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 Dans l'au delà, quand je serai libre.

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MessageSujet: Dans l'au delà, quand je serai libre.   Jeu 19 Jan 2017 - 20:38
Igor Châtelain
Je suis le pont entre la vie et la mort, le fil si mince qui sépare l’existence de la tombe.
ÂGE : 28 ans
SEXE :
ORIENTATION : Homosexuel
STATUT SOCIAL : Pauvre
ORIGINE(S) : Français
MÉTIER : croque-mort
GROUPE : Infectés
RACE :  Rat
PHYSIQUE
La lumière transperce les volets de mon appartement miteux. J’ai vraiment du mal à ouvrir les yeux ce matin. Comme chaque matin, en réalité. Mes yeux marrons, presque caramels, observent le plafond, la peinture est répugnante, moisie. La nausée me prend et je décide de me relever observant tout autour de moi. Ça ne sent pas très bon, ça n’a jamais senti bon d’ailleurs. Il y a d’abord l’odeur du terreau, le renfermé, l’humidité et caché entre toutes ces vapeurs, celle de la mort. J’ai longtemps espéré que ça me passerait un jour.

Nu, mes draps recouvrant la partie basse de mon corps je regarde le mur en face de moi, ma main droite glisse lentement sur mes yeux pour les frotter. Elle est rêche, mes mains ont beaucoup trop travaillé le bois, la terre et les corps pour espérer recevoir la douceur d’une plume à leur contact. Je me décale au bord du lit, en réalité c’est un simple matelas sur le sol, d’un élan je me lève. Mon dos craque douloureusement, je reste courbé en avant, attendant que ça passe.

Je marche lentement vers cette salle qui me fait guise de salle de bain, mes pieds raclent le sol et j’ai encore bien du mal à émerger. Mon rituel de chaque matin est de me forcer à me regarder à travers cette glace brisée. Chaque matin, c’est la même chose pour regarder si rien d’anormal est arrivé pendant la nuit. Du haut de mes un mètre quatre-vingts environ je tâte mon corps face à ce qui me sert de miroir. Raclant chaque bosse de muscles travaillés par les efforts physiques je me fixe droit dans les yeux. Mon sourire n’est pas, il y a longtemps aussi qu’il n’est plus. J’ai envie de pleurer quand je vois ce qu’ils ont fait de moi.

J’ose enfin me retourner pour regarder le derrière de mon corps, rien de plus. De plus que cette grande queue de rat qui n’a cessée, pendant longtemps, de se développer suite à l’apparition de la maladie. Cette queue nue, dépourvue d’une quelconque élégance. Elle me dégoûte moi-même, tout comme elle me plait au fil du temps. J’étais humain, je suis toujours humain, mais je suis hybride. La maladie gagne mon corps petit à petit. Je n’ai jamais su si elle était réellement mortelle, mais elle m’a transformé. Ma pilosité a changé, la couleur de mes cheveux, de mes sourcils et de mes yeux ont changé. Je suis un pestiféré. En temps normal je pourrai passer pour un homme ordinaire, mais je n’ai que trop changé pour être ordinaire.

Je décide enfin de lâcher le miroir pour entrer sous la douche. Il n’y a pas d’eau chaude ce matin, cela arrive surement une fois par semaine. Je me suis promis qu’un jour je m’en sortirai, un jour. Par habitude je me lave quand même, ramenant mes cheveux gris en arrière, je penche la tête dans le même sens, laissant l’eau couler sur mon visage aux traits fins, mais déjà que trop marqué par la fatigue et le temps. J’ai toujours eu l’impression d’être vieux avant l’âge. L’eau entre dans ma bouche, je me noie.

La tuyauterie commence à déconner, de toute évidence elle a le goût de la rouille cette flotte. Je me sèche enfile des habits noirs. Le noir rend invisible, du moins la normalité rend invisible. Aucun habit extravagant, les gens sont méprisant, intolérant et jugent sur le physique. Je déteste mon corps tout comme je l’apprécie.  
CARACTÈRE
Je n’ai que trop longtemps était heureux, avide de richesse et de pouvoir, d’amour et de luxure pour qu’aujourd’hui on me montre la véritable identité de l’existence. Suite à mon raide décrassement j’entame de me nourrir. Je suis loin d’être compliqué aujourd’hui, j’ai depuis longtemps perdu le goût des bonnes choses, je sais les reconnaître quand je les vois, mais il n’en est aucun mérite pour ma personne.

La solitude, l’exil et l’exclusion sont trois mots qui résument entièrement ma vie aujourd’hui. Je ne m’en plains pas, n’est-ce pas la vie d’un rat d’être caché de l’humanité. J’ai longtemps fait peur aux gens pour qu’aujourd’hui je les apprécie. Je ne suis pas un misanthrope, au contraire, mais les gens ne veulent pas de moi alors je ne veux pas d’eux. On m’a bien-sûr tendu la main, pour mieux me repousser.

Je sors de chez moi. J’explose là-dedans, la mort n’est que trop présente et les voix qui résonnent m’empêche de réfléchir. Je m’y suis habitué, cela a mis du temps, mais la compagnie des spectres est rassurante pour qui comprend les voix. Dehors, il pleut, je mets rapidement ma capuche. J’aime bien la pluie, on dirait que le monde pleure, que le monde comprend enfin la véritable tristesse, pas celle de la perte de son poisson rouge. On dirait qu’il fait encore nuit, c’est presque déroutant.

Sur le trajet j’allume une cigarette. Ça me permet d’oublier l’odeur de mon appartement, c’est un bon point. Ma vie ne se résume pas qu’à du noir. D’ailleurs sur le trottoir d’en face un couple marche ensemble, l’homme tient le parapluie pour sa femme. C’est gentil ça. Moi aussi je suis gentil, enfin je pense que je le suis, personne ne me l’a jamais dit, mais je n’ai jamais fait de mal à personne. J’ai tendu la main pour qu’on l’ignore pour prendre celle de l’homme qui est debout et non assis.

Le soleil arrête enfin de tomber pour laisser place à des rayons de pluie radieux. Les gens ne vont pas tarder à sortir de chez eux, mais je ne suis plus trop loin du cimetière. Pourquoi travailler à la maison des défunts ? Le repos est de guise. Le silence règne, personne n’ose déranger les morts tout comme personne ‘ose me déranger. Je saigne de penser que nous sommes égaux à des tombes. Au moins eux … on les respecte.

Croyez-vous que la terre que la terre de ce lieu sacré s’écarte à mon passage ? Pensez-vous que je serai un jour comme tous les autres, vivre normalement et être heureux ? Je suis heureux, à ma façon. Mon métier me plait, je suis le vivant qui s’occupe des morts. Je n’aurai que trop dit ce mot. Une personne comme moi, une chose dont personne ne veut dans la proximité dans un lieu sobre. Que demander de mieux. Les gens me voient des fois, sur leur visage je me demande s’ils ont plus peur de me voir, moi, que d’être dans ce cimetière. Vous ne trouvez pas ça drôle ?

Bref la vie n’est pas rose comme les autres le pensent. Enfin le tout étant que je me pose souvent la question de savoir si je suis le sel dans ce cas-là. Je n’ai encore jamais rencontré quelqu’un d’autre … Un infecté. De toute évidence je ne vais jamais vers les autres.
HISTOIRE
Lorsque la solitude devient votre meilleur amie, sa sœur la réflexion vient s’installer aussi. Chaque jour est une vie, mon ancienne vie, une boucle infinie qui rappelle le passé.

Fut un temps où j’étais un être humain, classifié homme. Je suis né en France, j’ai grandi en France dans une ambiance de douceur et de générosité. Ma famille était bien placée, très bon niveau social et rien de manquer dans mon environnement, j’étais un roi. Un enfant pourri gâté. Mes parents avaient des esclaves hybrides, je les … frappais des fois. J’ai honte. C’est même plus, c’est de haine, envers moi-même et ceux qui m’ont appris à les frapper. Ceux qui m’ont montré l’exemple.

J’ai grandi dans la tranquillité absolue. Bon niveau scolaire, bien entouré et je ne manquais encore de rien j’ai longtemps profité de mon statut, enfin celui de mes parents pour approcher toutes les personnes que je souhaitais approcher. J’étais imbu du pouvoir qui n’était pas vraiment le mien.

Dans mon adolescence j’ai accumulé les conquêtes, les unes après les autres. Aujourd’hui j’en ai presque envie de vomir quand j’y repense. Tout ce qui était susceptible de me plaire passait dans mon lit, peu importe d’où ils venaient, ce qu’ils étaient, à mes yeux j’avais le pouvoir … Puis un jour c’est arrivé. Une de mes conquêtes d’un soir était infecté. Je ne pense pas qu’il le savait lui-même, et nous avons eu une relation, voire plusieurs avec lui. Un matin en me réveillant, j’avais cette excroissance osseuse au bas de mon dos. J’en ai parlé, à mes parents et on est allé voir un médecin.

Le verdict.

Tout le monde a commencé à se méfier de moi, j’étais devenu la cible à abattre. Même mes parents m’ont tourné le dos, plus que ça, ils m’ont craché dessus. J’ai fui ou, ils m’ont jeté dehors, je ne m’en souviens plus vraiment. Je pense qu’ils en ont souffert, surtout ma mère mais leur propre santé était plus importante que celle de leur fils. J’ai toujours eu du mal à leur pardonner.

La suite, tout le monde la connait.

Sur le chemin du retour à la maison, il y a souvent cette femme encapuchonnée, elle a un masque et elle cache le reste de son visage. Elle est souvent bien au fond de son recoin, tamisé dans la pénombre pour que personne ne la reconnaisse. Je la vois au moins une fois par semaine pour ma part, les premières fois que je l’ai vu elle pleurait mais ne disait pas un mot. Aujourd’hui, à force de constater que je suis toujours vivant elle a séché ses larmes, mais elle se dévore à l’intérieur pour ne pas dire un mot. Elle a une poche en plastique qu’elle me donne. Souvent je hoche la tête pour la remercier, je n’ose plus lui parler. Ni même l’appeler maman.

J’ai toujours cette pensée pour notre monde d’aujourd’hui. A vrai dire, si les gens n’en n’ont que faire de moi pourquoi devrais-je m’inquiéter d’eux ? Hélas, c’est un fait de société consternant. Je ne suis pas … plus pour ce concept de maître possédant un hybride. Etant devenu moi-même mi animal je ne tolèrerai en aucun cas qu’on me tienne en laisse. Les grands dirigeants de ce monde ne sont que trop inaccessible. Les humanis, sont comment dire. Intouchable que trop bien cachés, je hais leur richesse … leur lâcheté. Si je devais avoir un rattachement quelconque j’envisagerai ces personnes qui tente d’encourager cet équilibre entre humain et hybride, ce n’est qu’une supposition bien-sûr. En réalité, je pense que le monde dans lequel on vit est désapproprié, la race humaine ne pense pas au vécu de ces pauvres hybrides … Iléris, ce groupe que … j’admire quelque part. Ce sont des battants, ils n’ont pas l’air d’avoir … peur. Suis-je un lâche ? Peut-être …

Quand le crépuscule tombe, j’ai tendance à traîner dans les lieux que j’ai fréquenté au début de mon exil. Les bars dans les ruelles sombre, les égouts parfois. Les gens ont tendance à oublier le monde de la nuit. Ils ne connaissent pas la peur, la solitude et l’ennuie. Pour ma part je ne cherche rien. J’avais tout et aujourd’hui je n’ai que moi et ma queue de rat. Je survis simplement, je n’attends peut-être pas un vaccin, je n’attends rien en fait.

Ne me pleurez pas, nous connaissons tous la même fin.
SURNOM : Zoro
ÂGE : 20 ans
COMMENT AS-TU TROUVÉ LE FORUM ? : Top site
PRÉSENCE : Le plus qu eje pourrai
TON AVATAR, C'EST : Bokuto Koutarou • Haikyuu !!


Dernière édition par Igor Châtelain le Jeu 26 Jan 2017 - 19:35, édité 6 fois
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