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 Lou Grandjean, la visionnaire

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AEGIS
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MessageSujet: Lou Grandjean, la visionnaire    Sam 7 Jan 2017 - 18:31
Lou Grandjean
La vérité est une lame tranchante que l'on aiguise dans l'ombre...
ÂGE : 19 ans.
SEXE : Femme.
ORIENTATION : Hétéro
STATUT SOCIAL : Moyen
ORIGINE(S) : Françaises, avec un parent anglais
MÉTIER : Fleuriste à temps partiel.
GROUPE : Aegis (hybride rebelle)
RACE :  Kitsune
PHYSIQUE

Cela faisait longtemps que je ne m'étais pas regardée dans un miroir. Mais est-ce que je l'avais déjà fait au moins une seule fois dans ma vie ? Quand j'étais enfant, peut-être, mais je n'ai de toute façon que quelques bribes de souvenirs de cette époque, donc il m'est impossible de me rappeler de mon physique d'enfant. En tout cas, je suis tout de même fière de moi. Ce n'est pas souvent que je peux observer mon image tranquillement et calmement. D'habitude, les rues sont toujours remplies de monde, mais aujourd'hui, j'ai eu beaucoup de chance. Je suis tombée sur une petite ruelle non fréquentée, ou alors pas à cette heure-ci, complètement vide. Je peux ainsi m'observer à ma guise, seule, avec le silence pour unique compagnon, celui de toujours.

Je m'avance un peu vers la vitre, à un mètre environ, histoire que je puisse mieux me détailler. Oui bon, d'accord, ce n'est pas un miroir, je sais, mais ça remplit exactement la même fonction, pour moi. Ce qui me frappe aussitôt, c'est ma taille. Moi qui me croyait petite par rapport aux autres, et bien, je ne le suis pas tant que ça ! Je cherche à trouve ma taille approximative avec les quelques souvenirs de calculs de maths qui me restent, je ne suis pas illettrée, et j'ai reçu tout de même ce qu'il me faut en éducation. Je crois que depuis tout ce temps, la raison pour laquelle je n'avais pas remarquée que j'étais grande, c'était parce que j'avais l'habitude de me tasser sur moi-même pour disparaitre aux yeux des autres, et ainsi vivre tranquillement mon existence, bien que ça ne soit jamais vraiment... facile. Bon. Je peux maintenant die que ma taille est approximativement... hmmm... d'un mètre soixante-dix, je dirais. Oui, ça me parait pas trop mal, et je vais me contenter de ça, car je n'ai pas le matériel nécessaire pour le vérifier, même chez moi. Enfin, si je peux encore qualifier mon minuscule logement non-isolé de "chez moi".

Je trace ensuite le contour de ma silhouette dans l'air avec mon index droit. C'est plus fort que moi, je ne peux m'empêcher de grimacer alors que je termine cette tâche. Je n'en étais pas tout à fait certaine, maintenant je le suis. J'ai malheureusement hérité des formes arrondies et plantureuses de ma mère. Pourquoi ça me dégoûte autant ? Tout simplement pour des raisons pratique. Moi, j'ai toujours eu l'habitude de me dissimuler. Mais avec... ça, j'ai énormément de mal. J'ai beau me fondre parmi les passants, telle une ombre, il arrive presque une fois sur deux que quelqu'un (un homme, comme c'est étrange ! Non, je plaisante, il y a des femmes aussi) me remarque et se mette à me suivre. J'ai alors deux possibilités. Je trouve une cachette rapidement, et donc je disparais aussitôt de sa vue. Ma si cette personne ne me lâche pas, je cours. Ben quoi ? Je suis très douée, à la course ! J'ai beau, avec ma silhouette svelte, être fragile physiquement, je sais tout de même me défendre, et si besoin, m'enfuir. C'est même la base, pour nous les hybrides libres, de nos jours. D'ailleurs, je suis à la fois rapide et endurante, ce qui n'est pas le cas de tout le monde.

Je me penche maintenant vers l'avant, très légèrement, pour détailler mon visage de plus près. Je ne fais pas comme ces imbéciles qui se collent aux vitres pour mieux se voir, ou plutôt, pour mieux voir leur visage déformé. J'effleure ma joue gauche de mon index, puis le pose sur la droite. Elles ne sont plus rebondies comme quand j'étais enfant. Par contre, à force de vivre dans l'ombre, la blancheur de ma peau a empiré. C'est limite si elle n'est pas translucide, désormais. Cela ne m'étonne pas. Elle est tellement pâle que si je sortais sous le soleil, je me mettrais à fondre sur place. Et puis en plus, ma peau deviendrait rouge, et me brûlerait au lieu de bronzer comme celle de tout le monde, ça... ça fait mal, quand même !

Je mets ensuite le bout de mon doigt sur mon menton, ce qui me donne un air interrogateur. Mon visage, autrefois très rond, est aujourd'hui très fin, gardant tout de même sa forme ovale. Je le mets ensuite sur mes lèvres. Rose pâle, comme le commun des mortels. Ma lèvre inférieure est gercée à deux endroits, à cause du froid, mais ma lèvre supérieure, comme son nom l'indique, on n'a rien à lui dire ! Si on regarde bien, on voit l'extrémité de mes deux puissantes canines de kitsune. Mais bon, il faut vraiment avoir de bons yeux ou alors fixer ma bouche pendant très longtemps.
Je donne ensuite une légère pichenette à mon nez, ce qui me fait sourire. Un vrai sourire. Attendez... j'ai bien dit un sourire ?! Cela ne m'arrive quasiment jamais, c'est même très rare ! Le reste du temps, j'ai plus une expression morne, indifférente, où toute joie est absente.

Je suis alors captivée par mes yeux, surmontés de sourcils fins et noirs. Je n'avais jamais croisé mon propre regard auparavant, et je dois bien dire que ça me fait tout drôle. Mes pupilles sont noires, et paraissent profondes, brumeuses, comme si on restait enfermés à jamais à l'intérieur si on avait le malheur d'y rester trop longtemps. Je savais aussi que mes yeux étaient rouges, mais pas à ce point. Malgré le fait qu'ils soient légèrement ternes, ils étaient vivants, flamboyants, contrastant avec mes pupilles vides. Et leur couleur... C'était un mélange entre du rouge feu et du rouge rubis, avec aussi du rouge écarlate. Quand j'étais plus jeune, dans les rares souvenirs qu'il me reste, ma mère, alors que sa santé déclinait, disait que mes yeux ressemblaient à deux magnifiques baies. Mais que jamais personne ne seraient là pour les cueillir, donc qu'elles faneraient et deviendraient horribles. Entendait-elle par là ma mort prématurée ? Ou ma mort à la fin de mon existence solitaire ? Il peut y avoir beaucoup d'interprétations pour ces paroles, et je m'y intéresse peu, à vrai dire.

Je prends alors l'une de mes mèches de cheveux pour l'observer. Elle m'arrive aux épaules, et est noire, très noire, aux reflets changeants, pouvant passer de violacés à bleutés, selon la lumière qui l'éclairait. Comme je suis penchée dessus, elle n'a pas de reflet. Je qualifierais la couleur de noir jais. Ou alors ébène ? Peut-être entre les deux. Je sais que j'ai une frange de côté qui cache une partie de mon oeil droit, je le vois aussi. Elle ne m'a jamais dérangée. Mais en me regardant, j'ai du mal à réaliser que quand j'étais petite, j'avais les cheveux châtain foncé et une peau rosée. Cela me parait vraiment... Invraisemblable.

Je me redresse et m'approche encore un poil, pour détailler mon corps en dessous de ma tête, même si je sais maintenant à peu près à quoi m'attendre. Mon cou ? Fin. Mes épaules ? Fines. Mon ventre ? Très plat. Ma poitrine ? Elle est énorme ! Beaucoup trop, pour moi. Je dois faire quoi, du bonnet D ? E ? Aucune idée, je passe tellement de temps à la planquer sous mes vêtements de sorte à la réduire en volume que je ne sais même plus. Bon, au début, ça me dérangeait vraiment, qu'elle soit arrangée de la sorte, comprimée, mais maintenant ça m'aide beaucoup. Mes hanches sont également très arrondies, c'est pourquoi, quand je m'habille, je mets en INTERDIT tous les vêtements moulants. Imagiez la catastrophe, sinon. Mes jambes, elles, sont normales, et bien plus musclées que mes bras, comme je cours très souvent. Et sinon, je chausse du trente-neuf.

Mon style vestimentaire ? Je n'en ai pas vraiment. Je mets beaucoup de vêtements noirs, ou alors très sombres, pour m'aider à disparaitre. Je porte aussi une grande cape, pour me masquer aux autres et à la lumière que ma peau (et mes yeux aussi) a souvent beaucoup de mal à supporter. Un gant de cuir cache ma main gauche, à l'endroit où il me reste des traces de brûlures, remontant jusqu'au milieu de mon avant-bras.

Mais je suis aussi une hybride. Ces créatures que les humains ont créées. Ces créatures qu'ils voulaient plus intelligentes. Ces créatures qui ont vu le jour, en étant finalement rabaissées au rang de moins que rien. Oui, j'en fais bien partie. Mais ça ne se voit pas, ou peu. Descendant de deux parents hybrides, avec une mère kitsune normale et un père kistune au pelage noir, contre toute attente, j'ai hérité aussi de ce pelage, d'où ma chevelure. J'ai hérité des yeux rouges, aussi, caractéristiques des kitsunes noirs. Le reste me vient de ma mère. Mes oreilles sont plaquées sur a chevelure de telle sorte à ce qu'elles se confondent avec. Ma queue est cachée, elle aussi, en grande partie grâce à ma cape. Mes griffes ressemblent à des ongles un peu longs, et sinon tout le reste est uniquement humain, sauf quand je me mets en colère, là, je ressemble bien plus à un hybride que maintenant.

J'entends des bruits. Je vais devoir m'éclipser. Mais de toute façon, j'ai terminé, je sais maintenant exactement à quoi je ressemble alors que jusqu'à aujourd'hui je n'en avais qu'une idée floue. Capuche remise sur sa tête, la personne disparut, comme si elle n'avait jamais été là. Puis la rue s'anima peu à peu, en vue de cette nouvelle journée.

CARACTÈRE

Un autre jour, plus brumeux, dans une autre ruelle. C'est à l'intérieur de son minuscule logement que cette personne écrit, dans un carnet.

Aujourd'hui, il y a beaucoup de brume, dehors. Je me demande bien si ça va être une bonne idée de sortir. Peut-être ? Non, il ne vaut mieux pas. Oui, je suis une personne très méfiante, je sais. Mais en même temps, comment savoir ce qui se cache derrière la brume. C'est justement dans ces moments là que les gens appelés "mauvaises graines" font leur apparition pour semer le chaos. Pourtant, je devrais essayer d'aider dehors. Cela porte un coup à mon altruisme de rester planquée à l'intérieur comme une souris effrayée alors que dehors, des hybrides ont peut-être besoin de mon aide. Après tout, ils sont comme moi. Il nous est arrivé la même chose, à quelques différences près. Mais certains n'ont pas eu de chance, et ce sont retrouvés esclaves contre leur gré. D'autres le font en toute conscience de cause. Moi, je préfère la liberté que je possède. Me donner un maître ? Hors de question !

Justement, à ce sujet, il m'arrive de me poser pas mal de question. Que ce soit en pleine course pour m'échapper, ou pendant que je compose des bouquet. Pourquoi nous ? Pourquoi la France s'est-elle transformée ainsi ? Pourquoi. Et encore pourquoi. Et toujours pourquoi.
Je préfère me débrouiller seule. J'ai horreur que l'on m'apporte de l'aide. De nos jours, je sais bien que l'on ne peut se fier à personne. Alors il est inutile pour vous de venir m'observer de trop près, sauf si vous voulez terminer en charpie. Je me méfie en effet de tous les humanis. Mais bizarrement, pas autant des hybrides. Au contraire, eux, je vais les aider alors que je ne veux pas qu'on m'aide. En tant que bonne membre d'Aegis, je leur offre le peu de nourriture que je possède et les autorise parfois à rester sous mon toit, s'ils le souhaitent et qu'ils possèdent une bonne attitude. Sinon, à la porte, comme les autres. Mais par dessus tout, je ne veux pas qu'on s'attache à moi ou que je m'attache à quelqu'un. Je trouve cela horrible qu'on puisse éprouver de l'affection de nos jours. Car toute vie ne dure jamais. Aujourd'hui, je suis peut-être là, mais demain, je serais étalée dans une rue, morte, poignardée dans le dos. Je suis consciente que ça m'arrivera, un jour. Mais j'espère que cette journée est la plus lointaine possible.

J'ai toujours eu une manière très pessimiste de voir les choses. Je ne crois pas en la victoire des hybrides, comme les Ileris, je ne suis pas une véritable battante. J'ai mes convictions, c'est sûr, mais je suis assez intelligente pour comprendre que leurs actions, comme celles des humanis, ne les mèneront nulle part. Ma manière de m'exprimer est plutôt sèche, froide, même avec les hybrides ayant besoin d'aide. Pourquoi ? A vrai dire, je ne sais pas vraiment. Il faut croire que j'ai pris l'habitude de m'exprimer de cette façon, et encore, je parle très rarement, donc bon. Oui, je suis un poil timide, mais juste un poil, hein.
Je suis aussi, je l'avoue, une personne soupe au lait. Je suis d'accord avec quelqu'un, puis quelques minutes après je m'oppose à lui. Je suis assez joyeuse, puis soudain, je me mets en colère. Je m'irrite très facilement, je n'y peux rien. J'ai horreur qu'on joue avec moi ou que l'on tente de me manipuler. Cela ne prend pas. Car je cerne plutôt bien les gens. Enfin, je trouve que je me débrouille plutôt pas mal pour éviter les ennuis, contrairement à beaucoup qui, comme des aimants, ne font que les attirer.

Peut-on compter sur moi ? Bonne question. Cela dépend de ce qu'on me demande, de mon humeur, et du danger. Si je juge cela faisable, alors je serais loyale. Sinon, il faudra vous débrouiller sans moi. Pourtant, il m'arrive très souvent de prendre de nombreux risques pour parvenir à mes fins. Dans ces moments-là, je mens. Un peu. Beaucoup. Énormément. Il m'arrive rarement de dire la vérité pure et dure. Le mensonge vaut bien mieux que la vérité, je l'ai appris à mes dépends.
On dit que les renards sont rusés. Alors imaginez les hybrides kitsune. Une ruse humaine et animale, c'est quand même pas mal non ? Bon, je sais, je ne suis pas la plus grande rusée ou stratège ou encore fille intelligente du monde, mais j'ai tout de même plus d'un tour dans mon sac. J'arrive assez bien à me sortir de situations désespérées. Et j'ajoute que je ne suis plus naïve, aussi, si je ne l'ai pas déjà dit.
Mais je suis quand même quelqu'un de bien, au fond. Sinon, que ferais-je chez les Aegis ? Leur opinion est quasiment semblable à la mienne. Les humanis et les hybrides pourront vivre, dans un futur peut-être pas si lointain, sur un même pied d'égalité. Je suis absolument convaincue que c'est possible. Je suis une grande visionnaire, je sais. Il est toujours d'avoir encore quelque chose en quoi croire.

La personne ferma le carnet, et soupira. Finalement, elle allait sortir, même si ce n'était pas la meilleure des idées. Mais elle savait se défendre, donc normalement, rien ne pourrait lui arriver.
HISTOIRE

La journée était terminée. Elle finit de ranger son matériel et ferma boutique. Elle vérifia tous les verrous, les cadenas, pour s'assurer que son magasin, bien que petit et presque invisible, ne serait pas forcé. Puis, par une porte secrète, elle monta dans son minuscule appartement. Elle enleva son tablier, puis reprit son crayon et son carnet avant de s'installer sur son bureau. Elle écrit.

Je crois que pour la première fois, je vais faire un effort pour me souvenir de mon passé, de mon histoire, pour la rédiger ici, sûrement d'une manière un peu abrégée, avec des événements qui ne seront pas tout à fait clairs, mais au moins, j'aurais écrit quelque chose. Et puis, si j'écris aujourd'hui en faisant un effort, ça va me permettre de me rappeler dans les années qui vont suivre. Et un jour, s'il m'arrive quelque chose, et que je ne peux rentrer, ce carnet restera. La maison sera vidée, fouillée, et avec un peu de chance, s'il m'est possible d'en avoir, quelqu'un de bien tombera dessus et saura qui je suis, enfin, qui j'étais.

Je suis née dans ce pays, en France, dans la capitale, une année seulement après que les premiers hybrides qualifiés "d'accomplis" virent le jour. Ma mère faisait partie de ceux qui ont été emmenés en tant que cobayes pour les expériences d'hybridation. Elle ne m'a jamais raconté ce qui s'était passé pendant ces heures, ces jours, ces mois où elle avait dû, sans protester, subir des mutations génétiques horribles. Je peux quand même imaginer comment c'était. Moi, j'ai eu un peu plus de chance, comme je suis née directement avec tous ces attributs de kitsune, je n'ai eu aucune douleur à supporter, sauf peut-être lorsque mes canines ont pris plus de place dans ma mâchoire.
Elle devait avoir vingt-trois ans, à l'époque. Lorsqu'elle en est ressortie, avec d'autres hybridés, ils étaient beaucoup moins nombreux qu'au départ, et il restait surtout beaucoup d'enfants. Il est en effet bien connu aujourd'hui qu'ils supportent mieux les expériences que les adultes, qui mourraient souvent en cours de route. Cela n'a pas été le cas de ma mère, sinon, je ne serais pas là aujourd'hui. Mais elle y a quand même laissé une bonne partie de son bon sens, de sa tête aussi, si je puis dire. Elle n'était plus la même que quand on l'avait emmenée. Ses yeux étaient mornes, et le fait d'être placée dans une animalerie pour ensuite être achetée par un maître lui paraissait complètement normal.

Mais heureusement, il y a eu mon père. Beau jeune homme de vingt-cinq ans, scientifique aux parents anglais, il est arrivé en France en sachant parler les deux langues. Il avait été envoyé là pour observer les test d'hybridation. Seulement, il ne s'attendaient absolument pas aux horreurs auxquelles il a assisté. Après avoir tenté à deux reprises de libérer les humains-cobayes pas encore hybridés, il a été enfermé, puis est devenu lui-même un cobaye, subissant leurs souffrances, et se situant chaque jour entre la vie et la mort. Il en est ressorti certes affaibli, mais avec la forte conviction de sauver les hybrides de l'esclavage qui allait leur être infligé. Comme je le suis aujourd'hui, il était un hybride rebelle. Il prenait d'ailleurs beaucoup plus de risques que moi, et il n'hésitait pas à avoir recours à la force pour parvenir à ses fins. Je pense qu'il aurait été ravi de faire partie des ileris, s'il était encore de ce monde.

Il rencontra ma mère lorsqu'il se rendit à Paris et libéra les hybrides de la petite animalerie où elle se trouvait. Il eut en quelque sorte pitié d'elle, roulée en boule dans son coin avec des yeux mornes. Mais il faut croire que le peu de lucidité qu'il restait à ma mère fut suffisant pour qu'elle tombe amoureuse de lui la première. Un beau kitsune noir venu la sauver, comme dans un conte de fée. Sauf que ça n'en était bien évidemment pas un.
Je suis donc née de leur union quelque peu instable mais tout de même fructueuse. Fille unique, ayant hérité des caractéristiques physiques de mes parents avec à peu près cinquante pourcent de chaque, ils ne pouvaient pas rêver mieux. Pourtant, six ans après ma naissance, mon père ne revint pas. Ma mère, qui allait mieux jusque là, comprit ce qui s'était passé après l'absence de deux semaines de son mari. Moi, du haut de mes six ans, il m'était impossible de savoir, de comprendre. Je ne pouvais que verser quelques lames et tenir bon. A partir de ce moment là, tout bascula. Ma mère n'a pas réussit, elle, à tenir. Elle sombrait chaque jour un peu plus dans la maladie et la folie, et moi, n'ayant plus personne pour s'occuper un minimum de moi, je maigrissais à vue d'oeil.

J'ai horreur des fleurs de cerisier.

Je n'aurais jamais imaginé rencontrer un petit humanis alors Que je parcourais les quelques magasins de la rue, en tant que mendiante, pour trouver de la nourriture. Je savais cacher mes oreilles, mes griffes, mais pour ma queue, c'était trop difficile, à mon âge. Je l'ai vu au détour d'un croisement, il traversait rapidement la rue avec son père et un hybride était aussi à côté d'eux, un hybride femelle. Une idée m'est alors venue en tête. Est-ce que le père de ce garçon prenait soin des hybrides ? Est-ce qu'il pourrait aider ma mère ? Le temps que je revienne à la réalité, ils étaient déjà partis. Je pensais que la chance m'avait filé sous le nez, mais finalement, pas tant que ça.

Le garçon, lui, m'avait vue. Et il devait sûrement avoir parlé de moi à son père, car, dans les jours qui suivirent, ils revinrent dans la rue, semblant chercher quelque chose. Ou quelqu'un. Ou moi. Je fus celle qui me décida à les aborder la première.

"  _ Excusez-moi, vous vous occupez des hybrides, c'est bien cela ?"

Si seulement j'avais su à l'époque différencier les expressions des adultes humanis, maitres méchants par dessus, ma mère serait peut-être encore en vie, j'aurai peut-être trouvé une autre solution. Car si le petit garçon, lui, était encore un peu gentil, son père ne l'était plus depuis longtemps. Avec un regard faussement gentil et bienveillant, il me demanda de le conduire à ma mère, ce que je fis, naïve que j'étais.

Pour lui, c'était un hybride en plus pour le servir. Il suffisait juste qu'il soigne assez ma mère pour qu'elle puisse se remette à travailler et le tour était joué. Moi, je fus casée avec les autres hybrides enfants qu'il possédait, c'est à dire deux. Le petit garçon était tout le temps ou presque avec nous, et on arrivait à s'amuser un peu. Il m'a dit son nom, autrefois, mais aujourd'hui mon image de lui est floue, bien que ça fasse seulement trois ans que je ne l'ai plus vu, je ne me rappelle ni de son nom, ni de son physique, ni du lieu ou il habite. Il doit être devenu la même saleté que son père, j'en suis certaine ! Rien que quand je suis partie, il lui ressemblait presque. Il est même pire, je dirais.

J'ai horreur des fleurs de cerisiers.

Au seuil de mes douze ans, je m'étais mise à travailler toujours pour ces mêmes personnes, car comme je savais ma mère toujours en vie, j'étais plutôt un hybride neutre, la liberté ne m'intéressait pas trop. Ce fut la dernière année où il est resté véritablement gentil. Je me rappelle maintenant, j'étais la seule jeune hybride à être restée, les autres avaient été revendus à d'autres maîtres. Du coup, lui et moi, on était quasiment inséparables. Ce jour là, j'étais sous le cerisier de son jardin, j'avais fini mes tâches quotidiennes, et par bonheur son père n'était pas rentré. Je m'étais mise à chanter avec le sourire:

Quand vient le renard, n'oublie pas de brûler le cerisier.
Si l'enfant est triste, donne lui une corde pour l'attacher.
Luna te guidera, et Sol te détestera.

Cette minuscule chanson venait de mon père, c'était tout ce qui me restait de lui. Alors, le garçon était venu me voir et m'avait dit:

"  _ Pourquoi le cerisier brûle dans ta chanson ?
   _ Parce que le renard est là." lui avais-je répondu.

Il avait réfléchi, perplexe, puis avait ensuite demandé:

"  _ Et le renard, il aime pas le cerisier ?
   _ Oui. Le renard a horreur du cerisier."

Ce renard, c'était moi. Et je déteste le cerisier plus que tout, parce que le cerisier me rappelle sa silhouette, son odeur, telles qu'elles étaient lorsque je me suis enfuie il y a trois ans.

Cette année là, ma vie prit un nouveau tournant. Mon physique était le même qu'aujourd'hui, peut-être avec une peau un peu moins pâle et avec un corps légèrement moins maigre. C'était le garçon qui tenait désormais la maison. Cela faisait un moment que je ne l'avais plus vu, et ma mère encore plus, au moins un mois déjà. Quand je le croisais, il m'assurait qu'elle était en vie. Seulement, je me suis aperçue trop tard que son regard était devenu semblable à celui de son père.
Je marchais dans un grand couloir, après avoir terminé le ménage, quand soudain, je la vis. Et je le vis. Ma mère, étalée sur le sol. Lui, qui la piétinait, avec un regard assassin. Ma mère, qui essaie d'appeler à l'aide, en vain. Lui, qui la torture avec plaisir. Ma mère, qui cesse subitement de bouger. Lui, qui se contente de hausser les épaules avant de demander à un hybride de la pièce d'emmener le corps. Plaquée contre le mur, je n'arrivais plus à respirer. J'avais l'impression d'étouffer, que j'allais mourir, moi aussi, que mon corps allait éclater dans la douleur était insupportable. Les larmes ruisselaient sur mes joues humides. Je savais que le monde n'était pas tendre, mais c'était trop. Ce fut cet événement qui me poussa à partir.

La nuit suivante fut la nuit de ma fuite. J'avais tout préparé. Conservé un peu d'eau, de nourriture, de quoi e permettre de tenir dehors jusqu'à ce que je trouve quelque chose. J'avais quasiment réussi à partir, lorsqu'une voix m'avait retenue. C'était LUI.

"  _ Où tu vas ? Il ne me semble pas que les sorties de nuit soient autorisées."

Je l'ai ignoré, continuant d'avancer. Mais lui aussi, continua d'avancer et posa sa main sur mon épaule. Ce qu'il ne fallait surtout pas faire. Le coup partit plus vite que l'éclair. En une seconde, sa main s'était retrouvée lacérée d'une profonde griffure. Essayant de masquer la douleur, la main plaquée contre son torse, il avait dit ensuite, le visage soudain devenu comme quand on était petit:

"  _ Mais enfin, qu'est-ce qui te prend ?"

Mais c'était inutile. Je ne me ferais plus avoir par son air innocent qu'il utilisait pour me manipuler comme l'avait fait son paternel. Je lui crachais au visage les mots suivants:

"  _ Inutile de faire autant d'efforts pour m'amadouer, ça ne prend plus ! Tout se termine ce soir, comme tu l'as fait avec elle !"

Il me fixait d'un air triste, et dit à ce moment là, comme s'il regrettait:

"  _ Je suis désolé, si tu me laissais au moins la possibilité de t'expliquer...
  _ Il n'y a rien à expliquer. Je n'ai qu'une seule chose à te dire: Adieu."

Le portail était bas, et grâce à la force liée à mon hybridation, je pus bondir par dessus. Mes années d'enfance venaient de voler en éclat, descendant vers les ténèbres. Des ténèbres desquelles elles ne reviendraient jamais.

C'était donc il y a trois ans. Que s'est-il passé, après ? J'ai erré, pendant plusieurs jours, avant d'être aidée par Aegis. Grâce à eux, je pus trouver un logement, certes petit mais c'était déjà ça. J'eus même le droit à une minuscule boutique, que je réaménageais donc en tant que boutique de fleurs. Je me coupai du monde pendant deux années successives, puis, enfin, je me décidai et rejoignis Aegis, ceux qui m'avaient aidée deux ans plus tôt. Voilà, je peux donc conclure, ceci est mon histoire. Je ne la réécrirais pas une deuxième fois, je ne pourrais pas.

Elle posa son crayon, il était tard. Et elle n'avait pas faim. Donc elle se coucha directement, et ne tarda pas à s'endormir, pour une fois, éclairée très faiblement par la lumière d'un réverbère de la capitale, dans la petite ruelle. Mais qui est-elle ? Elle, c'est Lou. Lou Grandjean.
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Dernière édition par Lou Grandjean le Lun 9 Jan 2017 - 19:02, édité 8 fois
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MessageSujet: Re: Lou Grandjean, la visionnaire    Sam 7 Jan 2017 - 18:56
Bienvenue copine Aegis, bon courage pour ta fiche , basouuuuuuuu :"3

*disparaît derrière sa console*


Même que je parle en#F0C300 tout le temps, héhé.
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MessageSujet: Re: Lou Grandjean, la visionnaire    Sam 7 Jan 2017 - 19:11
Bienvenue à toi ^^


© Merci à Jannah Chang pour l'avatar et à Yayoi pour la signe  ^^

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MessageSujet: Re: Lou Grandjean, la visionnaire    Sam 7 Jan 2017 - 19:56
Merci à vous deux :3
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MessageSujet: Re: Lou Grandjean, la visionnaire    Sam 7 Jan 2017 - 20:02
Bienvenue parmi nous


#009900 Miaw

Merci à tous !:
 
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MessageSujet: Re: Lou Grandjean, la visionnaire    Sam 7 Jan 2017 - 20:06
Merciiiiii




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MessageSujet: Re: Lou Grandjean, la visionnaire    Dim 8 Jan 2017 - 11:48
Encore merci ^w^

J'ai terminé, sinon :3




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MessageSujet: Re: Lou Grandjean, la visionnaire    Dim 8 Jan 2017 - 13:30
Bienvenue à toi !

Je m'occupe de ta fiche dans la journée, je suis surmenée ce week-end mais ne t'en fais pas je ne t'oublies pas.

Si tu veux la source de ton avatar, tu peux me passer l'image de ton avatar en grand format pour que j'essaye de te trouver ça, sinon tu peux toujours te recenser avec Akame dans les listings : si quelqu'un la prends, tu ne pourras plus utiliser son feat pour tes avatars.


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AEGIS
Featuring : Akame ~ Akame Ga Kill
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Absence : Vacance ou autre ?
http://academieeternia.forumactif.org
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MessageSujet: Re: Lou Grandjean, la visionnaire    Dim 8 Jan 2017 - 13:49
Je vais me recenser avec Akame dans les listings, je pense :3 Mais je te l'envoie quand même, au cas où.




P'tite image gif *^*:
 


Si je suis de bonne humeur, je te parle de cette manière.
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HYBRIDE FEMELLE NEUTRE
Featuring : Fareeha Amari (Pharah) • Overwatch
Disponibilités : 7/7
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MessageSujet: Re: Lou Grandjean, la visionnaire    Lun 9 Jan 2017 - 22:11
Du coup j'ai mis plus de temps que prévu, excuses-moi !

Je n'ai rien à dire sur ta fiche, elle est parfaite, touchante et émouvante. Je te valides donc en tant d'Aegis ♥


“ Tu es valide(e) ”



Ça y est, t’es validé(e) ! Félicitations ! Nous sommes heureux de t’accueillir parmi nous, en espérant que tu t'y sentes bien.

Tu peux dès à présent faire une demande de RP, d’adoption, et si tu cherches un toit fait une demande de lieux.
Si tu as besoin d'un nouvel avatar, viens ici .
N'oublies pas de nous dire si tu dois t'absenter de prévenir ici !

N’hésites pas à poster une fiche de liens pour te lier aux autres personnages du forum ou encore à passer sur la ChatBox pour te familiariser avec les autres.

Si tu veux délirer avec les autres, passes sur le flood ou sur troll word !

Par contre, n’oublies surtout pas de remplir ta fiche de personnage et de rajouter le lien de ta fiche dans ton profil.

A la moindre question, n’hésites pas à envoyer un MP à un membre du staff qui sera là pour éclairer ta lanterne.




...
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Lou Grandjean, la visionnaire
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