable. Mais pour que sa femme soit fière de lui, il aidait les pauvres, leur donnait du café et de l'argent... Il était le contraire de sa dulcinée. Il était danseur classique, et lui aussi avait une troupe dans laquelle il faisait souvent des tournées.

    Tes deux parents partaient parfois, ils ne t'emmenaient jamais avec eux, c'est pourquoi tu allais souvent séjourner chez la voisine. Ta vieille voisine, que tu appelais Mamie Peluche car elle adorait coudre des peluches. Elle t'enseignait beaucoup de choses sur la vie, et contrairement à certaines femmes des environs, elle n'était pas machiste. Elle n'était pas non plus féministe, ou du moins ne s'auto-proclamait pas comme telle. Elle était pour l'égalité des sexes devant la loi, mais sinon, elle disait toujours que hommes et femmes étaient égaux dès la naissance. Lorsqu'elle regardait des émissions politiques, elle criait tout le temps aux politiciens « Mais foutez-nous la paix ! Rien à foutre de vos lois et de vos changements de merde ! ». Elle détestait réellement l'État, elle ne comprenait déjà pas pourquoi il en fallait forcément un pour que les humains puissent vivre en communauté. Il y avait bien des populations qui vivaient sans, à l'époque. Tu étais trop jeune pour comprendre ta chère voisine, auparavant, mais en grandissant, tu as fini par saisir ses idées. Et tu te les es ancrée dans ta mémoire. Comme tu étais jeune, tu étais influençable.

    Tu prenais des cours de violon, de harpe et de solfège chez un autre voisin, assez âgé aussi. Il était très gentil, il t'offrait toujours des cookies. Il ne te faisait jamais payer les cours, car c'était un plaisir pour lui de t'accueillir. Tu ne comprenais pas trop pourquoi. Dans tous les cas, tu étais son petit ange adoré. Il te considérait comme la petite-fille qu'il n'a jamais eu. Comme si la sienne avait disparue.

    Tu avais décidément du talent. Tu aurais pu devenir violoniste avec le talent que tu avais, tu gagnais quasiment toujours la première place lors des concours. Tu aurais pu participer au concours d'Europe, aussi, mais certains événements ont fait que tu as mis fin au début de ta carrière.

    Tu avais à peine 14 ans, en ce temps-là. Tu ignorais que ton père avait emprunté de l'argent à des personnes douteuses pour payer les constructions de la maison de ses rêves. Tu ignorais beaucoup de choses, en vérité, sur ta famille et tes parents. Tu ne savais pas que les événements qui suivraient se dérouleraient de cette manière. Personne ne s'en doutait, en réalité.

    On avait incendié la maison. On avait tout brûlé, un jour où tu étais partie en vacances avec tes géniteurs. On avait détruit les chimères de ton père, mis en pièce tous ses efforts et toutes les forces qu'il avait mises à l'aboutissement de ses ambitions. Pour la première fois, tu as vu son esprit exploser en éclat. Il avait pleuré de chagrin. Non pas pour cet objet matériel, mais parce que le récipient qui contenait tous ses projets d'avenir avait disparu. Définitivement. Les McKleyn ont dû retourner à Manchester, sans jamais retrouver le pyromane, sans savoir s'il a été envoyé par les créanciers. Tu t'étais promis de le retrouver et de lui mettre une droite, le jour où tu lui feras face.

    Depuis ce jour, plus rien n'allait. Ta famille s'est fait harceler de coups de fils, de délinquants qui venaient et détruisaient vos carreaux, vous receviez des lettres de menace chaque jour et les malheurs allaient parfois plus loin... Et ton père se sentait coupable, il était persuadé que tout était de sa faute. Il avait emprunté de l'argent sans réfléchir à un groupe malfaisant, et n'avait pas encore pu rembourser ses dettes. Ne supportant plus la pression et la culpabilité, il a mis fin à ses jours.

    C'était au tour de ta mère de rembourser les dettes de ton géniteur, en qui tu en voulais terriblement, mais que tu étais incapable de haïr. Tu étais compréhensive, quant à son acte. Même si tu aurais souhaité qu'il soit assez fort pour affronter l'adversité. Toi, tu ne risquais pas de plier. C'est pourquoi tu as décidé de participer aux concours de violon, dans le seul but d'amasser de l'argent. Ta famille devenait plus pauvre de jour en jour. Tu voyais la santé de ta mère se dégrader au fil du temps, mais battante qu'elle était, elle ne risquait pas de se laisser faire. Tu le savais.

    Puis ta mère s'est fait attaquer un jour où elle faisait les courses avec toi. Une bande de délinquants a jeté tous ses produits durement gagnés afin de les piétiner sur l'asphalte sur lequel on crache, la menaçant de faire du mal à sa fille si elle ne payait pas au plus tôt les dettes de son mari. Elle s'est mise en colère et a craché au visage de celui qui a daigné lui parler sur le mauvais ton et elle s'est prise une droite en retour. Ça a été le déclic. Tu es devenue folle. Tu as décidé de te battre, mais pas seulement mentalement. Physiquement aussi. Ça a fait du grabuge dans les environs, et la police est arrivée. Ta mère était la seule à ne pas s'en être sortie indemne.

    Elle avait une tumeur cérébrale.  Et pas la plus facile à porter. Elle était en phase terminale. Elle avait des pertes de mémoire conséquentes, elle oubliait les choses les plus banales et les plus importantes. Il lui arrivait d'oublier son propre prénom, son âge, le fait qu'elle ait eu un mari et parfois même, que tu étais sa fille. Elle a alors fini par tenir un journal, dans lequel elle écrivait tout se dont elle se rappelait. Elle décrivait comment se passait ses journées, ce qu'elle mangeait, ce dont elle parlait avec autrui... Et tu lui rendais tous les jours visite après les cours, te doutant bien que plus les jours passaient, plus son état s'aggravait, et plus elle s'affaiblissait. Mais tu croyais aux miracles. Tu espérais qu'elle tiendrait longtemps, qu'elle te verrait obtenir ton diplôme et racheter une maison à Gonneville-sur-mer. Tu voulais en racheter une, pour que ta mère puisse voir à nouveau la plage et la mer de sa fenêtre, et même toucher l'eau de ses jambes et de ses mains.

    Pour pouvoir te défendre à l'avenir, tu as mis ta fierté de côté et tu as supplié un maître en art martiaux de t'apprendre tout son savoir. Tu voulais être forte, tu voulais protéger ta mère, tu voulais vous sortir de ce pétrin. Tu voulais qu'enfin, vous puissiez dire que vous viviez une vie paisible. Tu voulais que justice soit faite et qu'on vous fiche la paix.

    Malheureusement, peu après tes 16 ans, ta mère a rendu son dernier souffle sur son lit d'hôpital. Au fond de toi, tu savais qu'elle mourrait tôt. Elle a toujours eu une santé précaire. Elle jouait toujours les dures, avant, mais elle n'a jamais été en de bonnes conditions. Elle aurait pu vivre une vie meilleure, si les créanciers n'avaient pas été là pour vous gâcher la vie. Le jour de sa mort, et devant sa tombe, tu as juré de les arrêter et de prouver tous les méfaits qu'ils ont commis. Car tout était de leur faute. Tout. La famille McKleyn a vu sa déchéance à cause d'eux.

    Tu as commencé à fouiller dans les affaires de ton père pour trouver le nom du groupe de ces créanciers, et fait des recherches sur eux. Tu as délaissé l'école pour perfectionner ta maîtrise des arts martiaux, dans le but de briser la mâchoire de tous les membres de ce groupe. Tu voulais te venger. Ton esprit n'était dirigé que par la vengeance, oui, et ce, jusqu'à l'obtention de ton diplôme.

    Tu n'es pas allée à la remise des diplômes. Tu avais enfin une piste et tu l'as suivie. Tu as même vu juste. Alors tu as traqué celui que tu pensais être l'un des chefs du groupe de créanciers malfaisant. Peut-être pas celui qui a harcelé tes géniteurs, mais il a tout de même choisi le mauvais travail. À la simple vue de cette homme, ton sang s'est mis à bouillir et tu as senti tes mains te démanger. Était-ce la soif ?

    Dans une ruelle sombre, tu as ramassé une canette de Coca Cola à moitié découpée, et tu l'as déchirée pour former une lame. Tu savais que même ce qui pouvait paraître inoffensif pouvait être des armes effectives. Alors lorsqu'il s'est retourné, tu as, de sang-froid, levé ton arme et scindé son visage en deux, traçant alors une coupure traversant son visage dans toute sa diagonale. Quelle jouissance tu as ressenti à cet instant-là. Comme un sentiment d'accomplissement produit par la sensation de désir satisfait. Tu as senti ton souffle s'écourter, et tu as relevé ton arme de nouveau, dans le but d'en finir. Il pouvait faire appel à ta pitié, tu n'en avais plus une once à l'heure actuelle. Surtout pour les hommes de son espèce. Mais tu as été arrêté dans ton élan par un incongru personnage. Un homme, qui à jamais restera ancré dans ton cœur et qui dans le futur, deviendra ton fiancé.

« Si tu comptes faire justice, fais-le de la manière la plus convenable ! Compte sur la loi pour exercer une réelle justice ! »

    À compter de ce jour, tu n'as plus vu les choses de la même manière. Tu as décidé d'entrer dans la police et ce, en France, car tu savais qu'à Manchester, tu ne pourrais pas atteindre ton but. L'homme que tu as agressé a avoué que le siège de son organisation était à Paris, après tout. Alors tu as fait tes bagages et tu es allée vivre avec Mamie Peluche, à Gonneville-sur-mer, pour faire ton BAC+3. Tu avais beau avoir toute la volonté du monde pour devenir policière, tu étais une femme. Les critères pour entrer dans la police étaient sévères. Mais tu n'as jamais abandonné. Tu as décidé d'appliquer la justice de l'État pour stopper les crimes de l'organisation que tu traquais, après tout. Alors tu as fait tous les efforts possibles pour réussir. Et tu es devenue policière à 21 ans et ce, avec d'excellentes notes.

    Tu as débuté en tant que gardienne de la paix. Alors, tu n'avais pas beaucoup de pouvoirs, disons même que tu ne faisais que les petits travaux et que tu travaillais principalement auprès du public. Tu mettais des PV, tu arrêtais les voleurs à l'étalage, tu contrôlais les vitesses sur la route... Tu ne faisais pas grand-chose. Mais tu étais patiente et optimiste, car il arrivera un jour où tu auras assez de pouvoir pour ouvrir une enquête. Alors tu travaillais bien, et beaucoup.

    Tu as recroisé la route de l'homme qui deviendra ton fiancé. Erik Chopalovitch. Il était un patineur artistique professionnel venu de Russie. Tu le trouvais excentrique, au début, un Don Juan à remettre à sa place. Mais tu savais qu'il était d'une gentillesse débordante. Tu es rapidement tombée amoureuse de lui, et heureusement, ton amour s'est vu réciproque. Depuis que tu es tombée amoureuse, tu t'es mise à travailler énormément pour ne pas penser à lui et au final, tu es devenue essentielle au travail. Pendant un temps, tu as oublié ta vengeance et tu t'es concentrée sur l'avenir heureux que tu allais forger avec ton amant.

    Tu vivais une idylle, à ses côtés. Il t'avait empêchée de devenir une criminelle, t'avait donné envie de devenir policière, il était ton premier amour, ton premier baiser, ta première fois, ton premier fiancé... Il était tout. Tu étais heureuse à ses côtés. Tu le protégeais, il te protégeait, tu lui permettais de progresser et il te le permettait également. Une aventure amoureuse naïve et tendre.

    À 24 ans seulement, grâce à lui, tu es devenue inspectrice et tu as été mutée au sixième arrondissement de Paris. Mais à peine y as-tu été affectée qu'Erik a choisi de te montrer un endroit effrayant. Un lieu où se déroulait des combats d'hybrides. Tu l'as suivi sans réellement comprendre ce que c'était. Tu imaginais quelque chose d'amusant, car pour toi, il était inconcevable qu'on fasse du mal aux hybrides. Mais une fois sur place, tu as vu les horreurs qui se tramaient dans les bas-quartiers. Des hybrides maltraités, affamés, et dans de mauvaises conditions physiques et hygiéniques. Les humains s'amusaient à les faire combattre et à les voir se déchiqueter les uns les autres. Un sentiment de révolte est alors né en toi, dès lors, Erik t'a avoué que s'il restait en France, c'était aussi parce qu'il voulait lutter contre l'esclavagisme. Il t'a donc fait rejoindre Aegis. Ensemble, vous hébergiez des hybrides et en preniez soin comme de vos enfants. Vous leur tendiez la main comme vous le pouviez, et vous les faisiez quitter la France par des moyens illégaux, mais dans un but que tu qualifiais de bien.


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« Regarde ce que j'ai là, Shirley, t'a un jour annoncé Erik, le sourire aux lèvres.
Une carte de donateur d'organe ?, as-tu constaté avec stupeur.
Paris est un endroit dangereux et tu exerces un métier qui l'est tout autant. C'est pourquoi j'ai décidé d'être un donneur. Si jamais l'un de tes organes devient défectueux, tu seras rassurée de savoir que quelqu'un serait ravi de te donner une partie de son corps, a-t-il déclaré sur le ton de la plaisanterie.
Cesse de dire des bêtises, Erik, as-tu soupiré.
Contrairement à moi, tu as un but à accomplir, auquel tu t'accroches constamment et qui te permet d'être celle que tu es aujourd'hui. Je veux que la Shirley que je connais perdure, alors tu dois rester en vie.
Il ne m'arrivera rien, Erik, rassure-toi. Je suis forte.
Je sais. Tu es forte. Mais tu n'es pas invincible. Une simple balle dans ton cœur causera ta perte, Shirley.
– Je ne mourrais pas de sitôt. J'ai encore tant de choses à faire.
– C'est pourquoi tu dois d'être rester en vie. Quoiqu'il arrive.
»

    Peu de jours après, lors d'une opération que tu dirigeais dans un aéroport, tu as reçu une balle dans ton flanc. Personne n'a su qui a tiré, et personne n'a su si tu as vu la chose arriver, si tu as énormément souffert, il n'y a eu personne à tes côtés à ce moment-là : il y a eu une émeute monstre mais personne pour venir te secourir. Tu t'es débrouillée seule, comme toujours. Tu as juste eu le temps de te mettre dans un coin pour stopper in extremis l'hémorragie. Tu as essayé d'accomplir ton travail malgré la blessure, tu as été portée par ta volonté d'acier et ton obstination sans pareille. Tu as donc fait évacuer les lieux comme tu le pouvais, pendant qu'un groupe de terroristes tirait à l'aveuglette. Quelques minutes plus tard, tu t'es pris un coup de matraque sur la tête. On t'a littéralement lynchée par la suite. Heureusement, l'un de tes collègues a tiré sur la main du terroriste pour le désarmer et le stopper. Tu allais bientôt rendre l'âme, au vu de ton état.
 
    On t'a emmenée à l'hôpital, d'urgence, et ta subalterne a appelé ton fiancé pour le prévenir de la situation critique. Il a accouru, alors que tu étais au seuil de la mort et il a crié ton nom, a prié Dieu pour que tu survives, a pleuré de détresse pour que tu restes à ses côtés. Vous alliez bientôt vous marier, alors tu devais survivre. Malheureusement, tu es arrivée trop tard à l'hôpital. Tu as rendu ton dernier souffle sur la table d'opération.

    Ton fiancé, Erik Chopalovitch, a alors fait le choix de t'offrir son cœur. On l'a traité de fou, on lui a dit que la transplantation cardiaque était une opération difficile et que personne n'avait les compétences pour jouer à Dieu. Mais il avait déjà fait son choix. S'il avait décidé de prendre cette carte de donneur d'organe, c'était pour toi. Il était résolu à te laisser sa vie, son regard criait qu'il ne pouvait plus vivre dans un monde où tu n'étais plus. On a fini par accéder à sa requête.

    En échange de sa vie, tu as revu le jour et tu t'es réveillée quelques semaines plus tard. Tu ne te doutais pas que tu avais reçu une transplantation, au départ, et encore moins que tu portais le cœur de ton fiancé en toi. Mais tu le sentais tout près. Comme s'il était présent, alors que son corps n'était plus à ta portée. Lorsque tu as appris que tu as reçu une greffe, cela t'a fait un choc. Tu n'as pas tout de suite saisie l'information, il t'a fallu un certain temps, car, cela te semblait inconcevable. Jamais tu n'as envisagé la possibilité que tu puisses ressusciter des mains des humains.

« Mais cela signifie donc que j'ai perdu la vie une fois et que j'ai la chance de survivre une seconde fois ? »

    Et tu as compris, alors, qu'Erik était mort pour toi. En général, le nom du donneur n'est pas donné au receveur, mais il était évident que c'était lui. Tu t'es sentie coupable, terriblement. Tu as pleuré toutes les larmes de ton corps, tu as souhaité le voir, tu as souhaité retourner dans le passé. Tu étais endeuillée, seule. Mais jamais tu n'as ressenti de manque ; car constamment, tu avais Erik près de toi. Tu sentais toujours sa présence et il arrivait même que tu aies l'impression qu'il te consolait dans ton sommeil. Était-ce parce que le taux de compatibilité entre lui et toi était de 100% ? Tu n'avais même pas besoin d'immunosuppresseurs tant la synchronisation entre vous deux était élevée. Il t'a fallu un an pour faire ton deuil, pour redevenir la Shirley forte que tes collègues connaissaient. Mais durant cette période de deuil, jamais tu n'as cessé de travailler, tout simplement car tu ne voulais pas penser à lui.

    Aujourd'hui, tu as 27 ans et tu es toujours lieutenant. Tu as réussi à ouvrir une enquête sur l'organisation que tu traques, mais ce n'est pas toi qui la gères à ton grand dam. Tu continues de te battre contre l'esclavagisme, contre l'injustice, et tu as même la rage de vivre, au nom de l'homme qui t'a offert son cœur pour te donner une seconde chance. Pour lui, tu accompliras tes rêves et les siens. Pour lui, tu parviendras à vivre une vie heureuse. Pour lui, tu iras loin en tant qu'humaine. Et pour lui, tu aboliras l'esclavage.

hors jeu

parce qu'en général t'as une vie à côté

Surnom : Poussin mais sinon, appelez-moi Shirley.
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Ton avatar, c'est : OC • Ilya Kuvshinov.
©linus pour Epicode


Dernière édition par Shirley McKleyn le Ven 21 Oct 2016 - 20:14, édité 25 fois
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