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 Estelle L'Havédy, pour se faire servir

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HUMANIS MEMBRE
Featuring : Machina de Dragonaut
Disponibilités : 4/7
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MessageSujet: Estelle L'Havédy, pour se faire servir    Lun 29 Mai 2017 - 20:13
IDENTITÉ.
NOM ; L'Havédy
PRÉNOM ; Estelle
ÂGE ; 35 ans
SEXE ; Femme
RACE ; indéfinie
ORIENTATION SEX. ; Bi
SITUATION ; célibataire aisée
GROUPE ; Humanis
MÉTIER ; Expert comptable, gérante pour moitié d'une société d'import/export
ORIGINE(S) / NATIONALITÉ(S) ; Russe
PHYSIQUE.
Estelle est grande, fort grande même avec son mètre quatre-vingt-quatre, et ce même si elle ne l’a pas toujours été. Un petit bébé potelé peut devenir une belle femme élancée, fine et gracile. Et ce même si celle-ci serait capable d’abreuver une bonne demi-douzaine de bambins.
Estelle prend soin de ses cheveux mais ne coupe jamais plus que les pointes fourchues et disgracieuse. Cette longue crinière est, à son sens, un affront permanent aux hommes qui ont voulu la traiter en esclave. Leur teinte bleu-gris est quant à elle assez récente et sert à masquer l’horrible gris cendre qui la pare déjà à son âge, fruit du maléfice qui la frappe. Car, en effet, la gracieuse apparence qu’il vous est loisible d’observer sur la photo d’illustration sis ci à-côté, n’est pas son apparence constante. Nous pourrions, pour l’heure, estimer qu’Estelle est la jeune femme que vous voyez pour nonante pourcents de son temps. Hélas pour la belle, elle a été odieusement infectée par une vermine, morte depuis lors, éliminée par Estelle en personne. Quand la maladie qui la ronge se réactive, elle se transforme en une créature mi-femme mi-animal, une hybride sommaire en somme. Toutefois, étant complètement instable, les attributs sont rarement les mêmes d’une crise à l’autre, tant en nombre qu’en formes et couleurs. Du coup, il est assez difficile de vous décrire une Estelle en crise, qui est de toute façon bien moins sexy qu’une Estelle classiquement humaine.
ET VOUS.
PSEUDO ; Landha
ÂGE ; 29 bougies déjà soufflées et bientôt une trentième
GARS OU FILLE ? ; Homme
COMMENT AS-TU TROUVE M&N ?  ; DC
PRÉSENCE ; 6,5/7
TON AVATAR C'EST ; Machina de Dragonaut the Resonance
AUTRE CHOSE ; J'vous adore
PRENOM P. NOM
CARACTERE
Humaine Humanis
A l’origine, Estelle était une fille exubérante et pleine de joie. Elle aimait tout ou en tout cas, ne détestait presque rien à part la vodka au déjeuner. Dans sa mère patrie, la Russie, les raisons pour faire la fête n’étaient pas légions et donc, dès qu’elle le pouvait, elle la faisait. Même quand elle fut partie pour Moscou et exploitée comme escort-girl par un maquereau es caviar de luxe, elle ne se défit pas de sa joie de vivre. Quand elle fut mariée et vendue à un négociant français, elle prit ça comme une opportunité de visiter l’Europe.
Plus tard, après un divorce réussi et une société florissante en main, elle décida de combattre les opprimés… Et en particulier ces pauvres hybrides. Elle ne fut pas avare en dons au groupuscule Aegis, bien qu’elle n’eut jamais le temps de mettre la main à la pâte.
Puis, une triste nuit, elle fut infectée par une immonde créature, morte depuis lors, tuée par Estelle de ses propres mains. Ce douloureux passage de sa vie la rendit froide, distante, calculatrice et revancharde. Les hybrides qu’elle aspirait tant à défendre lui inspirait un dégoût profond. Cette vermine devait à jamais être éliminée car, après tout, ce n’était que des aberrations produites en éprouvette.

Exubérante infectée
Quand le poison de l’infection la transforme physiquement, elle mute également au niveau de son comportement. La femme froide et distante se transforme une peluche extravertie, un rien nymphomane sur les bords. L’intelligence plafonne à celle d’une enfant de douze ans qui aimerait plonger tous les passants qu’elle croise dans une profonde béatitude.
Tout l’étonne, tout la charme et la manipuler devient aisé… Jusqu’à épuisement total de la batterie hormonale qui la fait repasser en mode humaine non contagieuse.

Toutefois et quelque soit son état, le mot "Douchka" l'énerve au plus au point... Et elle risque de vous faire voir son poing de vue.
HISTOIRE
Estella Borisvena n’est pas née… De manière conventionnelle. En effet, le vétérinaire du village, le médecin étant absent à ce moment-là, l’a extraite du ventre de sa mère in extremis avant que l’antigel qu’elle avait ingurgité ne la tue et sa fille avec. Personne n’arrivait à comprendre son geste. Elle qui avait même décidé d’arrêter de boire pendant sa grossesse. Une claque plus tard et Estella braillait à tue-tête, comme si elle essayait de chasser la faucheuse du village.
Boris Kasanovitch, son père, pris soin de sa fille chérie, sa fille unique, et se démena pour qu’elle sourie à la vie, même s’ils vivaient tous deux dans la pauvreté.
Estella aimait son papa et même si elle sentait de la tristesse lorsqu’il regardait la photo d’une femme qu’il appelait « maman », jamais elle ne lui posait de questions, préférant lui sourire, l’enlacer et lui lancer un doux « Je t’aime, papa ! ».

Sa prime jeunesse se passa calmement, entre l’école et les tâches ménagères pour aider autant que possible son père. Elle ne manqua pas de remarquer, les années passant, qu’il rentrait de plus en plus tard du travail. Un soir, alors qu’elle approchait de ses douze ans, elle osa enfin lui poser la question.

- Папа, quelque chose ne va pas ? Tu rentres de plus en plus tard !

- Дочь, tu as tellement grandi. Bientôt tu seras une belle jeune femme et tu voudras quitter le village. Et tu auras pleinement raison.

- Mais, Папа !

- Ecoutes-moi jusqu’au bout, Душка !

Elle détestait quand il l’appelait ainsi… Douchka, c’était le nom de la chienne, pas le sien. Mais elle savait pertinemment aussi qu’il valait mieux se taire quand il le faisait, sinon c’était la savate qui donnait le ton.

- Tu es intelligente, ta maîtresse est venue m’en parler. Tu es même une des meilleures, si pas la meilleure élève qu’elle n’ait eu dans sa carrière. Elle aimerait que tu puisses continuer tes études dans une bonne école, en comptabilité ou en sciences. Alors, ton pauvre colporteur de père a décidé de travailler, en plus, à la fonderie pour pouvoir te payer l’université à Москву.

Elle n’ajouta rien, se jetant au cou de son père, pleurant à chaudes larmes. Vraiment, elle l’adorait.
Après ces révélations, elle travailla d’arrache-pied pour avoir de meilleures notes encore et ainsi finir première de son année.
Estella négocia ensuite avec son paternel de poursuivre d’abord ses études dans la petite université pas loin de chez eux avant de partir pour la capitale, finaliser ses études. Elle se destinait à être experte-comptable et fiscaliste et seule l’université lui permettrait d’avoir ce diplôme.

Ainsi et malgré les cinquante kilomètres chaque matin et chaque soir pendant ses six années de secondaire, elle tient bon, garda le moral et continua les tâches ménagères. Bien entendu, l’adolescence faisant, il y eu quelques disputes avec l’autorité parentale… Ce qui lui valut quelques corrections et l’une ou l’autre nuit à dormir chez une amie.
Elle eut son premier petit copain vers seize ans. Il lui prit sa virginité et se fit larguer pour un « Douchka » mal placé.

A ses dix-huit ans, son diplôme en poche, et un père en larme sur le quai de la gare, elle partait pour Moscou. Après de longues heures de train elle arriva, éreintée, dans la capitale russe.
La pauvre campagnarde qu’elle était fut bien vite perdue dans la foule du hall de la gare et, malheureusement, ne remarqua pas le malandrin qui s’éclipsa avec son sac à main. Si celui-ci n’avait contenu que de l’argent, elle en aurait été attristée et dépitée… Mais là, c’était non seulement l’argent nécessaire à son inscription à l’université mais également ses papiers d’identités et son téléphone qui venaient de lui être dérobés.
Sans ressources, dans une ville inconnue, elle erra dans les rues jusqu’à se perdre au bord de la Volga.
Assise sur sa valise, elle regarda le fleuve couler lentement, réfléchissant à ce qu’elle pourrait faire pour gagner suffisamment d’argent pour rentrer chez elle. Vivant au fin fond du pays, elle n’avait même pas eu l’aisance d’esprit d’aller déclarer le vol aux autorités : son village n’avait pas de commissariat et les forces de l’ordre étaient bien mal vue dans sa région.
Le ciel rosissait de la nuit tombante quand deux voix l’interpellèrent.

- Alors jeune fille, on est perdue ? C’est dangereux de traîner seule dans la nuit près de l’eau.

- C’est vrai, beaucoup de jolies filles finissent par y prendre un dernier bain.

Les deux hommes qui s’étaient approchés d’elle ricanèrent à la dernière phrase plus qu’évocatrice de leurs desseins : la trousser, la tuer et se débarrasser du corps en le jetant dans la Volga.
Refusant de jouer le jeu de ses futurs agresseurs, elle se leva et décida de les toiser de toute sa taille. Généralement, son mètre quatre-vingt-quatre faisait de l’effet… Et il en fit sur les hommes. Mais au sifflement qu’elle reçut, elle comprit que sa taille de mannequin laissait entendre qu’au lieu de les impressionner, elle les avait encore un peu plus émoustillés. L’instant d’après, elle se débattait comme une furie alors qu’ils tentaient de la déshabiller et de la jeter au sol. Elle lutta bien, explosant au passage sa valise sur un service loin d’être en porcelaine, malgré le bruit qu’il fit en rencontrant le bagage. Hélas, un seul sur deux s’était retrouvé hors d’état et, profitant de cet instant d’égarement d’Estella, son second agresseur lui asséna un violent crochet du gauche sous la mâchoire, la sonnant et l’envoyant s’étaler sur la berge enherbée.
Profitant que toutes les cloches de Moscou sonnaient dans sa tête, les malfrats lui ôtèrent son pantalon, déchirèrent sa culotte dans leur empressement et s’apprêtèrent à la besogner sans vergogne.
Juste avant que crasse et sueur ne la violent, deux coups de feu claquèrent dans la fraîcheur du crépuscule, maculant les pavés de sang et faisant s’écrouler deux détritus de plus dans le fleuve.

- Rhabille-toi et suis-moi !

L’homme qui venait de parler rangeait à l’instant son arme. Il avait un léger accent qui n’était pas russe, mais Estella était sous le choc et n’y prêta pas immédiatement attention, ramassant plutôt son pantalon pour rapidement l’enfiler. Elle voulut ramasser le reste de ses affaires mais, vu l’état de sa valise et les dégâts de la boue, elle abandonna, préférant rattraper son sauveur qui s’éloignait déjà.
Elle ne se rappelle plus combien de temps ils ont tourné en ville. Son bienfaiteur semblait ne pas savoir où il allait et pourtant, à certains carrefours, il bifurquait comme si le chemin lui était tout tracé. Elle se rappelle juste qu’il faisait déjà fort froid pour une nuit de septembre, même si Moscou était plus chaude que son petit bled. Finalement, alors que vingt-trois heures sonnèrent, l’homme s’arrêta devant une porte jaune d’une maison à l’air un peu décrépie. Il frappa et un bref instant plus tard, la porte s’entrouvrit. Une voix dans une langue étrangère posa ce qui semblait être une question, à laquelle son sauveur répondit, toujours dans une langue qui était inconnue à Estella. La réponse sembla satisfaire l’interlocuteur intérieur puisque la porte s’ouvrit sur un homme aussi large que haut, tout en muscle. On aurait dit une mauvaise caricature du soldat russe élevé aux hormones dans les films américains.
Se tournant vers elle, son bienfaiteur lui adressa pour la seconde fois de la journée la parole.

- Vladimir va te fournir une chambre et un repas chaud. Je reviendrai demain soir pour voir ce que l’on peut faire de toi.

Elle ne sut que dire et se contenta d’un « merci »

- Ne me remercie pas encore. Je ne sais pas encore si tu vas travailler dehors où dans une de mes maisons.

Il n’en dit pas plus et s’enfonça dans l’obscurité de la nuit, la laissant avec Vladimir. Celui-ci, malgré sa stature, l’invitait poliment à entrer. Une bourrasque glacée venue de la Volga la convainc d’entrer se réchauffer. De toute façon, ce serait toujours mieux que de finir sur un banc… ou morte.
Quand elle s’engagea dans le couloir, Vladimir ferma la porte derrière elle. Le passé était derrière et l’avenir devant. Il la conduisit à la cuisine ou il lui servit une assiette de bortsch. Celui-ci, bien que tiède, la réchauffa et les deux verres de vodka qui l’accompagnaient l’aidèrent à se détendre. Une fois repue, il la laissa dans une chambre. Elle se déshabilla mais ne se coucha pas de suite, contemplant la pâle lune à travers la fenêtre. Quand l’astre nocturne l’eut suffisamment bercée et surtout, que la fatigue la rattrapa, elle se coucha et sombra dans un lourd sommeil sans rêve.
Au petit matin, elle se réveilla avec comme un poids sur l’estomac et une légère difficulté à respirer. Quand ses yeux s’ouvrirent, ce fut sur le visage d’une jolie brunette qui l’embrassait langoureusement. Surprise, elle agita les bras et fut libérée dans un rire sonore.

- Et bien, tu en as de l’énergie dès le matin. Je suis jalouse, avec ton arrivée je ne suis plus la plus grande de la bande. Ah, je m’appelle Anieska ! Et toi ?

Encore un peu embrumée par le sommeil et, il faut l’avouer, sous le choc, notre grande blonde bafouilla un peu en répondant à sa princesse charmante venue l’éveiller d’un baiser.

- Est… Estella.

- Et bien, ma grande, si tu ne t’habilles pas vite fait pour venir déjeuner, Vladimir risque de venir te chercher. Et à moins qu’il ne soit ton genre d’homme, je te conseille de ne pas être nue devant lui.

Estella comprit vite la remarque d’Anieska. N’ayant plus d’effets personnels à part ceux qu’elle portait la veille, elle s’était couchée nue. Rouge comme une pivoine sous le regard dévorant de la brunette, elle glissa entre ses jambes pour sortir du lit et s’habiller en quatrième vitesse, le tout ponctué du rire cristallin de sa compagne.

- Allez, viens, je vais en profiter pour te présenter aux autres filles.

Une fois son chemisier boutonné et la fermeture éclair de son pantalon relevée, Estella suivit la jeune femme jusqu’à la salle-à-manger. La pièce était… Petite mais bien décorée. Quatre autres jeunes femmes étaient déjà attablées et mangeaient bruyamment. Notre petite campagnarde les trouva de suite aussi ravissante qu’Anieska. Du coup, elle se sentit un peu comme une oie au milieu de gracieux cygnes. Vladimir était là pour faire le service, remplissant les tasses de cafés et passant les tranches de pain au toaster.

- Anie, je me doutais que tu irais réveiller la nouvelle. En plus, une jolie blonde comme tu les aimes, tu as du en profiter. Allez, venez vous asseoir, Vladimir vient juste de finir de refaire du café.
Ah, je m’appelle Karyn.


- Elle, c’est Estella et même quand elle dort, elle embrasse super bien.

La petite note d’Anieska eut deux effets : faire rougir Estella plus fort qu’une tomate bien mûre et déclencher l’hilarité de l’assemblée. Dans cette bonne ambiance, deux places leur furent faites à table et le repas se passa dans la bonne humeur et une brève présentation de chacune. Le repas terminé, elle voulut laver la vaisselle mais Vladimir la chassa de sa cuisine, demandant à son réveil-matin de l’accompagner faire le tour du propriétaire.
Du coup, la demi-heure qui suivit, Estella visita l’ensemble des pièces, passant de la salle-de-bain par la salle de réception où certains clients venaient et pour finir… Par la chambre d’Anieska, la coquine. Estella avait un peu le tournis par la tournure que prenaient les évènements. Elle qui venait du fin fond de la campagne russe, avait étudié dans une école secondaire perdue au milieu des steppes pour finir sans papier enrôlée… Comme elle ne savait trop quoi encore dans la capitale.
Vers dix-sept heures, les filles se rassemblèrent dans la salle, toute élégamment habillées, quoique dans des styles parfois très différents. Karyn était en longue robe rouge de gala tandis que Mirabelle était en costume trois pièces parfaitement coupée, lunettes noires sur le nez. Anieska l’embrassa en passant en lui criant :

- A demain, куколка !

Puis elle franchit la porte pour s’engouffrer dans une immense berline grise. Quand toutes les filles s’en furent allée, Vladimir l’appela.

- Le patron est là, Estella. Va le rejoindre au salon !

Elle hocha la tête et se dirigea à grandes enjambées vers l’homme à qui elle devait la vie. Un peu nerveuse, elle toqua à la porte avant d’être invitée à entrer. Ce n’est pas parque l’on vient de la campagne que l’on a pas reçu une bonne éducation. Dans la pièce, l’homme l’invita à s’asseoir dans le fauteuil qui faisait face au sien. Quand elle fut installée, il n’alla pas par quatre chemin, déposant sur la table basse sa carte d’identité. Surprise, elle voulut s’en saisir mais une main ferme s’abattit dessus avant.

- Нет ! Mes hommes ont retrouvé tes papiers mais je les garde tant que ta dette n’est pas remboursée.

- Ma dette ?

- Je t’ai sauvé d’un double viol et très certainement de la mort. Tu vas travailler pour moi et quand j’estime que tu auras gagné assez, tu récupéreras tes papiers et ta vie. D’accord ?

La question était plus posée pour la forme que pour autre chose : le choix, elle ne l’avait pas.

- D’accord. Que dois-je faire pour rembourser… ma dette ? Travailler pour vous, d’accord, mais dans quel domaine. Je venais à Moscou pour continuer mes études en comptabilité. Je ne sais pas faire grande chose d’autre à part tenir une maison.

- Anieska m’a confié que tu embrassais bien et que tu étais une jolie fille. Ça, je le savais déjà, la question est surtout de savoir : es-tu capable de jouer les jolies filles ?

La question la surprit. Jouer les jolies filles, qu’entendait-il par là ?

- Je vois que tu ne comprends pas encore. Et bien, écoute. Tu as le choix de travailler comme Anieska et les autres filles de Vladimir ou aller faire le trottoir et te faire passer dessus par tous les clodos de Russie. Bien sûr, tu auras quelques cours avant d’être mise sur le marché. Mais je suis certain que tu feras une excellente escort-girl. Si tu avais en tête de faire la comptabilité, c’est que tu n’es pas idiote. Alors, tu tentes le coup ou tu préfères directement faire le tapin ?

Estella ne réfléchit pas très longtemps… Pas du tout même. Quitte à faire la putain, autant jouer les putains de luxe que l’on exhibe comme une voiture de sport plutôt que d’être grimée en sapin de noël pour tous les ploucs de la capitale.

- C’est d’accord patron. Formez-moi et je vous promets que ma dette sera vite épongée.

Il rit, longtemps, avant de se lever pour prendre deux verres et une bouteille de vodka dans le bar avant de les poser sur la table et les remplir.

- Bien, buvons à cet arrangement, ma jolie. Mais fais attention à ne pas me trahir, sinon tu feras le tapin… Mais au niveau des docks.

Ils burent leur verre pour sceller leur accord puis il la congédia. Sa formation ne commencerait que demain, qu’elle aille se reposer.
Quand elle entra dans sa chambre pour se coucher, elle remarqua un paquet avec un petit mot. C’était d’Anieska.

- Pour que je ne sois pas de nouveau tentée par ton mignon petit corps ?

Elle rougit une fois encore. Décidément, cette fille n’y allait pas par quatre chemin. Elle déballa son cadeau : une chemise de nuit bleu nuit dans une matière qu’elle ne connaissait pas. Estella ne put retenir une larme. Tant de gentillesse de la part d’une inconnue. Elle enfila son cadeau et se coucha, cette nuit, le sourire aux lèvres.
Les quinze jours qui suivirent furent réservés à son apprentissage. Anieska lui donna les cours de charmes (qui l’eut cru), Karyn lui apprit l’auto-défense (elle regretta de ne pas avoir rencontré sa professeure avant) et les autres filles quelques ficelles du métier. Un couturier passa prendre ses mesures afin de lui concocter une garde-robe de base, dans les goûts les plus classiques de la clientèle habituelle.
Puis, quand elle fut prête, ou en tout cas qu’on lui imposa de l’être, on la jeta dans la fosse aux lions.
Son premier soir fut calme et platonique : elle accompagnait un vieil homme riche à un gala de bienfaisance dont il était le généreux donateur. Habitué à avoir une jolie fille à son bras depuis ses vingt ans, il ne voulait pas pâlir à sa réputation.
Quand il la redéposa tôt au matin devant la maison, il lui glissa quelques centaines de roubles dans le giron d’un air malicieux.

- A une prochaine fois, Estellouchka !

Elle rosit malgré tout. Non pas de la manière dont son pourboire lui avait été donné, mais du clin d’oeil malicieux du vieil homme. Avoir passé septante-cinq ans ne voulaient pas dire avoir perdu de son sex-appeal. Quand la voiture eut tourné le coin de la rue, elle rentra… Et se fit harponner par les filles rentrées avant elle.

- Alors, c’était comment ?

- Il ne t’a rien fait de dégoûtant ton vieux ?

- Tu as eu un beau pourboire ?

Estella fondit en larmes… Elles étaient vraiment adorables. Voyant que ses camarades s’inquiétaient, elle s’essuya bien vite le visage, évitant ainsi une déferlante de mascara.

- Ça s’est superbement bien passé. J’ai même reçu un pourboire assez beau pour vous offrir un café liégeois à toutes les cinq. Et,.. Je vous adore les filles.

Elles rirent toutes les quatre de bon coeur, réveillant Vladimir au passage. Voyant qu’Estella était rentrée, il leva le pouce et lui sourit… Avant d’aller se recoucher.
Les filles, quant à elles, firent la fête jusqu’à être toutes les six réunies. Elles burent plus de vodka qu’un camion ne consomme de diesel pour faire Moscou-Berlin avant de s’endormir dans le salon.
Quand Vladimir les réveilla, elles avaient une gueule de bois tellement violente qu’un bûcheron aurait eu du mal à ébrancher leurs cheveux en bataille. Six douches plus tard, elles étaient fraîches et prête pour une autre nuit de travail.

Les quatre années qui suivirent confirmèrent qu’elle était faite pour se travail. Elle envoyait même une partie des pourboires à son père même si celui-ci refusait désormais de voir sa fille dès lors « qu’elle jouait les putains de luxe à Moscou ». Le pauvre n’avait pas supporté de ne pas la voir finir ses études. Toutefois, l’argent qu’elle virait sur son compte ne lui revenait jamais. Du coup, elle supposait qu’il était toujours en vie.
Pendant ces quatre années, elle s’était également rapprochée de deux personnes : un de ses clients réguliers, un Français qui tenait une société d’import-export de produits de luxe et… Anieska.
Si, il y a quelques années de cela, on lui avait dit qu’elle pourrait ressentir plus que de l’amitié pour une femme, elle ne l’aurait pas cru. Mais là, avec Anieska, c’était totalement différent. La brunette était son exacte opposée mais le mélange des deux fonctionnaient à merveille.
Quant à son client, et bien, le goût de l’exotisme et le charme à la française peut-être. C’était également le premier avec qui elle avait couché sans demander d’argent. C’est qu’il était beau le sieur L’Havédy.
Tout se passait donc fort bien, même si son employeur restait vague sur l’état d’apurement de sa dette.
A ses vingt-cinq ans, son désormais principal client, Jean L’Havédy, lui fit une proposition assez… Conséquente alors qu’ils venaient de provoquer un séisme de magnitude 8 en plein centre de Moscou.

- Estella, ma belle, j’aimerais te demander de m’épouser. Tu pourrais venir avec moi en France.

Elle ne savait quoi dire… Si elle lui disait oui, elle ne verrait plus Anieska. Et en même temps, visiter l’Europe, voir Paris de ses propres yeux, ce seraient si tentant. Et en étant mariée à un Français, à elle la nationalité et le droit de séjour. Du coup, elle comprenait mieux pourquoi il insistait ces derniers temps pour qu’elle apprenne le français.

- Jeannot, c’est vraiment… Vraiment mignon de ta part de me demander ça. Mais tu sais que je ne peux accepter, pas maintenant ni comme ça. Ma dette n’est pas encore payée et…

Son téléphone sonna. Elle avait oublié de le mettre sur vibreur. Une erreur qu’elle ne faisait jamais. Et en même temps, il n’y avait que les filles qui avaient son numéro.

- Décroche, ça doit être important. Mais avant, réponds simplement à cette question : m’aimes-tu ?

Elle le regarda, regarda en direction de son sac où son téléphone chantait à tue-tête et finalement plongea ses yeux dans les yeux bleus de son amant.

- Je ne devrais pas te répondre avec mes sentiments, c’est contraire à la déontologie mais… Oui je t’aime. Mais pour le moment, mon coeur balance entre une autre personne et toi.

Elle l’embrassa, il se laissa faire, et elle se leva pour prendre son téléphone dans son sac.

- Da !

- Estella, c’est terrible ! C’est Anieska, elle… elle est…

- Calme toi, Magda. Que se passe-t-il avec Anieska ?

- Elle est morte Estella ! Morte ! L’homme de main de son client a jeté son corps comme un vulgaire paquet devant la porte. C’est Vladimir qui s’est inquiété du bruit et qui l’a trouvée. Karyn essaye de le réconforter mais… Oh, Estellouchka, c’est vraiment trop horrible. Rentre vite !

Elle raccrocha, serrant son téléphone si fort que l’écran se brisa, lui entaillant la paume. Sans se retourner, elle s’adressa à son client français, toujours étendu sur le lit à la regarder.

- Jean… Ta concurrente viens de mourir… Mais je ne pourrais partir avec toi qu’à deux conditions.

- Je t’écoute, mon amour.

- La première, ça va de soi, est que tu dois éponger ma dette auprès de Piotr. La seconde…

Elle se retourna, la rage habitant son visage dévoré par les larmes.

- Retrouve le fils de pute qui a tué Anieska et crève-le. Qu’il meure comme la merde qu’il est !

Puis, elle s’effondra en pleurs et il vint l’enlace pour la réconforter, la berçant doucement dans ses bras pendant que toutes les larmes de son coeur se déversaient dans le creux de son épaule.

- Je te fais la promesse de le faire retrouver et éliminer. Je m’arrangerais pour que tu sois là lorsqu’il rendra son dernier soupir. Pour la dette, ne t’en fais pas, elle sera épongée avant la fin de la semaine.

Nous étions un mardi… Et depuis ce jour elle déteste les mardis où il neige.

Il fallut près d’un an à Jean L’Havédy pour rassembler la somme demandée par Piotr pour racheter Estella. Et une année de plus pour arriver à coincer l’indélicat client qui l’avait privée de son aimée. Quand ce fut fait, Estella exigea être là pour son exécution.
Ça se passa dans un hangar désaffecté, à l’extérieur de la ville. Un endroit minable rongé par la neige et le temps. L’homme était nu, grelottant de froid attaché sur sa chaise. Quand il aperçut Estella, elle lit d’abord de l’espoir dans ses yeux jusqu’à ce que leurs regards se croisent. Là, il comprit que sa fin était arrivée et il commença à s’agiter en vociférant. Un des hommes de main de Jean le frappa au visage pour le faire taire.

- Réveillez-le ! Je veux qu’il me voie le crever comme il a massacré ma Anieska. Jeannot, tu devrais sortir, je ne voudrais pas que tu assistes à ça. Je vais faire en sorte qu’il chiale comme un chat que l’on étrangle et couine comme un porcelet que l’on castre.

- Estella, mon amour… Tu ne devrais pas…

- Sors !

L’ordre était clapant, violent et vibrant de colère. Même les hommes de main sursautèrent. Le Français s’exécuta et sortit du bâtiment.

- A nous deux, immonde сука !

Elle s’approcha de lui en quelques enjambées et aligna son visage sur le sien.

- Je vais te broyer et te saigner !

Elle eut comme seule réponse un crachat au visage. Les hommes de Jean voulurent intervenir mais elle les en dissuada d’un geste de la main. Elle se ressuya délicatement le visage avec son mouchoir puis, sans que rien ne l’ait laissé présager, elle écrasa son talon-aiguille gauche sur la virilité de son prisonnier. Son hurlement dut s’entendre loin, mais elle n’en avait rien à faire, car elle pressa son pied intégralement jusqu’à entendre deux noix craquer et se répandre en une série de cris et de gémissements. Elle retira ensuite son pied de la bouillie avec un horrible bruit de succion avant d’élégamment emprunter le couteau du musclor le plus proche.

- Alors, comme l’a-t-on retrouvée ? Ah oui, tu l’avais totalement lacérée. Moi qui connaissais par coeur chacune de ses courbes, j’ai eu du mal à reconnaître la jolie fille qui se cachait derrière cette viande à kebab. Je pense d’ailleurs me payer quelques tranches de gras avant de t’égorger doucement.

Elle fit danser la lame devant ses yeux puis devant ceux de sa victime qui pleurait, appelait sa maman et usait de tous les mots doux qu’il connaissait pour l’amadouer. Mais rien n’y fit, elle avait une vengeance à assouvir et toutes l’armée rouge ne la retiendrait pas. Elle commença par les tétons et s’acharna une heure durant.
Quand il ne resta plus un seul centimètre de peau entier, elle fit signe aux hommes de le maintenir en place. Il était déjà à moitié mort quand, doucement, presque délicatement elle lui ouvrit la gorge. Elle ne put esquiver le sang jaillissant de la carotide et eut le visage éclaboussé. Mais ça ne lui faisait rien : Anieska était vengée.
Son œuvre accomplie, elle se lava dans la neige et se ressuya avec son mouchoir. Quand les hommes de main sortirent du bâtiment, un feu commençait à prendre : il n’y aurait aucune trace de l’exécution.

A minuit, leur avion décollait : elle laissa couler une larme pour son pays qu’elle quittait. Cinq heures plus tard, elle passait la douane française et mettait le pied dans son nouveau pays.
Tombant de fatigue, elle s’endormit dans la voiture qui les conduisaient à l’appartement parisien de Jean. Il en possédait dans plusieurs grandes villes du pays, mais c’était celui de Paris le plus proche pour revenir de Moscou.
Son futur époux la laissa dormir tout son saoul et se remettre des émotions de la veille. Quand elle se leva, il était presque midi mais une bonne odeur de viennoiseries flottait dans l’air, accompagnée d’une envoûtante odeur de café.

- Bonjour belle au bois dormant. Bienvenue en France !

Il l’embrassa et l’invita à découvrir les délices de la nourriture française.

Trois mois plus tard, ils se marièrent en grande pompe, permettant à Estella d’obtenir la nationalité française. Petit bémol, l’officier de l’état civil avait convertit son a final en e. Du coup, elle n’était pas madame Estella L’Havédy-Borisvena mais madame Estelle L’Havédy-Borisevna. Ils en rirent plus qu’autre chose. Avec le temps, elle ne corrigea même plus les gens qui l’appelaient Estelle : son nouveau prénom faisait partie d’elle.
Quand elle découvrit les hybrides, elle tomba sous le charme de ces peluches à l’apparence humaine et voulu en adopter des dizaines. Son mari les trouvait répugnants. A son sens, cette vermine n’aurait jamais dû voir le jour. Toutefois, sous le regard son épouse, il trouva un compromis : elle pouvait en avoir un tant qu’il ne le croisait pas.

Du coup, la jeune mariée, âgée à peine de vingt-sept ans, s’en alla pour la première fois faire seule, ou presque, son marché dans la capitale.
Le chauffeur l’arrêta devant une boutique vendant des hybrides. Il coupa le moteur et vint lui ouvrir la portière. Elle se leva, doucement et une fois sortie, remercia son chauffeur et le congédia temporairement : elle voulait être seule au milieu des intrigantes créatures.
Alors qu’elle montait les deux marches menant à la porte, une furie en sortit en vociférant, poursuivie par le tenancier de l’établissement, visiblement énervé lui aussi. La furie ne regardant pas où elle mettait les pieds, elle finit le nez dans le giron d’Estelle. Celle-ci, ni choquée ni gênée ni quoi que ce soit, se contenta de redresser la jeune femme.

- Vous n’avez rien ?

- Bas les pattes, suppôt de Satan. Les riches qui achètent des hybrides me dégoûte ! Vive la cause Aegis !

Puis, avant que le vendeur ne l’attrape, elle fila, laissant Estelle perplexe. Puis, secouant la tête, elle repoussa l’homme dans sa boutique et commença à l’arpenter, s’émerveillant des créatures s’y trouvant. Elle rabroua les plus agressives de quelques doucereux mots en russe et caressa les plus affectueux.
Finalement, après avoir fait le tour du propriétaire, elle opta pour une adorable hybride ours qui lui rappelait une très lointaine peluche.
Elle rentra ensuite à la maison avec son adorable jouet. Elle lui expliqua quelques règles simples, comme éviter de croiser son mari. L’hybride parlait peu mais hochait beaucoup la tête. Il semblait qu’Estelle impressionnait beaucoup la pauvre créature. Il était vrai qu’en talons, elle dépassait le mètre nonante, rendant énormément de gens plus petits qu’elle. Du coup, pour rassurer son achat, elle alla prendre un bain avec. D’autant plus que la petiote ne sentait pas la rose en sortant de l’animalerie.
Celle-ci suivit timidement Estelle dans la salle-de-bain et hésita à se défaire de la fourrure qui lui servait de vêtement. La dame de maison se dévêtit donc la première pour entrer dans le bain… Qui ressemblait à s’y méprendre à une petite piscine. On ne se refuse rien chez L’Havédy. La nudité et le peu de pudeur d’Estelle convainquit sa possession de faire de même et la petite Teddy découvrit ainsi les joies d’une gentille maîtresse. Elles se lavèrent mutuellement et passèrent une bonne heure dans la baignoire-piscine.
Manque de chance, quand elles se décidèrent à sortir de l’eau, Jean entrait dans la pièce avec un énorme bouquet de fleurs : il était rentré un jour plus tôt de son voyage d’affaires et voulait en faire la surprise à sa femme. Quand il aperçut l’hybride, son visage blêmit avant de virer au cramoisi : sa surprise se transformait en colère.

- Que fait cette créature démoniaque nue avec toi ? Je t’avais dit d’éviter de me montrer ces choses. Je pensais que tu avais compris que je t’autorisais à en côtoyer comme une vieille dame côtoie les pigeons qu’elle nourrit illégalement. Pas de ÇA à la maison !

Puis, de rage, il jeta le bouquet dans la poubelle avant de claquer la porte violemment en quittant la salle d’eau.
Teddy pleurait, Estelle rageait : cet homme qui lui comptait fleurette en Russie, qui lui a dit tant de mots doux en français durant leurs ébats n’était, au final, qu’un porc parmi les porcs. Entendant les pleurs de l’hybride, elle la prit dans ses bras et la berça doucement. Elle savait qu’elle allait déjà devoir se défaire de sa protégée. Sous son toit, la parole de Jean avait force de loi et Estelle connaissait encore trop peu la France pour intenter quoi que ce soit. Du coup, elle sortit de l’eau, tenant Teddy par la main et s’essuya consciencieusement, faisant de même pour l’hybride. Elle l’habilla d’un peignoir à elle, trop grand, car elle refusait que l’oursonne remette ses frusques sales et puants. Elles sortirent ensemble, main dans la main, de la salle-de-bain pour aller dans le dressing d’Estelle tenter de trouver quelques vêtements à Teddy. L’homme de main qui faisait le pied de grue devant la pièce d’eau avait, en un simple hochement de tête, fait comprendre qu’il valait mieux éviter de croiser son patron. Il les suivit, comme leur ombre et se posta devant le dressing pendant que les jeunes femmes passaient un dernier bon moment ensemble. Elles mirent deux heures à trouver une tenue mettant Teddy parfaitement en valeur avant de sortir.

- Hervé, vous seriez aimable de nous conduire à un endroit où Teddy sera heureuse. Je ne veux pas qu’elle finisse à nouveau dans une animalerie.

Le garde du corps regarda longuement sa patronne, regarda ensuite à gauche et à droite et voyant que le trio était bien seul, s’approcha pour lui murmurer à l’oreille.

- Que Madame me pardonne cette proximité mais… Il existe un groupement de défense des hybrides nommés Aegis. Bien que n’en faisant pas partie, j’en suis un grand partisan et… Je connais la jeune femme qui vous a bousculé à l’entrée de l’animalerie. Elle pourra prendre l’hybride et lui trouver un foyer digne de ce nom ou en tout cas, un hébergement où elle n’aura plus à craindre les Humanis tel que votre mari. M’autoriseriez-vous à m’éclipser discrètement avec… Teddy pour la grande cause Aegis ?

Estelle ne comprit pas tout, si ce n’est que des humains appelés Aegis luttait pour le bien être des hybrides contre un groupement appelé Humanis qui ne leur voulait rien de bon. Et à voir les réactions de son époux, elle comprit vite que désirait le dernier groupe.

- D’accord Hervé. Et tant que vous y êtes, remettez ce chèque aux Aegis. Des personnes qui aident des hybrides ne peuvent être que des gens biens.

Elle sortit un chéquier du sac le plus proche, réfléchit encore pour convertir les euros en roubles et écrivit un montant assez conséquent. Diantre que ces bouts de papier étaient difficiles à compléter en France.
Elle le remit ensuite à son homme de main avant de prendre l’hybride dans ses bras et l’embrasser sur les deux joues.

- Tu me manques déjà, même si nous n’avons passé que quelques heures toutes les deux. Dis-moi au moins ton nom, pas celui dont je t’ai affublé mais celui que tu as reçus de tes parents où choisi.

- Anissa, papa et maman m’ont appelé comme ça parce qu’ils adoraient les bonbons à l’anis. Merci… Estelle. J’espère que tout ira bien pour toi.

Puis elle se jeta dans les bras de sa bienfaitrice, l’embrassa et fila avec Hervé qui voulait partir avant que son patron ne le remarque.

Les années qui suivirent, elle continua le même manège, roucoulant devant son mari en achetant des hybrides dans son dos qu’elle confiait ensuite au Aegis. Elle reçu une fois la visite de la furie qu’elle avait croisé la toute première fois. Cette dernière lui proposait de devenir membre à part entière de la cause Aegis. Estelle aurait bien accepté mais, au vu de la surveillance que lui imposait son mari, elle préféra décliner. Hervé seul était plus discret qu’elle ne pourrait l’être en étant mariée à Monsieur L’Havédy.

Un jour, alors qu’elle fêtait son trente-troisième anniversaire et se promenait, pour une fois, seule dans Paris, elle tomba par hasard sur un hybride léopard. C’était un beau jeune homme, mais il semblait fort mal en point. Elle l’approcha, il montra les crocs et se montrait plus que menaçant. Toutefois, sous la douce insistance d’Estelle, il finit par se calmer.

- Je me nomme Estelle, et toi ?

Il était toujours méfiant et ne lui répondit pas.

- Je ne te veux aucun mal. J’aide la cause Aegis pour libérer les tiens.

Il ricana.

- Pfeu, les Aegis sont des humains stupides. Si je n’étais pas aussi couard, j’aurais rejoint les Ileris pour éliminer tous ces sales humains qui nous pourrissent la vie.

- Les Ileris ? Qui est-ce donc ?

En quatre ans, elle n’en avait jamais entendu parler. Ou en tout cas, ce mot ne l’avait jamais marquée.

- Ce sont les rebelles hybrides. Ceux qui se battent activement pour notre liberté, EUX.

Elle hocha la tête, comprenant son point de vue. Elle n’avait de toute façon rien à redire à sa façon de penser, elle savait que son argent, plus que de la liberté, lui achetait une bonne conscience. Elle se releva donc.

- Et bien, si tu  ne veux pas d’aide d’une humaine, je te laisse moribond dans ton buisson. Tu as le choix : rentrer avec moi ou reste couché là.

Elle lui tourna le dos et pris la direction de son appartement. Discrètement, elle jeta un œil derrière elle : l’hybride la suivait, glissant d’une ombre à une autre pour se faire discret. Le manège dura jusqu’à la porte d’entrée de l’immeuble ou elle fit un signe nonchalant de la main pour désigner la porte de service tandis qu’elle remerciait le portier de l’entrée principale alors qu’elle entrait dans l’immeuble.
Vingt minutes plus tard, l’hybride était dans ses appartements.

- Bienvenue chez moi. Tu as la salle-de-bain à disposition ainsi que toute la nourriture qui te ferait envie. Si tu es perdu, demande à Hervé. Je t’invite à prendre un bain pendant que je prépare le repas.

Cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas cuisiné et s’en donna à coeur joie pour préparer un bon petit repas russe. En entrée, elle concocta des pirojkis et une solianka avec du pain pour le plat principal. Pas de dessert car elle estimait qu’il valait mieux manger sucré pour goûter que pour clore le repas.
Alors que l’ensemble était prêt, l’hybride revint, tout propre, dans un costume léger de Jean. Une chance que tout deux aient approximativement la même taille, même si l’hybride était moins rondelet que son époux. Un peu gêné, il s’installa à table pendant qu’Hervé invita sa patronne à s’asseoir pour faire le service. Elle prit donc place face au léopard qui rougit en jetant un œil dans le décolleté de la maîtresse de maison.
Ils mangèrent jusqu’à plus faim. L’hybride, qui n’avait certainement jamais mangé russe, s’étonna plus d’une fois des saveurs qu’il avait en bouche. Le repas terminé, Estelle l’installa sur la terrasse où Hervé se distingua encore une fois par son incroyable talent en leur servant un thé digestif. Et bien qu’il désapprouvait Estelle, il la laissa allonger son thé avec un doigt de vodka.
L’après-midi passa et, mis en confiance, Samuel, se confia à Estelle. Bien qu’il fût sauvage, l’hybride n’était pas un idiot et ses connaissances étonnaient la jeune femme. Alors que le soleil commençait à se coucher sur Paris, Samuel prit congé, sur conseil d’Hervé.

- Il ne faudrait pas que Monsieur trouve ce jeune homme ici.

- Tu as raison Hervé. Samuel, ta compagnie est vraiment charmante. Reviens quand tu veux… Enfin, tant que mon époux n’est pas là.

- Merci… Dame Estelle. Tu m’as ouvert les yeux sur les humains. Tous ne sont peut-être pas perdus. Je défendrais moins les Ileris et peut-être un peu plus les Aegis. Prends soin de toi et ne t’inquiète pas, si tu cuisines, je serais de nouveau là.

Ils se sourirent puis il s’en alla avec Hervé.
Finalement, Jean ne rentra pas, appelant son épouse pour l’informer qu’il devait prolonger son séjour en Russie, son principal fournisseur de caviar voulant négocier ses prix. Elle s’en désola, lui susurra des mots doux tant en russe qu’en français avant de raccrocher en soupirant. Si elle avait su, elle aurait gardé Samuel avec elle pour ne pas dormir une nuit de plus seule dans son grand lit froid.
Cette nuit-là, alors qu’elle avait le sommeil agité, le téléphone la réveilla vers deux heures du matin.

- Estellouchka ? C’est toi ?

- Karyn ? как дела ?

- Ça va, ça va. Piotr m’a émancipée. Je travaille pour lui, mais il ne prend plus que trente pourcents de mes gains comme « commission » comme il dit. Mais c’est pour toi que je sonne, car j’ai une mauvaise nouvelle…

- Il n’est rien arrivé de grave aux filles ? Hein, ne me dit pas qu’il y en a une de vous qui…

- Non non Estellouchka, rien de tout ça. Par contre, ça concerne ton mari.

- Mon mari ? Jean ? Il lui est arrivé quelque chose ?

- Oui et non… Il continue à louer les services de Piotr. Je pense qu’il couche avec la petite nouvelle qui te remplace depuis ton départ. La gamine vient à peine d’avoir ses dix-huit ans et… Et je me demande s’il ne l’a pas mise en cloque.

Estelle ne dit rien… Elle soupçonnait déjà son mari d’être volage en voyage. Mais de la à engrosser une gamine à peine majeure alors qu’il ne voulait pas d’enfant avec elle.

- Merci, Karyn. Tu es une véritable amie. Mais, pourrais-je te demander un service ?

- Tout ce que tu voudras, Estellouchka.

- Prends-le en flagrant délit… Je vais demander le divorce et pour ça, je veux une preuve solide. Tu veux bien faire ça pour moi ? Utilise ma liste de clients s’il le faut. Certains me rendront ce service.

- Da ! Pour toi, je vais le faire. Désolé de te porter ces mauvaises nouvelles.

- Tu n’y es pour rien, rassures-toi. Bon, je te laisse, il n’est que deux heures du matin en France, tu sais !

- Oh, je te laisse alors. Prends soin de toi et à l’occasion, reviens nous voir. On t’embrasse toutes les quatre et Vladimir aussi, le coquin. Tchao !

Et elle raccrocha. Elle attrapa un oreiller et le jeta à travers la pièce, en l’insultant de tous les noms, en russe, comme s’il eut s’agit de son époux volage. Puis, une fois calmée, elle prit le second oreiller du lit qu’elle serra fort dans ses bras avant de se bercer d’avant en arrière et pleurer les dernières larmes qui lui restait : ce lit était décidément trop grand et trop vide.

Quand son époux rentra de voyage, elle l’attendait dans le salon, un verre à la main et les papiers du divorce partiellement cachés sous un livre, attendant patiemment le bon moment pour surgir de la table basse.

- Bonjour soleil de ma vie ! Ton petit mari est rentré de son long voyage.

- Mon futur ex-mari vient de rentrer, en effet.

Et profitant de l’arrêt de Jean, elle cliqua négligemment sur la commande de la télévision qui s’alluma sur les ébats de son époux avec sa nouvelle poupée russe.

- Très cher, vous avez mis sept ans après notre mariage pour aller voir une autre jolie matrioshka. Enfin, je n'ai été informé de votre goût pour une nouvelle poupée russe qu'après ces sept ans. Du coup, je vais demander le divorce et j’espère bien couler votre entreprise.

Elle se leva ensuite, passa devant lui en l’embrassant sur la joue et continua son chemin vers la sortie.

- Je vous laisse la maison, j’ai une chambre d’hôtel qui m’attend. Vous pensez bien qu’il n’est pas concevable pour moi de rester sous le même toit que vous. Oh, et si ça vous intéresse, je viens d’obtenir mon diplôme d’expert-comptable. Les cours particuliers que je me suis offerts ont vraiment été performants. Sur ce, до свидания !

Et elle s’en alla. A son appartement, Samuel l’attendait et l’embrassa quand il la vit. Entre ces deux-là, la relation était montée à un niveau bien plus élevé que ce qu’ils auraient pu imaginer le jour de leur rencontre. Du coup, l’hybride avait totalement oublié la cause Ileris et elle pensait de plus en plus à entrer pleinement dans la cause Aegis.

Les avocats d’Estelle étaient doués, ceux de Jean tout autant. Malgré tout, la justice se montra extrêmement efficace, où l'argent versé le fût, le divorce était coulé dans le marbre moins de six mois plus tard. Jean perdait la quasi-totalité de ce qu’il possédait. Il conservait l’essentiel de ses appartements en France mais perdait celui de Paris et surtout, il perdait sa société. Quand le juge prononça le verdict, il vociféra qu’il ferait appel, non sans faire valser la table derrière laquelle il était. Ce qui lui valut, en plus, une amende pour destruction de bien public.

Ainsi, à trente-quatre ans, Estelle était libre comme l’air, Française et possédait une fleurissante affaire d’import-export vers son pays natal la Russie. Elle engagea Hervé et augmenta son salaire pour le remercier de son engagement et de sa fidélité. Samuel s’installa avec elle dans le grand appartement de Jean quand ce dernier l’eut vidé. Sa vie prenait enfin une tournure parfaite. Elle profita d’ailleurs de son nouveau statut de patron pour partir en Russie rencontrer les anciens clients de Jean, marquer le coup, se faire voir et, son charme agissant ainsi que son parlé du russe meilleur que son ex-mari, eut droit à des ristournes. Elle passa voir ses amies qui lui firent une fête digne de ce nom. D’autant plus qu’Estelle n’était pas venue les mains vides : chacune d’elle avait un présent français personnalisé.
Hélas, la fête ne dura pas assez longtemps à son goût : tout juste patronne, elle avait des obligations. Elle les embrassa et fila prendre son avion.
De retour en France, elle embrassa ses deux hommes : Hervé sur la joue et Samuel plus passionnément avant d’aller prendre un peu de repos. Tout allait si bien.
Le lendemain matin, un courrier anonyme lui était adressé personnellement. Elle l’ouvrit et y lut un courrier bien étrange : le mouvement Humanis l’invitait, en successeur de la société L’Havédy à poursuivre l’investissement de l’ancien patron dans leur cause.
Après avoir lu les quelques lignes, elle déchira le courrier et couru enlacer Samuel. Il fallait qu’elle se calme, sinon elle se serait arrangée pour retrouver Jean et le faire corriger comme il se devait. Ce salopard finançait même les Humanis.
Etrangement, le fait Jean L’Havédy soit un membre actif des Humanis n’empêcha pas son avion d’avoir un « accident » alors que celui-ci s’en allait vers la Russie, un hybride à son bord. Très certainement Jean avait-il décidé de refaire fortune de manière illégale en faisant produire des hybrides en Russie. Même avant sa mort, il n’avait pensé qu’à sa petite et insignifiante personne.

Dix-sept mois plus tard, dans une ruelle Estelle se réveille et… vomit toutes ses tripes à ses côtés. Que faisait-elle là, pourquoi se sentait-elle aussi épuisée et misérable et… Et pourquoi était-elle en tenue de bunny ?

- Estelle, Estelle ! Tu vas bien ?

Elle entendait une voix, celle-ci était inquiète mais ses sens n’étaient pas encore remis. Comme s’ils ne trouvaient pas leur place.

- Oh… Estelle, je suis vraiment désolé. Je ne savais pas. Si seulement… J’aurais pris mes distances, je ne voulais pas te contaminer…

La contaminer ? Elle était malade ? De quoi ? Elle n’arrivait pas à se souvenir. A, le brouillard devant ses yeux commence à se dissiper. Un homme semi-animal est devant elle l’air penaud. C’est lui qui s’adresse à elle.

- Je ne savais pas que j’avais été infecté. Ça date certainement d’avant notre rencontre. Si ça se met, ma première crise date du jour où l’on s’est rencontré dans le parc.

Il parle, il parle beaucoup pour un hybride. Pourtant, il lui semble familier et, généralement pas aussi bavard. Un nom, un nom sort de la brume : Samuel.

- Heureusement je t’ai suivie. Ta transformation a été violente et ton comportement a changé du tout au tout. On aurait dit que tu retournais à l’adolescence… Mais avec un mastercard gold… Je t’ai protégée autant que j’ai pu, évitant que des Humanis ne te tombe dessus… Oh, Estelle, pourras-tu me pardonner d’avoir fait de toi une infectée.

Un déclic : elle se souvient de tout. Elle était à l’appartement avec Samuel, il mangeait des fraises à la chantilly. Puis, elle a senti des choses se passer en elle. Elle se rappelle avoir eut les oreilles qui la démangeaient, qui s’allongeaient même puis… Le néant.

- Je suis par contre soulagé de voir que tu es redevenue humaine. C’est assez impressionnant de te voir te transformer… Et même un peu flippant. Surtout qu’après tu as voulu te dévergonder avec tous les passants. Heureusement, tu sautillais comme un lapin et les gens t’ont prise pour une hybride folle échappée d’une animalerie.
Allez, viens, rentrons discrètement à l’appartement, Hervé est prévenu.


Hervé, oui, elle s’en souvient aussi. Un grand baraqué qui vient tout juste d’être papa. Un homme dévoué… Mais surtout… Ce Samuel, cet… immonde créature vient de lui dire qu’il l’a infectée et qu’elle s’est transformée ? Il ose être devant elle alors qu’il vient de lui gâcher la vie ?
Elle se leva d’un bond et le gifla.

- Fous le camp, saloperie ! Tu m’as infectée et tu oses encore te tenir devant moi ? Après ce que Jean m’a fait subir, alors que je vivais enfin pleinement MA vie selon MA volonté, avec MES choix. TOI, immonde merde, tu viens de me condamner à me transformer en une créature dévergondée, sans aucun contrôle sur moi-même. TOI, saleté d’hybride, tu viens de m’ôter le peu d’humanité que je venais si chèrement d’acquérir. Fous le camp avant que je ne t’étripe de mes propres mains.

Elle se saisit d’un tuyau qui traînait dans les déchets et l’agita en direction de Samuel. A vue de nez, il s’agissait d’un manche de brosse métallique tordu. L’hybride voulu s’approcher et manqua de se faire casser le nez. Heureusement pour lui, il était plus agile mais sentait que cette histoire allait mal se finir : Estelle commençait à avoir les ongles et de la fourrure qui poussaient. Elle se transformait à nouveau, mais pas en innocent lapinou câlinou semblait-il, mais en lapin furieux prêt à en découdre. Du coup, ne voulant pas se faire éventrer, Samuel préféra battre en retraite, laissant lâchement Hervé se débattre avec sa patronne.
Estelle ne se souvient plus de ce qu’il s’est passé ensuite. Quand elle s’est éveillée, elle était dans son lit, un linge humide sur le front et Hervé à son chevet.

- Hervé ?

- Madame ? Vous sentez-vous mieux ? Que s’est-il passé ? J’ai vu Samuel vous fuir et ensuite, vous vous êtes effondrée. Je vous ai porté jusqu’à l’appartement car vous sembliez épuisée comme si vous aviez traversé tout Paris deux fois à pied.

Ouf, il ne l’avait pas vue transformée.

- Rien Hervé… Nous avons décidé de… de rompre avec Samuel. Je ne dois pas être faite pour les histoires de coeur semble-t-il. En tout cas, je ne te remercierai jamais assez de ton dévouement. Rentre chez toi maintenant, tu as une famille qui t’attend.

- Mais, Madame, vu votre état, je…

- Taratata, c’est un ordre de ta patronne : va t’occuper de ta famille. Je vais bien, je suis juste fatiguée. Promis, je ne ferais pas de folie sans ton autorisation.

Elle lui sourit et… Et il soupira, semblant lâcher prise.

- Par contre, la séparation avec Samuel a dû être violente… Car Madame a désormais les cheveux blancs.

Estelle blêmit. Elle aurait perdu sa chevelure de blé ? Celle qui faisait sa fierté et attirait tous les regards à elle en Russie ?

- Euh, certainement, Hervé. Allez, laissez-moi. Embrasser votre femme et votre fille pour moi.

- Ce sera fait, Madame. Reposez-vous bien et vous n’hésitez pas à m’appeler.

- Promis, filez maintenant !

Il prit congé de sa patronne qui, dès qu’elle entendit la porte d’entrée se refermer, fila dans la salle-de-bain mirer la catastrophe de sa chevelure. Mais pas de miracle, comme l’avait dit son homme à tout faire, elle était blanche comme la neige. Ainsi, même sa fierté venait de lui être enlevée. Alors qu’elle serrait les poings de rage, elle sentit que se corps ondulait, frissonnait et se crispait : elle risquait de se transformer. Du coup, ouvrant la pharmacie, elle avala deux somnifères et tenta de retourner à sa chambre avant que ceux-ci ne fassent effet. Elle ne se rappelle pas si les somnifères furent efficaces, mais en tout cas, elle se réveilla à l’appartement.
N’en pouvant plus de croiser cette femme aux cheveux blancs quand elle passait devant tout objet pouvant lui montrer son reflet, elle alla acheter de la teinture. Manque de chance, dans sa précipitation, elle ne remarqua pas que le flacon avait mal été rangé. Du coup, quand elle eut terminé sa coloration, elle n’était plus blanche mais bleu gris. Alors qu’elle allait hurler sa rage, elle prit la peine de se mirer d’un peu plus près : finalement, ça lui donnait un air un rien triste, parfaitement en accord avec ce qu’elle ressentait. Et bien, on la remarquerait à nouveau par ses cheveux.

Quelques jours plus tard, dans son bureau, elle lisait son courrier. Beaucoup de factures de fournisseurs, quelques invitations à la rencontrer pour affaires et de nouveau, une lettre anonyme. Le papier lui disait quelque chose. Quand elle l’eut ouvert et lue, elle attrapa son téléphone et composa le numéro indiqué, navigua dans le menu pas-à-pas et finalement répondit à l’opérateur à l’autre bout du fil.

- Oui, l’entreprise d’import-export L’Havédy va continuer à financer la cause Humanis. Eliminons cette racaille Ileris et, tant qu’à faire, hybrides et infectés. Ces horreurs pullulent trop...


Dernière édition par Estelle L'Havédy le Dim 11 Juin 2017 - 9:09, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: Estelle L'Havédy, pour se faire servir    Lun 29 Mai 2017 - 20:29
Rebienvenue parmi nous


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Merci à tous !:
 
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MessageSujet: Re: Estelle L'Havédy, pour se faire servir    Lun 29 Mai 2017 - 20:52
Rebienvenue et tombe pas avec tes deux fruits ma grande ~


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MessageSujet: Re: Estelle L'Havédy, pour se faire servir    Mar 30 Mai 2017 - 19:01
Re bienvenu à toi ^^


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MessageSujet: Re: Estelle L'Havédy, pour se faire servir    Mar 30 Mai 2017 - 21:02
Rebienvenue avec ce nouveau jeu de mot XD Bon courage pour ta fiche !


#9933ff
Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Estelle L'Havédy, pour se faire servir    Jeu 8 Juin 2017 - 7:57
Merci à tous mes loulous.

+ 10 à Hilda pour avoir été la première à remarquer le trait d'humour du pseudo.

J'avance dans la fiche, elle devrait être postée ce week-end ^^
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MessageSujet: Re: Estelle L'Havédy, pour se faire servir    Sam 10 Juin 2017 - 10:54
Double-post, même si je n'aime pas, pour dire que j'ai terminé... Par contre j'ai du avoir un bug dans le codage et dans mon dernier message puisque qu'en me levant, il avait disparu.

Désolé pour les couleurs peu lisible sur la fiche de base. Si le personnage est "trop" je ferai les changements adéquats.
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MessageSujet: Re: Estelle L'Havédy, pour se faire servir    Sam 10 Juin 2017 - 16:01
Alors tu avais un petit [/color] en trop Estelle, sinon ouais c'est pas moi qui va m'occuper de ta fiche ma grande, mais tu devrais prendre des couleurs plus pâle là on arrive pas à lire


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MessageSujet: Re: Estelle L'Havédy, pour se faire servir    Sam 10 Juin 2017 - 19:04
Re-bienvenue mdame :D

J'ai quelques trucs à dire sur ta fiche, deux plus exactement, sinon, le reste me va :

• Si j'ai bien compris, Estelle possède plusieurs hybridations ? Par exemple une fois un lapin, une autre fois un loup ? Si oui, ce n'est pas possible, que tu ne puisses pas contrôler la transformation d'accord mais on ne peut pas changer d'animal comme ça.
Ce que je vais te dire ensuite est juste à titre d'avertissement, j'espère qu'aucun Humanis ne la verra se transformer, ce serait fort dommage pour elle sinon huhu (d'ailleurs j'imaginerai bien ça en RP plus tard quand Estelle aura un peu évolué ? :D)

• Ensuite, les Ileris ont été officiellement créés en 2019, donc il y a deux ans. Samuel n'a pas donc pu soutenir les Ileris il y a quatre ans.

Voilà, c'est tout ! J'espère que ça va pas t'embêter de modifier ça, parce que le perso est vraiment intéressant o/




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HUMANIS MEMBRE
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MessageSujet: Re: Estelle L'Havédy, pour se faire servir    Dim 11 Juin 2017 - 9:14
S'il n'y a que ça pour faire plaisir, j'ai adapté ma fiche et profité pour faire un lifting aux couleurs trop difficiles à lire. Je pense avoir corrigé toutes les temporalités et fixé un peu plus sournoisement l'hybridation.

Quant à sa possible transformation devant un Humanis... C'est justement l'attrait du perso, vivre sur le fil o/
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HYBRIDE MALE REBELLE
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MessageSujet: Re: Estelle L'Havédy, pour se faire servir    Dim 11 Juin 2017 - 11:52
Bienvenue !
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HUMANIS MEMBRE
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MessageSujet: Re: Estelle L'Havédy, pour se faire servir    Dim 11 Juin 2017 - 14:09
Tout est bon du coup :D

“ TU ES VALIDÉ(E) ”


Ça y est, t’es validé(e) ! Félicitations ! Nous sommes heureux de t’accueillir parmi nous, en espérant que tu t'y sentes bien.

Tu peux dès à présent faire une demande de RP, d’adoption, et si tu cherches un toit fait une demande de lieux.
Si tu as besoin d'un nouvel avatar, viens ici .
N'oublies pas de nous dire si tu dois t'absenter de prévenir ici !

N’hésites pas à poster une fiche de liens pour te lier aux autres personnages du forum ou encore à passer sur la ChatBox pour te familiariser avec les autres.

Si tu veux délirer avec les autres, passes sur le flood ou sur troll word !

Par contre, n’oublies surtout pas de remplir ta fiche de personnage et de rajouter le lien de ta fiche dans ton profil.

A la moindre question, n’hésites pas à envoyer un MP à un membre du staff qui sera là pour éclairer ta lanterne.






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MessageSujet: Re: Estelle L'Havédy, pour se faire servir    
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Estelle L'Havédy, pour se faire servir
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