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  It was my heart, it was my life It was my start, it was your knife

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MessageSujet: It was my heart, it was my life It was my start, it was your knife    Lun 25 Juil 2016 - 12:11



Bonjour je m’appelle Teddy Jessie Augustine Terence Oswald j'ai 39 ans et je suis Franco germanique. Je suis une infectée et suis croisée avec une brebis. Je suis attirée par les hommes bien que les femmes sont toutes aussi jolies..

On me reconnais facilement car je suis tatouée du cou aux pied. Je suis assez riche pour profiter de la vie et mariée depuis bon nombre d'années et j’exerce le métier de tatoueuse pour hybrides et humains. Et bizarrement, on dit que je ressemble à Yukari Yakumo de Touhou Project .

Je parle aussi bien allemand que français. On dit que je possède tout de même un léger accent mais je ne m'en rends pas compte.








“ Physique ”
Tu relèves la tête vers lui, doucement. Il dort encore, profondément. Tu restes un moment à le regarder avant de te lever lentement, tes pieds rencontrant le lino froid de ta chambre, t'arrachant un frisson te parcourant l'échine mais tu me fis aucun bruit, marchant sur la pointe des pieds pour éviter de réveiller le monstre partageant le même lit que la princesse que tu es.

Doucement l'eau de la douche s'enclenche, passant ta main dessous pour tâter la température, tu en profites pour te déshabiller et lever tes yeux vers le miroir. Tu avais l'air terriblement fatiguée mais tu n'y fis pas vraiment attention, te glissant sous le jet d'eau en soupirant de plaisir, ce petit frémissement te permettant de t'échapper un instant, pour t'envoler loin de cette terreur. Le silence semblait presque macabre alors que tu me bougeais plus, laissant l'eau tiède mouiller ta tignasse blonde, te caressant le creux des reins en bouclant légèrement, te donnant un volume certain. Ils étaient ta fierté et ce qu'il aimait le plus chez toi, refusant de te les abîmer un seul instant. Il préfère bien plus les caresser doucement en laissant ses lèvres glisser le long de ton cou.

Ton cou meurtri, aux strangulations presque invisibles. Tu sais qu'il s'en veut, d'avoir voulu t'étrangler ce soir là mais l'alcool le rendait tellement dingue.

Tu savais qu'au fond il n'était pas méchant, qu'il t'aimait plus que tout mais ton corps affichait le contraire.

Tu n'étais plus que l'ombre de toi-même, cette fantomatique femme aux désirs encore bridés, aux rêves irréalisables et aux utopies désespérées. Tu étais perdue.

Aussi perdue que lorsque tu sortis de cette douche, enroulant désespérément une serviette autour de ta taille pour retourner dans la chambre. Les gouttelettes d'eau trahissaient ton passage, oui tu étais passée par la cuisine pour chiper timidement un bout de gâteau acheté la veille à la boulangerie du coin puis tu étais retournée dans la salle de bains avec un café bouillant pour te maquiller et te rendre présentable. Aujourd'hui tu avais une grande représentation, tu seras seule sur scène. Tu te devais de cacher ce bleu dégradant ton front.

Tu te devais d'être jolie et présentable pour faire bonne impression.

Et tu y passas un moment à le cacher un maximum, oui tu t'étais encore battue avec lui la veille et tu t'étais mangée le coin du lit en glissant. Oui tu aurais pu te faire bien plus mal du coup tu ne souhaitais pas te plaindre plus que par de simples gémissements plaintifs. Il faudra que tu penses à passer à la pharmacie chercher une crème pour apaiser ça ce soir en sortant des cours.

Peignant grossièrement tes cheveux, tu te fixas encore un petit instant. Tu ne faisais pas tellement ton âge, bien entretenue malgré les sévices subis par ton corps, tes yeux de chat offrant aux autres un regard de biche à faire fondre le plus dur des glaçon, bleus comme le plus pur des océans, comme le plus beau des saphirs et comme le plus gracieux des ciels. Des cils renforçant cet effet de poupée et cette bouche pulpeuse faisant de toi une véritable beauté fatale. Un grain de beauté sur ta pommette d'adulte, des piercings aux oreilles avant d'y accrocher deux pendantes.

Un ras le cou pour compléter le tout et tu repartis dans la chambre d'un pas de félin, ta fidèle démarche, celle d'une femme moderne, peut-être battue et soumise à son mari, mais qui savait tout de même ce qu'elle souhaitait publiquement. Un vulgaire relent de féminisme que disent certains mais tu n'en avais que faire.

Te posant doucement sur le lit, tu le sentis remuer doucement avant de se redresser. Tu t'excusas faiblement de l'avoir réveillé et répondit au baiser qui scella vos lèvres. Il te la mordit presque au sang en te forçant à lâcher un petit couinement avant de passer ses mains sur ton corps.

Tu étais sa fierté. Sa pin-up, sa déesse. Son épouse aux formes épurées, dessinées à la plus noble des plumes d'encre. Une taille fine à cause des nombreux corsets la compressant, une forte poitrine devant se rapprocher du bonnet E et des hanches relativement présentes, un élégant sablier à peine porté par ses fines jambes surmontées de talons grandissant son petit mètre soixante-deux pour cinquante-trois kilogrammes.

Tu n'étais pas grosse Teddy, pas vraiment. Plus maintenant en tout cas.

"Comment veux-tu que je sois présentable avec une lèvre pareille ?! "

Tu lui avais lancé un regard sévère, te levant pour enfiler ton bustier et ton jean troué. Terminant ta coiffure en une tresse brouillonnée, tu lui embrassas doucement le front avant de remplir vivement ton sac de tout ce dont tu avais besoin.

" J'ai pas le temps de prendre les transports, je peux te piquer ta Harley, chéri ? "

Il hocha simplement la tête avant de se rendormir, te laissant partir telle une voleuse. La chaleur était étouffante dehors et tu n'hésitais pas à monter ton corps à tous.

Tu étais cette œuvre d'art Teddy, cette femme tatouée et percée aux différents endroits que l'anatomie féminine, tu étais cette terrifiante femme de paradoxes qu'elle-même ne comprenait pas.

“ Caractère ”
Tu levas les yeux au ciel après avoir posé un pied-à-terre pour attendre le passage au vert du feu de signalisation. Le bruit des moteurs te montant à la tête surpasse tout le reste et toi tu sembles un instant dans le vide avant de reprendre la route. Un automobiliste te fait remarquer ton manque de réactivité d'un coup de klaxon et d'une insulte bien placée. Tu n'y fais pas attention et reprends ta route. À quoi bon répondre . Tu n'étais pas du genre à te prendre la tête pour de telles broutilles ou encore plus pour t'abaisser au même niveau que ces abrutis vivants ne faisant que perdre leur salive.
Non, tu ne te considères pas comme supérieure mais à tes yeux, ils sont bien plus stupides que ta naïveté que toutes les personnes te connaissant te reprochent à longueur de journée : oui tu as tendance à tout croire sans réellement réfléchir puis prendre conscience de ta stupidité le lendemain. D'ailleurs quand cela arrive, tu as cette mauvaise habitude de te pincer la lèvre inférieure en un rictus agacé.

Puisque tu l'es aussi souvent, agacée. Tu peux soupirer sans t'en rendre compte, en te jetant, dos contre le dossier de ta chaise, en cherchant à remonter ton dermographe sans succès ou encore suite au manque de respect de certains clients.

On dit que tu es gentille comme toute Teddy, toi qui souris presque tout le temps, sympathisant avec le pire des bourreaux d'une seule jolie phrase bien placée. À tes yeux, bien s'entendre avec toute personne rentrant dans votre salon est une chose primordiale pour le faire fonctionner et tu sembles toujours à l'écoute des autres, toujours là pour les aider et les voir sortir heureux de ce lieu. Maternelle comme le serait une mère de famille et protectrice envers tous ceux que tu considères comme importants pour te petite existence.

Mais tu n'en restes pas moi une femme de caractère qui sait s'énerver et hausser le ton quand il faut, te traiter et t'insulter n'est qu'à tes yeux un manque de respect et malgré toute la soumission que tu montres à ton époux, tu es loin de te laisser marcher les pieds. Quand il faut remettre un client à sa place d'abord gentiment puis violemment, c'est toi qui t'en charge et c'est sûrement pour cette raison que toi et Hippolyte vous entendez aussi bien. Deux têtes de con comme il aime le dire.

Pourtant, ta timidité le choque toujours autant, lui que tu pourrais considérer comme un petit frère un peu trop protecteur sur les bords. Tu rougis souvent, bégayant en n'osant prendre des initiatives et même si tu fais des efforts quotidiens pour te séparer de ce défaut, il semble toujours bien présent.

Ta manie à toujours tout bien ranger l'agace aussi. Tu n'aimes pas le désordre et chaque chose doit être à sa place pour paraître organisé et professionnel, c'est un tic que tu ne maîtrises pas du tout, bougeant toujours tout, changeant la place de toute chose pour obtenir au final un salon proche de la perfection. C'est étouffant, même pour toi, mais tu as appris à faire avec, prenant les réflexions avec humour et légèreté.

Alors que tu es tout sauf légère Teddy. Tu es une femme de paradoxe te cachant derrière de pitoyables sourires et éclats de rire. Paranoïaque, tu es du genre à regarder derrière toi toutes les minutes, de peur d'être suivie, d'être menacée ou attaquer dans ton dos. Tu veux toujours te sentir en sécurité et c'est visiblement chose impossible au vu de tes crises de nerfs, tu dois tout connaître des lieux que tu visites et tu ne supportes pas qu'on te mente. C'est sûrement pour ça que tu es une femme extrêmement curieuse et bien que tu respectes les parts d'obscurité et les secrets d'autrui, tu aimes bien tout savoir, soit pour éviter les sujets sensibles, soit pour titiller légèrement les concernés.

Tu es aussi égoïste, parfois, enfin surtout lorsque cela concerne ton époux. Tout aussi jalouse, tu es capable du pire pour garder ce bonheur que tu as durement gagné et tuer est une possibilité que tu dénigres malgré tout mais qui, dans une situation d'urgence, ne sera pas ignorée. Oui tu as peur des autres, peur de leurs réactions et des problèmes qu'ils peuvent t'apporter.

Ce monde est pourri jusqu'à la moelle et tu as dû apprendre à faire avec.

Tu ne parles pas beaucoup de toi, préférant esquiver ces sujets de discussions souvent lancés par des hommes aux sourires séducteurs pitoyables et c'est toujours avec le sourire que tu les envoies balader, pouffant parfois ou lançant un regard amusé à la personne présente à tes côtés.

Le moteur de ta moto se stoppa juste devant le salon et laissant tes talons claqués contre les pavés, tu poussas la porte qui activa la petite sonnette d'un cliquetis hantant ton quotidien. Hippolyte vint te saluer d'une embrassade avant de te vanner une nouvelle fois.

Comme toujours, les journées sont toutes aussi mouvementées.


RÉSUMÉ DE L'HISTOIRE
Teddy est née dans une famille riche allemande. Bien qu'adorable, jolie comme tout et intelligente, elle fut vite mise de côté par sa sœur de dix ans son aînée, cette dernière attirant toute l'attention de leurs parents sur elle. Légèrement harcelée à l'école, Teddy finit par rencontrer une dame à qui elle rend service en ramenant ses sacs de course jusqu'à chez elle.

Acceptant l'invitation de cette mère de famille nommée Brigitte, elle tombe nez à nez avec l'un des deux fils, Arthur, qu'elle connaissait déjà de vue. Ils sympathisent rapidement bien que Teddy doive esquiver leur chef de famille alcoolique et violent. Alors qu'elle et Arthur profitent d'une soirée bien méritée, la petite blonde rencontre d'une manière imprévue le père de son petit ami qui, dans un élan de surprise et de colère, devient rapidement agressif et violent envers elle.

Il mourut ce soir-là d'un couteau de cuisine et c'est à ce moment-là que Teddy dégringola violemment une pente qu'elle mit un moment à remonter. Bien que toujours avec Arthur, ce dernier part pour l'armée quand elle tombe enceinte à l'âge de 18 ans.

C'est sa sœur qui s'occupera d'elle, traversant une mauvaise passe suite à une rupture avec son petit copain, elle décide de se venger sur cette petite sœur ayant fui le domicile sans dire un mot. Une surdose de cachets faillie lui coûter la vie mais n'épargna pas son bébé.

De son côté, Arthur perdit l'usage de sa jambe après être parti sur le front, revenant en fauteuil roulant alors que Brigitte annonça finalement à Teddy qu'elle est atteinte d'un cancer s'étant généralisé suite à une mauvaise prise en charge.

Ni une ni deux, notre protagoniste se met donc à travailler alors que le frère jumeau d'Arthur, Gerald, parti au Canada pour des études de médecine revint en Allemagne pour s'occuper de la famille.

Teddy travailla en tant qu'assistante pour un boulanger puis en tant que serveuse et on lui glissa à l'oreille un moyen de gagner une somme astronomique d'argent en peu de temps. C'est ainsi qu'elle offrit son corps à la science pour payer une prothèse à son petit ami amputé. Elle finit infectée suite aux échecs d'hybridation sur cette dernière.

Quelque temps après, alors que Brigitte n'arrivait même plus à les reconnaître, elle fut débranchée contre avis médical et Gerald fut accusé de meurtre prémédité et fut condamné à 20 ans de prison. Arthur tomba bien bas entre la perte de sa jambe et de sa mère, se noyant dans l'alcool et se tuant les poumons à coup de cigarettes. Il devint extrêmement violent envers sa très récente épouse malgré l'amour qu'il lui portait.

La sœur de Teddy mourra quelques années plus tard d'un accident de voiture et Gerald sortira au bout de 10 ans de prison pour bonne conduite.

Teddy et Arthur partirent pour la France avec les économies qu'ils avaient fait pour recommencer leur vie à zéro. Côtoyant ses anciens contacts, il se découvrit une passion et un talent pour le poker alors que Teddy s'était reconvertie dans l'art puis rapidement en tant qu'assistante dans un salon de tatouages. Elle finit par devenir tatoueuse et avec le temps, une petite routine s'est installée chez eux.







PSEUDO : COUSCOUS
ÂGE : 19 ans
COMMENT AS-TU TROUVER MASTERS & NEKOS ? : ça fait tellement longtemps omg xD ptdr
PRÉSENCE : aussi souvent que possible mes Loulous.
AUTRE CHOSE : non really j'ai posté ma fiche en étant sur portable donc elle avancera pas avant le 30 juillet, retour de mes vacances et vers la technologie mais j'aurais au moins mon caractère. Désolé c'est pas corrigé par contre !




Dernière édition par Teddy J. Oswald le Dim 31 Juil 2016 - 15:44, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: It was my heart, it was my life It was my start, it was your knife    Lun 25 Juil 2016 - 12:12
HISTOIRE


Tu n'es plus que l'ombre de toi-même Teddy. Une petite bourgeoise détruite, une petite demoiselle broyée en mille morceaux. Teddy. Tu étais cette enfant de riche, cette petite fillette aux cheveux de blés que les gens adoraient, tu étais cette adorable poupée que tes parents aimaient montrer au monde. Toujours bien habillée. Toujours bien coiffée et assortie. Tu étais petite et fragile, une peau parfaite, une peau douce, un grand regard de biche. Tu étais une merveille. Un objet de valeur qu'il fallait protéger à tout prix. La plèbe ne pouvait te toucher sans se brûler les doigts et malgré toute cette richesse et cette soie, tu n'as jamais réussi à les fuir et les détester comme la peste. Tu étais cette demoiselle douée de ses doigts, cette fragile et brisable barbie qui avait un avenir tout tracé. Tu allais épouser un grand architecte ou un médecin reconnu, tu allais lui donner deux enfants dont un garçon pour reprendre la firme familiale et toi tu seras secrétaire dans une grande enseigne, tu seras reconnue et deviendras la plus grande fierté de ta famille.

Oui, mais la vie n'était pas prédestinée. Rien n'était prévu et surtout, personne ne pouvait décider de cela à ta place. Toi seule pouvais choisir la route que tu allais emprunter et c'est sûrement par manque d'aventure que tu t'es dirigée vers la voie couverte d'épines et de ronces sanglantes.

Tu aurais pu rester à domicile avec des professeurs plus que performants mais tu as préféré tenter l'école privée, remplie de petits bourges comme toi, uniforme, toutes bien coiffés, tous propres sur eux et très intelligents. De petits enfants parfaits dans lesquels tu ne te retrouvais pas, malgré tes beaux et faux sourires. Tu étais là plus appréciée de ta classe de primaire, une surdouée, une beauté sans pareille avec tes cheveux blés délicieux et devenir déléguée de la classe s'était presque montrée comme une obligation à tes yeux.

Mais les femmes sont de viles créatures entre elles et même à ce si jeune âge elles n'ont pas hésité à te faire des misères.

Casser tes crayons de couleur. Déchirer tes dessins. Te pousser dans la cour de récréation et salir ton uniforme. Pourtant ne disais rien, tu ne te plaignais jamais. Parfois tu pleurais en silence mais personne n'était au courant de ces sévices.

Tu étais née pour être la meilleure, tout comme ta sœur ainée mais elle n'avait que faire de ces enfantillages inutiles. Enfaîte, elle aussi ne t'aimait pas. Où plutôt, dans ce milieu il est important de ne pas aimer les autres, de se les mettre dans la poche éventuellement mais ne jamais sympathiser. Il n'y a qu'une place au sommet et tu l'as sûrement mieux compris que les autres, eux qui étaient coincés dans cette bulle de supériorité malsaine.

Tu n'étais qu'une enfant aux parents si peu disponibles qu'ils ne s'occupaient quasiment pas de toi, préférant se tuer au travail. Il n'y avait que pour ta sœur, elle qui allait devenir médecin pour un grand hôpital allemand. Elle qui n'avait que faire des pauvres, elle qui ne comprenait même pas comment ils pouvaient être soignés. Ils ont cherché à bourrer le crâne de la petite de dix ans que tu étais mais visiblement tu savais déjà ce que tu souhaitais pour ton futur.

Tu as grandi dans cette même atmosphère jusqu'à tes quinze ans, le collège fut catastrophique pour toi et le lycée allait l'être encore plus, te focalisant surtout dans les langues pour pouvoir réaliser le rêve qui te collait à la peau : enseigner comme tous les profs que tu as pu avoir, pour faire apprendre aux prochaines générations et leur permettre de rester dans le droit chemin. Et c'est aussi à cette époque que tu l'as rencontré pour la première fois alors qu'il venait porter quelques pubs dans votre boîte aux lettres. Un air de vaurien, des marques plein le visage et te surpassant grandement en taille. Il t'a simplement salué, effleurant tes doigts en te proposant une autre pub que tu pris sans rechigner en le remerciant doucement.

Il revint le lendemain et le surlendemain, une fois avec le journal du coin puis sans rien, simplement pour passer devant chez toi. Tu le saluais juste et il te rendait ton sourire et ton petit geste de main.

Tu ne pouvais le côtoyer.
Tu ne pouvais lui parler.

Il n'était pas du même milieu social que toi. Il devait avoir ton âge et visiblement il ne fréquentait déjà plus l'école, la fuyant peut-être.

"Les pauvres n'arrivent pas à comprendre qu'ils ont déjà de la chance d'aller à l'école et en plus ils se permettent de la sécher misérablement. Je les laisserais bien crever la gueule ouverte moi, ça me fait mal de voir l'État dépenser de l'argent pour ces sans dents."

C'est Marie qui avait tenu ce discours tu ne t'en souviens que trop bien, c'était à table un soir, au beau milieu de l'été. Tes parents avaient surenchéri et tu t'étais simplement tus, affirmant que tu n'avais pas d'avis sur le sujet et que tu étais donc neutre.

Foutaises.

Tu avais juste envie de les insulter, de les insulter de tous les noms mais tu n'avais rien fait, tu ne disais jamais rien de toute façon. Tu préférais les laisser dire, tu ne souhaitais pas avoir de soucis avec cette famille t’hébergeant et te laissant faire ce que tu désirais. Oui tu n'arrivais même pas à les considérer comme ta propre famille malgré tout l'amour que tu pouvais leur porter et c'en était presque terrible.

Tu vivais ta vie en solitaire, silencieuse, tranquille et toujours aussi bonne à l'école. Tu voyais toujours ce jeune homme chaque matin avant d'aller en cours et il finit par disparaître du jour au lendemain, lui qui ne loupait pas la moindre occasion pour venir te saluer. Tu te sentis encore plus vide, encore plus seule et abandonnée qu'avant alors que tu ne le connaissais même pas. S'en était presque risible mais tu étais du genre à t'attacher bien trop rapidement. Peut-être car il était le seul à vouloir s'intéresser un minimum à toi ? À lever les yeux vers ta tendre bouille et te considérer comme importante ? Ou peut-être étais-tu terriblement narcissique ?

Tes parents partirent une nouvelle fois à l'étranger, te laissant seule avec cette grande sœur incompétente socialement parlant. Elle te détestait, réellement. Tu n'étais qu'une petite garce cherchant à lui tenir tête pour la rabaisser, tu n'étais que cette saloperie de fausse pauvresse qui n'avait rien à faire ici. Tu n'avais encore une fois rien dit, tu n'avais pas relevé ses propos et t'était simplement reclus dans ta chambre comme tu savais si bien le faire. La plupart de ton temps libre, tu le passais dehors à rendre service aux gens. Aider une mamie à traverser, à arroser son jardin ou encore une jeune femme mal en point à ramener ses deux gros sacs de course.

Elle avait presque cinquante ans, non, elle allait les avoir dans deux mois et était mère de deux jumeaux de deux ans tes aînés, deux beaux garçons s'occupant en permanence de leur maisonnette avant que l'un d'entre eux ne partes en études de médecine. Exactement comme ta sœur, qu'elle ironie. Elle-même était une femme faible, ayant visiblement du mal à parler et à marcher et ne cessait de te remercier pour ce petit geste de pacotille qui te faisais chaud au cœur.
Une fois chez elle, une proposition à boire un thé te fut proposer et tu ne pus refuser, entrant à ton tour dans la petite maison en allant te poser sur le canapé.

"Merci beaucoup pour ton aide. Mon fils en fait déjà beaucoup donc je ne peux pas lui demander de faire les courses aussi. Mon époux est assez violent donc il a l'habitude de casser pas mal de choses donc n'y prête pas attention s'il te plaît."

L'appartement dans lequel elle vivait était… Bien différent du tien. Petit, entassé, fouillis et bordélique. Il n'y avait presque pas de place pour une famille visiblement si nombreuse et c'est à ce moment-là, du moins tu penses, que tu réalisas la réelle différence entre les « bourges » et la « plèbe » et eux qui ne vivaient qu'avec les moyens du bord devaient bien vous envier, vous qui ne pouviez vous complaire dans votre richesse égoïste.

Puis comme pour répondre à ses propos, tu hochas la tête avant de la relever vers les escaliers, un grincement te fit comprendre qu'une troisième personne allait se joindre à vous durant cette petite discussion.

"J'ai réparé la fenêtre de ta chambre, j'espère que ça tiendra encore quelques jours."

Tu ne lâchas pas le jeune du regard un seul instant, louchant presque dessus avant qu'il ne te remarque à son tour, gêné et aussi surpris que toi. Il te dépassait facilement, imposant et inspirant presque la crainte de si prêt. Rapidement après qu'il ait posé ses yeux sur toi, tu le baissas, impressionnée.

"Elle m'a aidé à porter les courses jusqu'à la maison, elle s'appelle Teddy Von Becker. Teddy je te présente Arthur, un de mes deux fils."

Tu lui souris timidement avant qu'il ne lâche un soupir.

"On se connaît, j'allais souvent porter le journal chez eux avant de devoir arrêter. Mais s'il te plaît maman va te reposer tu dois être fatiguée."

Elle hocha la tête sans protester, embrassant le front de son fils avant de monter à l'étage d'un pas fragile et faible. Aussitôt est-elle partie qu'il vint s'asseoir à côté de toi, bien trop proche de ton petit corps, toi qui ne t'étais jamais retrouvée aussi proche d'un être du sexe opposé. Il resta là en silence, cherchant probablement un sujet de discussion pendant que tu admirais le fond de ton café.

"Merci pour ma mère. C'est vraiment très gentil de ta part de l'avoir aidé. Mon petit frère est parti faire ses études dans un lycée éloigné donc je suis le seul à pouvoir gérer toute la maison. Le géniteur a tendance à tout exploser en rentrant."

Tu ne sus pas quoi dire, levant simplement la main vers lui pour la poser sur sa joue, effleurant sa lèvre gonflée en lui souriant doucement. Ton geste t'avait surpris, réagissant simplement par instinct en frissonnant doucement à son contact.

"Votre mère... Enfin ta mère m'a dit que ton père était assez violent, je vois bien ça vu comme ton visage est abîmé."

Il se tut à son tour, te laissant faire en frémissant avant de retirer ta main d'un geste terriblement doux, te tirant avec lui hors du salon pour te faire sortir par la porte extérieure de la maison d'un pas rapide. 

"Excuse moi, je ne souhaite pas que tu assistes aux crises de mon père, je l'ai entendu arriver. Si ça te dit on peut se voir un autre jour, j'aimerais bien qu'on fasse un peu plus... Enfin j'aimerais bien qu'on discute un peu plus calmement tous les deux. Envoie-moi un message dès que tu es chez toi. Et merci encore."

Aussitôt t'eut-il passé son numéro et fermé la porte que tu entendis des cris et des insultes, frémissant de terreur en entendant un bruit sourd résonner puis tu t'enfuis en courant, les jambes tremblantes et fébriles.

Le soir même tu entrepris la conversation, timide et très peu entreprenante comparé à lui. Tu ne cessais de le questionner sur sa santé, pour savoir s'il allait bien et chaque fois il changeait de sujet, cherchant à en apprendre plus sur toi, sur ta vie et tes goûts. S'il te draguait . Ouvertement et il n'hésitait pas à le montrer de manière directe. Tout est allé tellement vite entre vous, ton premier baiser, ces premières mains posées sur ton corps et ses premières sensations. Il t'avait rendu dingue de lui, folle amoureuse de ce vaurien aux airs de voyou mais pourtant si doux et si tendre. À tes yeux il était parfait, terriblement parfait.  Il était le prince charmant remplissant tes rêves et chassant les mauvais cauchemars. Tu ne pensais plus qu'à lui et passais la plupart de ton temps chez lui, t'occupant de sa mère avec qui tu avais tissé un lien fort comme entre une mère et sa fille. Tu faisais les courses, le ménage et aidais Arthur à réparer les dommages du chef des lieux que tu n'avais vu qu'en photo. Il ne souhaitait pas que tu le rencontres et elle non plus d'ailleurs, il était bien trop dangereux pour côtoyer une jolie jeune fille telle que toi qu'ils disaient.

Mais tu restas un peu trop tard un soir, te retrouvant nez à nez avec ce soi-disant monstre qui demanda aussitôt ton identité et si tu avais pu te transformer en petite souris tu l'aurais sûrement fait pour lui échapper mais c'est Arthur qui prit ta défense en s'interposant entre vous deux, le regard sévère et haineux envers celui partageant le même sang que lui.

"Que fait cette sale gosse ici Arthur ?! T'as cru qu'on avait assez de thunes pour nourrir une autre bouche . T'as déjà de la chance que ton frère se soit barré pour qu'on te nourrisse toi ! 
- Oh mais si tu arrêtais d'aller payer des putes et dépenser ton salaire dans la drogue et l'alcool, on aurait peut-être de quoi vivre un peu mieux tu penses pas ."

Le premier coup retentit, en plein dans la mâchoire du jeune homme qui tomba cul par terre en grognant de douleur.

"Ferme donc ta petite gueule d'enculé ! Fais pas genre pour faire le malin devant ta gonzesse, si tu continues à me tenir tête je vais finir par vraiment t’exploser donc baisses les yeux et lâche ce regard de chien enragé ! "

Tu t'en souviens comme si c'était hier, il lui avait craché dessus, le traitant comme la pire des pourritures alors que sa mère ne faisait rien, terrorisée par la scène sûrement quotidienne qui s'offrait à elle.

"Comment osez-vous parler à votre fils de cette manière ? Êtes-vous donc si vile que ça ?! "

Tu avais pris la parole sans réfléchir pour une fois, serrant les dents lorsqu'il posa son regard sur toi en te reluquant de la tête aux pieds, toi gamine de dix huit ans encore toute frêle et peu farouche. Il s'avança doucement en riant, vu comme il titubait il avait dû s'alcooliser avant de rentrer. Ta respiration était saccadée et tu ne le lâchais pas du regard, terrifiée. Tu fermas les yeux, serrant les poings et les dents, oui tu avais peur, terriblement peur.

"Dis donc c'est qu'elle a du caractère ta gonzesse, elle pourrait même me plaire ! Tu me la prêtes une ou deux nuits et comme ça j'oublie cette petite interaction qu'on a eu tous les deux ? "

Son rire était gras et rauque comme celui d'un fumeur aux poumons détruits. Tu déglutis doucement, repoussant sa main un peu trop proche à ton goût en haussant la voix.

"Je ne vous permets pas de me toucher de cette manière grossier personnage ! Vous devriez avoir honte de votre comportement ! "

Une gifle retentit, un bruit sourd qui te laissa sous le choc un instant avant que tu ne portes ta main au visage, sur cette joue rougie sur le coup.

Arthur s'est tout de suite relevé, empoignant le col de son père en lui hurlant dessus, fou de rage et de haine envers cet être répugnant. Tu te souviens de son regard, de cette manière qu'il avait de trembler

"Sale fils de pute ! Comment oses-tu la toucher ?! Je vais te défoncer Enculé ! Je vais vraiment t'exploser putain ! "

Tu la ressentais, cette haine entre deux hommes d'une même famille alors que Brigitte cherchait à te réconforter, te prenant dans ses bras en les fixant d'un air apeuré. Tu n'avais jamais vu ça et jamais tu ne t'étais retrouvée dans une telle situation, toi qui t'étais tus et cherchais à fuir le regard de cet homme violent et irrationnel. Tu ne voulais plus qu'il t'approche, tu ne voulais plus le voir, tu voulais fuir, loin d'ici avec eux. Loin de ce démon.

Un coup retentit de nouveau puis un deuxième. Tu entendis Arthur grogner avant de se tordre de douleur, un genou au sol. Tu l'avais vu son regard te demandant de partir, de fuir loin de ce monstre mais le regard du plus ancien te pétrifia, t'empêchant de faire un pas derrière l'autre, pour sauver ta peau et protéger cette nouvelle famille que tu t'étais faite. Oui tu t'es mise à pleurer, le suppliant du regard de s'éloigner mais il n'en avait que faire.

"Alors comme ça sale bonne femme on accueille quelqu'un chez MOI sans mon accord ? Mais putain tu t'es prise pour qui merde ?! Tu connais tes droits pourtant ! Et arrête de pleurer comme ça bordel tu commences à me casser les oreilles.
Tu vas trop loin chéri ! Arrête, tu me fais peur ! Tu fais peur à la petite aussi ! Elle m'aide tellement à la maison, tu n'as pas à lui faire de mal ! "

Il s'est encore mis à rire, s'approchant encore d'un pas alors qu'elle le suppliait encore, ton regard ne le lâchait plus non plus avant que tu ne prennes ton courage à deux mains, t'interposant entre les deux époux, tremblante et terrorisée. Toi aussi tu pouvais être… Forte.

" Vous allez donc vous en prendre à une femme malade ? Qui plus est votre femme ? N'avez-vous donc aucun honneur ? Vous êtes un faible. Un homme pitoyable se noyant dans la boisson pour espérer vous en sortir.
Ferme ta gueule.
Vous n'avez aucune force. Vous ne valez rien. Vous n'êtes rien.
FERME TA GUEULE PUTAIN !! "

Tu cherchais surtout à te rassurer enfaîte, faire en sorte que la situation stagne le temps de trouver une échappatoire mais tu constatas vite un futur fataliste.

Lui ou vous.
Votre joie de vivre ou cette pitoyable ordure.
Tu risquais gros, terriblement gros.
Mais tu n'en avais que faire. Il fallait juste faire ça proprement.

Il se jeta sur ton corps fébrile, toi qui partis en courant vers la table du salon avant de trébucher, te retrouvant sous cet homme prêt à te ruer de coups.

Mais il n'y eut rien.

Arthur s'était à peine levé et Brigitte n'avait pas bougé d'un pouce. Ce monstre était resté bloqué au-dessus de ton corps alors que ta respiration était saccadée, irrégulière et audible dans toute la maison, du moins tu en étais persuadée. Tu éclatas en sanglots, tremblante et hurlant de peur en serrant fort ce couteau de cuisine dans tes petits doigts recouverts de sang. Tu étais terrorisée, c'était lui ou toi. Tu n'avais fait que survivre et sauver indirectement une famille d'une mort lente et douloureuse mais ça faisait mal, terriblement mal. Tu ne savais plus où te mettre alors qu'Arthur venait de virer le cadavre de son propre père de sur le tien, te relevant doucement pour te prendre contre lui. Cette chaleur, ce réconfort, ses paroles, tout te perturbais. Tu étais perdue, tétanisée.

"Tout va bien maintenant, chut. Tout est fini Teddy, tout va bien."

Sa voix était nouée et Brigitte s'approcha timidement de toi, t'arrachant un autre sursaut. Tu venais de vous sauver tous les trois mais tu avais tué quelqu'un, tu avais tué un autre être humain fait de chair et de sang. Tu avais commis l'irréparable et tu n'arrivais même plus à les regarder dans les yeux sans t'en vouloir, honteuse.

" Je ne voulais pas ! Je... C'est un accident Arthur ! Je te le jure ! Je suis désolée ! Je suis immonde !
Calme-toi Teddy, tout va bien je t'ai dit ! Tu n'as rien fait, tu m'entends ?! Tu n'y es pour rien alors je t'en supplie calme-toi."

Tu le sentais vaciller à son tour, tu le sentais s'enfoncer doucement avec sa mère. Tu sentais ce chagrin que tu ne pouvais partager avec eux pour alléger leurs souffrances. Tu t'es véritablement trouvée pitoyable, toi, misérable assassin. Mais ce qui te choqua le plus et qui te hantes encore toutes ces nuits, c'est la main tremblante de Brigitte qui n'a fait que te remercier pendant de longues minutes, te remercier de l'avoir délivré de cette horrible malédiction.

S'en était terriblement malsain. Et encore aujourd'hui quand tu y repenses, tu es terrifiée.

Et tu avais cette peur sordide de partir en prison, d'être jugée coupable pour mettre prémédité et de prendre au moins dix ans dans la gueule. Oui tu avais peur, oui tu aurais voulu revenir en arrière pour ne pas devoir être sur le ki-vif. Chaque jour tu regardais cette porte d'entrée, les yeux vides et les mains encore tachés d'un sang indélébile. Cette porte ne s'ouvra jamais. Aucune force de l'ordre ne vint troubler la paix de retour dans cette petite maisonnette.

Tu n'es plus jamais rentrée chez toi après cette interaction morbide, tu n'as plus jamais levé le regard vers le manoir de ta demeure et plus jamais tu n'as cherché à prendre contact avec Marie. Aussi ta relation avec Arthur s'est elle aussi améliorée pendant quelques mois avant de dégringoler pitoyablement.

Il allait partir à l'armée, il avait réussi les examens d'entrée et devait maintenant être formé. Ce fut un réel choc mais tu ne fis rien pour le contenir, c'était un jeune homme de vingt ans fougueux et ayant besoin de se dépenser en permanence.

C'était seulement la mauvaise période.

Il allait partir pendant presque huit mois. Presque un an au final mais maintenant que tu créchais chez lui, tu ne pouvais que l'attendre patiemment en t'occupant de sa mère. Vous aviez fait l'amour avant qu'il ne parte, toute la nuit, il t'avait rendu dingue et ses promesses t'avaient donné des ailes.

Mais tu es tombée enceinte, te retrouvant seule et lui annonçant la nouvelle au bout d'un mois.

"Je serais là pour l'accouchement, en attendant prends bien soin de toi mon ange et de maman. Je t'aime et je pense à toi, à plus tard."

Tu n'avais que dix minutes d'appels par jour, parfois tous les deux jours et c'était sûrement le plus compliqué. Tu n'étais encore qu'une petite enfant fragile qui allait donner naissance à une nouvelle vie dans moins d'un an et tu en étais terrifiée, de ce ventre gonflant petit à petit. Pourtant au début tout se passa bien. Tu pris les rendez-vous nécessaires et Brigitte t'accompagna à chaque fois dans cette douloureuse épreuve. Elle dépensa sans compter pour avoir les meilleurs médecins pour toi, t'offrant tout ce dont tu avais besoin.

"J'aurais dû avoir une fille après mes jumeaux mais il y a eu des complications donc ça me fait plaisir de m'occuper de toi Teddy, je te considère un peu comme ma fille tu sais."

Ses paroles t'avaient touché et tu te sentais prête à prendre sur toi pour avancer encore. Mais cette infirmière en face de toi te donna des frissons, te faisant paniquer plus qu'un instant. Ce visage tu le connaissais, tu l'avais côtoyé pendant de longues années et tu aurais bien voulu l'effacer de ta mémoire pour ne plus avoir à t'en souvenir.

Marie Bénédicte Von Becker, vingt-huit ans et ta sœur aînée. Elle a été larguée par son petit ami il y a quelques jours et est donc retourné vivre dans la demeure familiale. C'est elle qui avait demandé à suivre ton dossier et ta grossesse et cette idée de te confesser à cette femme durant ces neuf mois te fis frissonner. Ce sourire ne te plaisais guère et tu écoutas à peine ses paroles, plus préoccupée par celui partageant ta vie.

" Tu connais le père au moins, pas vrai petite sœur ?
Je ne vous ai pas autorisé à me tutoyer mademoiselle. "

Tu ne voulais aucune sympathie, tu ne voulais aucune affection. Tu voulais juste être surveillée et accompagné.

"Je t'ai demandé si tu connaissais le père de ce gosse, Teddy. Tu vas pas commencer à me saouler…"

Tu pestas, la défiant du regard avant de finalement prendre la parole.

"Je vis chez lui, il est actuellement en formation à l'armée.
Oh tu as trouvé un militaire ? Enfin un pseudo-militaire ? Il est comment ? Blond aux yeux bleus, musclé comme il faut et terriblement macho ? Tu dois bien fermer ta gueule avec lui, chérie."

Tu te levas d'un geste vif, demandant un prochain rendez-vous avant de partir, ce qu'elle te donna sans te saluer par la suite. Oui Arthur était blond aux yeux bleus mais cette maudite canitie blanchissant ses cheveux l'a poussé à se décolorer complètement et ce bien avant que tu le connaisses. Mais quel rapport avec le fait qu'il s’agissait du père de ton bébé ? Tu l'aimais terriblement et c'est tout ce qui contait pour toi.

Tu allais voir ta sœur chaque semaine mais tu avais l'impression de dégringoler, de tomber plus bas que terre. Elle ne t'aimait pas et cette sensation d'être un simple jouet pour elle te terrorisait.

"Ça fait quoi d'être maman à 18 ans ? Tu as arrêté tes études ? Du coup tu peux plus revenir prof ? Tu vas faire quoi ? Caissière dans un supermarché pour nourrir ta famille ?
Vous êtes infirmière sage-femme ou psychologue ? J'ai l'impression de m'être trompé de bureau."

Elle pestait à chaque fois et ses gestes étaient tout sauf doux. De plus Brigitte n'avait jamais eu le droit de rentrer dans son bureau avec toi, devant attendre dans la salle d'attente. Finalement, c'était une bonne chose. Tu ne voulais pas qu'elle face la connaissance de cette pitoyable sœur.

Et les mois passèrent.

Au cinquième mois, elle t'annonça qu'il s'agissait d’une petite fille et bien que tu la crut, son petit rictus te fit froid dans le dos mais tu osas tout de même lui demander des antidouleurs au vu des nombreuses contractions que tu avais déjà. Tu es si naïve Teddy. Si pitoyablement naïve. Elle te donna une prescription et c'est Brigitte qui alla te chercher tout cela à la pharmacie du coin alors que tu passais ton coup de fil à Arthur, heureuse de lui apprendre la nouvelle.

"C'est une petite fille. J'ai vu l'échographie, elle est tellement minuscule. Ah Arthur, j'ai tellement hâte que tu sois là. Demain je vais acheter deux ou trois affaires avec Brigitte mais je t'attendais pour le reste. Je n'en peux plus de t'attendre, reviens-moi vite je t'aime."

Raccrocher était toujours très douloureux mais il fallait bien le faire. Le lendemain tu commenças le traitement de ta sœur qui, miraculeusement, marcha rapidement et te soulagea des douleurs te tordant dans tous les sens chaque nuit. Mais cela ne dura qu'un mois et demi environ, tu ne sais plus trop, avant de ressentir les effets inverses. Tu souffrais de plus en plus, presque incapable de marcher droit. Tu finis le reste de ta grossesse à la clinique sous perfusion, incapable de t'alimenter correctement.

Arthur n'avait pas été tenu au courant de ce petit contre temps et on te fit stopper ton traitement sur le champ. Une aussi forte dose aurait pu être fatale pour le bébé et toi-même.

Sur le coup tu te mis à haïr ta sœur qui réussit à s'échapper du souci avec une facilité ignoble.

Elle avait essayé de te tuer.
Toi et ton bébé.
Tu ne voulais plus la voir.

Tu as même hurlé de douleur lorsqu'elle est venue te rendre visite dans ta chambre. Tu étais devenue folle, tu hurlais, vociférant autant d'insultes que possible.

"Fuis sale monstre ! Ne me touche pas ! Laisse mon bébé tranquille je t'en supplie ! Je ne t'ai rien fait alors lâche-moi ! "

Tu n'étais plus qu'une loque, fixant la télévision le reste du temps, quand tu ne lisais pas un ou deux romans de Stephen King pendant ton temps libre.

Huitième mois. Tu reçus un coup de fil de la caserne militaire et tu compris que quelque chose n'allait pas dans la voix d'Arthur.

"Je vais être envoyé en mission. On ne me laisse même pas le temps de rentrer à la maison c'est une urgence. Je vais faire le plus vite possible."

Tu ne savais rien de la durée et tu ne pus que discuter rapidement du prénom qu'il souhaitait donner à son bébé. Le choix avait été fait et il ne te restait que quelques semaines au vu des contractions. Puis le jour fatidique arriva. Brigitte était là et c'est à ce moment-là que tu rencontras Gérald, le deuxième des frères qui avait profité de son congé pour venir jusque ici. Il était adorable, gentil comme tout et tendre comme un agneau. Tu t'es même surprise à lui serrer violemment la main lors de cette douloureuse épreuve, les yeux remplis de larmes.

Oh tu t'en souviens. Des yeux émerveillés de Brigitte quand la petite est née. Il y avait cependant un problème. Elle ne criait pas. Elle respirait à peine et fut emmenée en urgence dans les services dédiés.

Un silence pesant plomba la pièce. Personne n'osait parler avant que Brigitte n'ose une question.

"Comment allez-vous l’appeler ?
Hanabelle. Arthur souhaite absolument l’appeler comme ça et j'ai trouvé ce prénom vraiment joli."

Elle ne répondit rien, se muant dans un silence macabre. Tu ne compris pas sur le coup avant qu'elle ne t'avoue timidement, d’une voix presque éteinte.

"Hanabelle est le prénom que j'avais prévu de donner à ma fille. Malheureusement comme tu le sais...
Il y a eu des complications..."

La mère de famille hocha la tête et tu soupiras doucement. Voilà une nouvelle aussi anodine que pesante, ce genre de discussion que tu aurais aimé par-dessus tout. Mais le médecin rentra dans la pièce, l'air grave et livide.

"Mademoiselle Von Becker. Je sais que cette épreuve sera difficile à surmonter mais malheureusement, je suis au regret de vous annoncer que votre petite fille n'a pas survécu... "

Tu ne dis rien sur le coup, comme muette. Ça ne dura qu'un instant avant que tu n'éclates en sanglots, te confrontant à la cruelle réalité. C'était douloureux, aussi douloureux que lorsque tu as tué Bernard, ton beau-père. Aussi dur que le départ d'Arthur pour un pays étranger.

Tu te sentais seule.
Abandonnée.
Et on te demanda si tu souhaitais garder ton enfant et lui donner un nom. Tu acceptas les deux propositions.

Hanabelle Oswald, née le 15 décembre 1999 décéda le même jour, une heure trente plus tard. Son petit corps fut enterré dans le cimetière de la même ville.

"Une jeune maman porte plainte contre sa sœur infirmière pour homicide volontaire."

C'était la une des journaux. Tu ne voulais pas la laisser s'en tirer, tu voulais qu'elle paye pour cet affront, qu'elle bouffe pour avoir détruit ta vie et tu la poussas même au Tribunal. On lui reprocha bien évidemment à la dose trop importante de cachets qu'elle t'avait donné mais sa relation avec la mort de ton bébé ne fut pas prouvée. Elle avait un meilleur avocat, elle l'avait bien payé pour qu'il la défende et elle réussit. Elle a dû payer une amende pour mauvais traitement et aurait dû être licencié mais que voulez-vous ? Les riches obtiennent toujours ce qu'ils veulent.

" Mes plus sincères condoléances pour la mort de ton bébé Teddy, j'aurais tellement aimé être tatie."

Si Gérald n'avait pas été là, tu l'aurais étranglé, tu l'aurais rué de coups devant tout les spectateurs mais tu n'as fais que l'insulter.

Encore et encore.

"Tu n'es qu'un monstre Marie... Ce bébé ne t'avait rien demandé…
Si je ne suis pas heureuse Teddy alors il n'y a aucune raison que tu le sois toi."

Elle t'avait murmuré ça, doucement, le ricanant même de son rictus vicieux avant de repartir avec son avocat, comme si de rien n'était.

"C'est ça, retourne te faire prendre sale catin ! T'es bonne qu'à ça de toute façon pour grimper ! Mais t'en fais pas, un jour ça sera le contraire ! "

Tu n'en pouvais plus, de ce monde horrible dans lequel on t'avait donné la vie. Oui tu as essayé de te suicider en rentrant mais en vain, Gérald ne te lâchait pas du regard un seul instant mais cela ne dura pas éternellement. Il avait été muté dans le même hôpital que ta sœur comme petit nouveau et elle fit bien évidemment en sorte qu'il tombe dans son service, elle qui avait monté en grade.

Tu avais encore plus envie de la tuer, cette pétasse qui se pensait tout permis, qui, avec des pots-de-vin et ses jambes levés, pouvait tout obtenir.

Ce monde était ignoble.
Et tu le savais bien.

Tu fus bien obligé de mettre Arthur au courant par lettre, cherchant les mots justes.

"Mon tendre Arthur,

C'est par écrit que je te fais part de cela, je ne suis pas assez forte pour te l'annoncer par téléphone, j'espère que tu m'en excuseras.

Notre enfant n'a pas survécu, elle est décédée quelque temps après sa naissance d'une insuffisance respiratoire, elle n'aurait visiblement pas supporté les cachets que l'ont m'a donné. J'en suis malade Arthur et je comprends que cette nouvelle soit difficile à encaisser mais il nous faut rester fort.

J'ai rencontré Gérald qui s'occupe très bien de moi et de ta maman, il a été muté à côté et dès que j'en serais remise, je me mettrais à travailler, c'est promis.

J'espère avoir de tes nouvelles rapidement. S'il te plaît rentre en un seul morceau, nous t'embrassons très fort.

Teddy.
 "

Tu restas un mois encore à la maison pour reprendre des forces, tu fus suivie de près tous les soirs par Gérald qui t'avait déjà accepté comme un membre de sa famille et tu avais pour lui une confiance aveugle.

Par la suite, tu trouvas un petit boulanger qui accepta de t'embaucher à mi-temps pour te faire un peu d'argent et tu travaillas comme deux, restant plus tard le soir et arrivant plus tôt le matin pour lui prouver ton désir de travailler. Mais les tragédies se suivirent les unes après les autres.

Brigitte tomba grandement malade et c'est à ce moment qu'elle t'avoua être atteinte d'un cancer qui avait fini par se généraliser. Sans argent et couverture maladie ou même une aide quelconque elle n'avait pu être soignée. Tu aurais dû devenir folle à cet instant, tu te sentais coupable et honteuse. Tu avais tué son mari, accepté son argent pour avoir le meilleur suivi possible, ce qui revenait à la tuer à petit feu.

Tu étais misérable.
Tu avais l'impression de t'être servi d'eux et tu éclatas en sanglots à cette nouvelle.

Trois ou quatre jours après, tu n'es plus vraiment sûre depuis les années qui ont passé, c'est l'armée qui contacta Brigitte et c'est sur toi qu'ils sont tombés, t’annonçant cette deuxième terrible nouvelle. Arthur était blessé. Hors de danger mais blessé. Il a marché sur une mine artisanale qui lui arracha la jambe, il était encore sous le choc mais avait été pris en charge aussitôt, lui sauvant la vie bien qu'il ait perdu l'usage de sa jambe gauche.

Oui tu t'es jetée dans ses bras lorsqu'il arriva la semaine d'après à la gare, dans un fauteuil roulant, tu te souviens de son regard vide malgré son étreinte, c'est l'une des rares fois où il s'est mis a pleurer, craquer de peur et de désespoir. De peur d'avoir failli mourir et de désespoir d'avoir perdu son bébé. Alors oui effectivement les blessés de guerre avaient le droit à des aides mais Arthur n'aurait le droit qu'au plus strict minimum et ce n'était pas assez pour lui. Il avait tout eu vingt et un ans et aujourd'hui tu en avais dix-neuf, mais tu ne dis rien, ne lui faisant pas remarquer. Lui hurler dessus à cause d'une chose aussi futile qu'un anniversaire ? Pitoyable. Il y avait tellement pire.

Et comme tu l'avais prévu, les soins étaient beaucoup trop importants par rapport aux aides de l’État et les médecins demandaient des avances que vous n'aviez pas. Gérald payait déjà le loyer, les repas et toutes les factures, tu ne pouvais lui demander plus. Il avait tout quitté, lui qui était parti au Canada pour de longues études, lui qui aurait dû devenir un très grand médecin le voilà petit infirmier de service pour une monstrueuse sorcière. Un instant tu as pensé à te prostituer en cachette mais tu préféras trouver un autre petit boulot de nuit, et bien que pitoyable et dégradant, ce travail de serveuse en boîte de nuit te convenait parfaitement.

Tu avais la tête de l'emploi, pulpeuse et plus que jolie à regarder. Ils ne pouvaient te refuser ça. Oui on te proposa bien plus qu'un simple boulot de serveuse et c'est après quelques semaines de boulot que c'est sur scène que tu finis. Ce n'était pas plus dur et ça rapportait plus alors pourquoi s'en priver ?

Mais ce n'était toujours pas assez.

Les aides ne prenaient pas en compte la pose potentielle d’une prothèse mais tu ne pouvais déjà plus supporter ton petit ami cloué dans ce fauteuil roulant et tu le voyais dégringoler à vive allure. Il ne bougeait plus, restant bloqué devant la télévision à lire. Parfois il avait l'air absent, parfois il ne te répondait même pas. C'était aussi douloureux pour lui que pour toi mais tu ne lui montrais pas, sanglotant en silence. 20 000 euros, c'était le prix qu'il fallait mettre pour lui offrir le meilleur mais tu avais à peine de quoi vous faire vivre tous les deux et tu désespéras vite.

C'est dans cette atmosphère que tu travaillais chaque soir, dans le stress, dans l'angoisse et le doute. Toi ancienne princesse devenue boule de suie te complaisant chez les pauvres. Oui on t'a repéré pour ton corps, te proposant de quitter ce trou à rat pour un avenir beaucoup plus enrichissant.

"Oh tu sais, l'institut du porno marche relativement bien et les jeunes filles comme toi sont très très recherchés. Tu pourrais faire une carrière hors norme ! "

Tu l'avais simplement laissé en plan. Ces gens-là n'étaient rien et puis tu avais trouvé bien mieux.

Beaucoup mieux.
Le rêve qui chassera vos cauchemars.

Brigitte n'allait pas en s'arrangeant et tu emmenais Arthur la voir chaque jour, y restant un bon bout de l'après-midi avant de repartir. Elle aussi se dégradait à vue d’œil et vous aviez fini par tous vous résigner.

S'en sortir n'était plus possible.
Il lui restait à peine un an à vivre.

Gérald ne dormait plus la nuit et Arthur devenait de plus en plus fou. C'est à ce moment qu'il s'est montré violent pour la première fois avec toi. Tu lui avais tenu tête et il t'avait violemment giflé, te laissant seule dans ce salon que tu détestais. Cette scène t'avait rappelé de terribles souvenirs mais tu fis comme si de rien n'était. Silencieuse et soumise comme tu savais déjà si bien le faire. Et il se fit insultant lorsque tu le réprimandas avec un verre d'alcool à la main et une bouteille dans l'autre.

"Tu ne pourras jamais comprendre alors ferme ta gueule. "

Il avait le vin terriblement mauvais quand il buvait et il en devenait presque terrifiant. Du moins tu en avais peur et préférais te soumettre docilement de peur de le voir s'enfoncer encore plus profondément dans cette misérable déchéance.

Mais la solution s'ouvrit à toi lorsqu'un scientifique vint discuter quelques instants avec toi. Ils cherchaient des volontaires pour des recherches permettant de créer des humains croisés avec des animaux et au vu du nombre presque ridicule, les sommes payées étaient relativement importantes en fonction des recherches menées. Il te laissa ses coordonnées et le lendemain même tu t'y rendis, toi, princesse de blé de vingt ans. Toi demoiselle toute fraîche qui se laissa manipuler telle une poupée.

Tu souffris le martyr du début à la fin, chaque jour, chaque nuit. Subissant leurs injections pour sauver ta moitié, pour lui prouver l'amour que tu lui portais. Toi qui ne pouvais faire que ça. Inutile gamine bourgeoise aux mains couvertes de sang.Nausées, vertiges, fatigue, tu ne tenais plus debout, passant tes journées à dormir, ne te levant que pour sortir "travailler" comme tu le disais si bien et même si Arthur te questionnait, tu répondais simplement que ton boulot était très physique et te demandait énormément d'énergie.

Tu te souviens même de sa crise de jalousie, t'accusant de le tromper au vu du si peu désir sexuel que tu avais pour lui ces derniers mois.

" T'as pitié putain de merde ?! C'est parce qu'il me manque une jambe que tu vas voir ailleurs ?! T'as cru que j'avais plus la possibilité de baiser ? Tu me casses les couilles ! "

Il n'a rien voulu savoir et Gérald t'avoua ne pas vouloir gérer vos problèmes de couple à votre place et tu l'en remercias. Au bout de presque un an de traitement, tu reçu ta dernière part de salaire, deux fois dix mille euros que tu t'empressas de déposer sur un compte en banque mais ce rêve se transforma en cauchemar.

Ces terribles hallucinations te rendant dingue. Tu étais un échec, bourrée d'effets secondaires. Enfaîte, tu aurais dû mourir sous l'overdose des injections mais visiblement ton système immunitaire faisait que tu supportais relativement mieux cet antidouleur. Tu te souvenais du nom compliqué de ce médicament comme de ton repas d'hier et tu remercias ta sœur d'un rire étouffé pour ce geste morbide d'il y a presque trois ans. Mais tu n'étais pas sortie d'affaire, tu avais l'argent mais la force de te lever avait disparu.

Cette nuit atroce où tu respirais à peine avant de t'écrouler par terre sans signe de vie. Peut-être qu'Arthur avait enfin compris ce qui se passait avant d'appeler les secours ?

Combien de temps avait-il attendu sur ton lit d'hôpital que tu te réveilles ?
Oh tu ne t'en souviens plus.

Mais tu avais été prise en charge rapidement, vulgaire animal que tu étais devenue. Au début tu ne le compris pas réellement et tu refusas de parler de ces expériences menées sur toi avant que Gérald n'arrive à te l'arracher de la bouche à cause des multiples coups de pression. Il t'avait fait pleurer, laissant s'envoler tout le poids que tu gardais que les épaules, laissant s'enfuir tout ce que tu ne voulais laisser transparaître. Et c'est tel un cauchemar qu'il te ramènera là-bas la semaine qui suivit, lui qui venait de s'enfoncer dans une histoire sombre et malsaine où il n'aurait jamais dû mettre les pieds.

À un moment tu t'es pensé maudite Teddy, lorsque tu arrivas dans ce laboratoire de recherches français, minuscule, implanté à la frontière et t'ayant fait tant de misères. Tu aurais dû mourir et ils le savaient tous lorsque ils t'ont revu avec ce médecin au regard sombre. Ils auraient pu en profiter pour te tuer, pour te torturer un peu plus mais n'était-ce pas marrant de voir comment une erreur pouvait survivre dans ce monde nauséabond ?

La science avait besoin de créer des déchets comme toi pour ensuite comprendre leurs erreurs et réaliser la plus belle des perfections. Appâter les désespérés pour leur faire croire au rêve avant de les descendre un peu plus bas dans ce gouffre qu'est la mort. Encore et encore des injections, des soit distantes meilleures pour ton organisme, des traitements à vie, des produits chimiques que tu ne comprenais pas le moins du monde.

Mais tu allais mieux et c'était le principal. Si tu devais te piquer chaque semaine pour apaiser tes douleurs alors ce n'était pas la mère à boire. Tu étais par contre bloquée chez toi, perdant travail et donc ton salaire et malgré les indications de Gérald, tu t'enfuis du domicile familial pour prendre rendez-vous avec des chirurgiens et des prothésistes pour leur faire part du problème et de cette surprise que tu souhaitais faire à ton homme. Le prix s’annonça d'ailleurs moins élevé que tu l'aurais cru, te permettant de garder quelques économies secrètes pour le moment.

Puis un mois et demi plus tard, tu traînas Arthur dehors, lui qui ne comprenait pas, lui qui ne voulait s'afficher en public comme ça. Il mit un moment à réaliser, lui qui n'était plus qu'une loque, lui qui avait frappé et rabaissé sa petite amie pendant presque une année complète n'en revint pas. Il s'était montré fier et n'avait point pleuré malgré ses yeux luisants, c'était une scène émouvante et rien que d'y penser encore à l'heure d'aujourd'hui te fais chaud au cœur. On le prit donc rapidement en charge et l'argent sembla sortir se nul part lors des opérations et autres chirurgies. Tu semblais riche, terriblement riche pour eux qui avaient toujours vécu sans rien.

Et il n'a même pas su comment te remercier sur le coup, restant sans voix devant cette merveille de technologie qui lui permettait de poser ses deux pieds par terre pour marcher. Quatre mois de rééducation et le revoilà gambadant comme un lapin, courant chaque matin et de nouveau le sourire aux lèvres bien que déjà broyé par ce liquide doré. Brigitte te remercia mille et une fois lorsque tu allas lui rendre visite, s'excusant par la même occasion, chose que tu ne compris que quelques années plus tard.

Le mois qui suivit, elle se dégrada à vive allure et celle qui suivit, elle était à peine capable de vous reconnaître tous les trois. Trois jours après, alors que les médecins voulaient encore tout tenter pour la sauver, elle fut débranchée en pleine nuit.

Gérald fut accusé pour meurtre prémédité et fut emprisonné pour vingt ans de prison.

Ce n'était pas une surprise, vous en aviez discuté deux jours avant l'acte et par honneur pour cette dame forte et honorable, vous vouliez abréger ses souffrances. Et que ne fut pas la surprise lorsque tu vis Marie sur le pas de ta porte, une boîte dans les mains et ce sourire narquois.

"Je viens ramener toues les affaires de ce criminel. J'espère que tu as un endroit pour les ranger petite sœur. Oh et j'ai entendu dire que tu avais offert une prothèse à ton boiteux. T'as fait le quartier des putes ou cette rumeur comme quoi tu as offert ton corps pour la science est vraie ?"

Tu t'étais figée sur place, Arthur avait tout entendu sur ce sujet tabou dont il ne savait rien et bien évidemment il s'était mêlé à la conversation.

"Tu veux dire quoi par là ?
Oh je rencontre enfin Monsieur Oswald ! Enchantée ! Et ce que je veux dire par là c'est que cette chère Teddy a servi de rat de laboratoire pour une grosse somme d'argent et c'est comme ça que tu as eu ta prothèse. Pas vraie petite sœur ?
- Tu as tué mon bébé, tu as aidé à l'enfermement de mon beau-frère et maintenant c'est mon futur époux que tu veux faire fuir ?
Je te l'ai déjà dit Teddy, non ? Tu n'as pas à être heureuse. Pas en fuyant tes responsabilités comme une enfant. "

Arthur l'a jeté dehors et tu ne l'as plus jamais revu depuis. Cinq ans plus tard tu appris qu'elle perdit la vie dans un accident de voiture, un camion au conducteur ivre et drogué avait percuté de plein fouet à contre-sens son pauvre véhicule. Il n'y avait presque personne à son enterrement d'après certaines personnes et tu n'allas qu'une fois sur sa tombe pour lui montrer que oui, tu étais devenue bien plus forte qu'elle.

Mais avant cela tu t'étais mariée, un petit mariage faisant de vous de véritables époux. On vous trouva adorable et parfaits, vous étiez un exemple cachant bien sa véritable face. Tu étais devenue stérile suite aux injections et Arthur s'en était voulu terriblement mais avec le temps, cette histoire était devenue ancienne, un passé obscur dont il fallait se défaire.

Tu cachais tes jambes couvertes d'une horrible laine blanche et lui boitais légèrement, le forçant à vivre avec une canne à vingt-quatre ans. Et toi demoiselle de vingt-deux ans, tu ne savais que faire de ta vie.

Tes jambes te terrorisaient, toi qui te rasais chaque jour pour voir disparaître cette pitoyable laine, toi qui
le faisait en pleurant, le bras tremblant et exténué. Tu fis par craquer un an plus tard pour une chirurgie aux rayons X, une épilation à vie comme ils disent. Tu avais souffert mais une fois les séances passées, ce problème semblait lui aussi loin de vous.

" Il est temps de fuir notre passé et repartir de zéro. Allons en France, achetons-nous une maison avec l'argent qu'il nous reste et faisons de notre avenir un petit rêve américain."

C'est à cette époque que tu commenças à te tatouer, les jambes pour commencer, l'intégralité du bas du corps pour suivre. Au début il resta perplexe mais finit par te suivre dans un dos complet.

C'était un nouveau départ.
Une renaissance.

Tu t'en souviens, comme si c'était hier encore. Vous aviez tout lâché, tout laissé derrière vous pour vous séparer de votre douloureux passé. Gérald sortira de prison pour bonne conduite dans quatre ans et retourna au Canada trois mois plus tard. Encore aujourd'hui tu prends parfois de ses nouvelles. Il s'est marié récemment et est père de deux petites filles adorables.

Il avait finalement réussi sa vie et tu le pensas toi aussi au début. Vous aviez déménagé en France, non loin de la belle capitale de l'amour, toi tu t'étais mise à l'art et lui se servait de ses quelques et minces contacts pour se réintégrer dans le monde du travail. Vous aviez trouvé un mode de vie qui fut parfait pendant quelques mois. Tu t'étais épanouie dans ton monde artistique et le peu d'économies que tu avais à l'époque partirent dans ces tatouages que tu aimais tant. Tu n'avais plus aucune place sur le bas de ton corps, l'ayant recouvert intégralement et c'est tout naturellement que tu remontas petit à petit, des hanches aux seins. C'est aussi à cette époque que tu t'es percée les oreilles et les tétons. Au début Arthur avait été dubitatif à ce sujet mais il t'avait laissé faire.

Il t'avait tout de même fait les gros yeux alors que tu riais de bon cœur, qu'elle surprise n'avait-il pas eu ce soir là ? S'en était comique. Quelques mois plus tard, après avoir sympathisé avec le patron du salon de tatouage dans lequel tu étais devenue une habituée, tu lui parles sérieusement de ton projet professionnel et il te prit comme apprenti. Tu avais du talent et il te le fit savoir, toi qui traçais ces lignes de tes doigts de fée. Tu étais jeune, à peine vingt-quatre ans et prête pour une carrière plus que luxuriante, tout comme lui.
Tu restas un moment à sa botte, son assistante. Stencils, prise de rendez-vous, tu faisais tout pour que son salon fonctionne un maximum et en échange, il t'apprenais son savoir-faire, ses connaissances et son sublime talent.

Arthur quant à lui grimpait de son côté, bien éloigné. Il commençait à côtoyer les grands, à fumer et manger à la même table que ses colonels et sergents rentré de guerre. Oh qu'il était bon pour se fourrer les bonnes personnes dans les poches. S'en était presque terrifiant. Il passait bon nombre de ses soirées dans les casinos réputés de la ville, grattant une petite pile d'argent te faisant loucher de plaisir. Oui il était heureux, vous étiez heureux. Il raflait les mises et avait trouvé le moyen de gagner sa vie sans vraiment se fatiguer.

Les gens pouvaient dire ce qu'ils veulent, être joueur de poker semi-professionnel rapportait énormément et au bout des deux ans durant lesquels tu fus sous la tutelle d’Hippolyte, il finit par t'embaucher comme deuxième tatoueuse à part entière. Lui s'occupait des humains et toi tu avais préféré t'occuper uniquement des hybrides. Il était au courant de tes gênes modifiées et il comprit totalement ton choix, l'approuvant même.

"Au moins, on aura une clientèle plus importante et tu peux toujours te charger des humains, personne n'a besoin de savoir ce que tu es réellement."

Tu approuvas et c'est sûrement pour cette raison que tu t'ouvris aux deux genres rapidement. Tu avais à peine vingt-six ans à l'époque Teddy. C'était la belle époque, tout se passait bien, vous aviez un bel appartement, l'argent était présent et tout allait pour le mieux. Il t'avait offert une magnifique bague en diamant, il t'avait couvert de cadeaux et il le fait encore à l'heure d'aujourd'hui, lui qui est toujours aussi doux avec toi. Mais il a tout de même changé. Il n'a jamais décroché de ce liquide doré, il avait même dégringolé un peu plus pour se rapprocher de cet homme qu'il haïssait tant.

Il t'a frappé plus d’une fois, laissant des marques sur ton corps, te faisant saigner et te rabaissant plus bas que terre. Il n'était plus lui-même. Oui tu avais hurlé de douleur lorsqu'il te brûla les seins avec son mégot de clope. Vous vous étiez violemment disputé ce soir-là et tout était parti bien trop loin.

Il avait aussi changé. Son regard n'était plus le même mais pire encore, il était plus féroce, plus sournois et terriblement plus prédateur à ton égard.

Il était le loup chassant la brebis que tu étais.

Il t'avait suivi dans cette malédiction pittoresque et vos multiples relations sexuelles l'avait sûrement contaminé. Vous étiez lié à présent et malgré sa violence, malgré la haine qu'il pouvait emmagasiner et ses toutes nouvelles pulsions à gérer, vous vous aimiez plus que tout, ayant besoin de l'autre pour survivre et vous sentie vivant. Vous séparer était une chose à laquelle vous n'aviez jamais pensé, vous supportant l'un et l'autre avec vos qualités et défauts, avec vos idéologies et vos manières de faire.

Un moment il voulut acheter une hybride pour les tâches ménagères mais cela t'offusqua et tu refusas catégoriquement cette proposition suite à quoi il n'insista pas. Lorsque tu étais partie sur une idée, personne ne pouvait te faire changer d'avis et ton fort caractère le faisait fondre un peu plus chaque jour.

Mais c'était avant que les infectés deviennent de plus en plus courants et rapidement ils furent considérés comme dangereux. Vous étiez des erreurs et vous devez disparaître. Tu pris peur sur le coup et bien que t'es papiers te désignait toujours comme une humaine, tu avais peur des fuites, peur des balances et des problèmes avec la loi.

Tu avais causé trop de mal.
Trop de douleur.
Tu ne voulais plus de tout ça.

Et pour rien au monde tu souhaitais être séparée de ton époux. Il était la dernière personne proche de toi et faisant partie de ta famille. Ta sœur n'était plus là pour ton plus grand bonheur et bien que tu trouves une telle pensée ignoble, elle l'a mérité.

Rendre visite à Brigitte chaque année était devenue une espèce de tradition, vous louant un gîte pour fêter vos retrouvailles avec Gérald et tes adorables nièces. Il s'était trouvé une femme délicieuse et belle comme la plus merveilleuse des anges. Une petite commerçante dans une affaire familiale depuis des années, le genre de personne modeste et amoureuse qui te fit du bien. Peut-être que finalement le bonheur vous avait rattrapé avec le temps ?

Il avait pris son temps mais le voilà, vulgaire bonheur éphémère se faisant bénéfique l'espace d'un instant pour broyer les humains un peu plus fort.

Les coups et les cicatrices, tu as toujours su les cacher à travers ces tatouages, tu as toujours su les maquiller pour te sublimer et Gérald n'y avait vu que du feu sinon il t'aurait sûrement sorti de là, loin de ce monstre silencieux qu'était devenu son jumeau.

Et le retour à la réalité, dans cette ville bruyante et folle était toujours difficile, c'est sûrement pour ça que tu t'enfermais aussitôt dans ton salon, laissant vibrer ta plume au gré des envies de tes clients.

Tu étais douce, terriblement douce bien que ton fort caractère faisait que tu ne te laissais pas marcher sur les pieds. Il ne fallait pas se laisser dans ce milieu, c'était dangereux. Un simple faux pas et c'était foutu pour votre salon. Si les gens venaient à savoir qu'une infectée ou plutôt qu'un monstre s'occupait d'eux, tu finirais sûrement dans une animalerie ou pire, dans un laboratoire comme sujet d'expérience. L'être humain était pitoyable et tu en étais terrorisée par la moindre possibilité. Arthur aurait très bien pu t'acheter par la suite mais plus jamais tu ne pourrais exercer comme tu le souhaites et tu aurais pourri chez toi.

Tu serais sûrement tombée dans l'alcool et la cigarette à ton tour, devenant folle et te jetant par la fenêtre suite à une crise de panique incontrôlée. Ton cadavre serait retrouvé juste en bas et ton statut d'infecté aurait fait qu'on ne t'aurait même pas offert une tombe. Et c'est sûrement pour cela que tu faisais gaffe. Tu étais presque devenue paranoïaque sur les bords et parfois tu pétais les plombs. Une fois tu as fracassé ton matériel par terre sans qu'un seul client ne se trouve dans la boutique fort heureusement.

Mais tu commençais à avoir peur de toi-même, peur de blesser Arthur ou de le mettre dans une situation délicate. Il avait suffisant souffert ainsi et tu ne voulais pas lui demander plus.

Et comme pour amplifier cette peur, les oppresseurs ne semblaient pas prêts à baisser les bras dans leur conquête de soumission. Ils n'étaient que de vulgaires fanatiques à l'utopie débile et illogique. Ils étaient ta plus grande peur bien que tu n'es physiquement rien à craindre : rien ne laissait croire que tu étais une hybride ratée et les gens levaient les yeux vers toi pour ton corps sortant légèrement de la norme. Beaucoup trouvaient ça vulgaire et d'autres n'hésitaient pas à te faire savoir leur intérêt à leur égard. Tu n'étais qu'une inconnue pour la plupart alors que certains te reconnaissaient pour ton travail. Spécialiste trash polka et pin-up que tu étais. Véritable douceur incarnée.

Peut-être ta popularité a-t-elle augmenté lorsqu'on t'a proposé de poser pour un magasine de tatouages ? Ah tu te souviens de la crise de jalousie que ton époux avait faite, refusant de te voir poser nue pour ce genre de bouquin qui allait simplement servir à aider des perdus à s'astiquer. Mais comme toujours il craqua, t'accompagnant même lors de ces séances mais ne fit aucun commentaire. Il était comme ça, silencieux, violent et passablement irritable. Le genre à parler franchement sans passer par quatre-chemins, à frapper les personnes lui mettant les nerfs et refusant le manque de respect alors que lui-même était tout sauf respectueux.

Oh que vous étiez deux pitoyables humains de paradoxe. Le loup errant dévorant l'adorable brebis effarouchée pour la faire sienne et la laisser captive de sa prison dorée. Mais malgré la politique actuelle et l'épée de Damoclès te menaçant chaque jour, tu menais une petite vie te suffisant amplement. Un époux aimant bien que violent et une passion te servant de travail à quelques minutes de chez-toi. Que demander de plus à Dieu pour être heureuse ?

Cette vie, ça fait plus de dix ans que tu la côtoies. Rencontrant chaque jour des visages différents, voyant tes voisins changer, certains plus amicaux que d'autres mais jamais tu m'avais eu d'interaction violente avec l'un d'entre eux.

Non, tu vivais dans ton égoïste bonheur, paranoïaque femme ne lâchant pas souvent son époux, le suivant à chaque tournant, le surveillant d'un œil bienveillant et protecteur.

Votre renaissance était en belle et bien achevée, tel le phœnix renaissant des flammes.




Dernière édition par Teddy J. Oswald le Dim 31 Juil 2016 - 4:07, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: It was my heart, it was my life It was my start, it was your knife    Lun 25 Juil 2016 - 12:48
Pas de soucis owo Bon courage pour cette fiche !


#009900 Miaw

Merci à tous !:
 
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MessageSujet: Re: It was my heart, it was my life It was my start, it was your knife    Lun 25 Juil 2016 - 13:58
Bon courage avec ce personnage !


Miah... #336699 & merci Mélody !

kitty:
 
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MessageSujet: Re: It was my heart, it was my life It was my start, it was your knife    Lun 25 Juil 2016 - 17:45
JTEBAIZ

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MessageSujet: Re: It was my heart, it was my life It was my start, it was your knife    Jeu 28 Juil 2016 - 17:48
Bonjour, bienvenue parmi nous !

Tu peux mettre ton histoire complète si tu le souhaite, si tu as peur qu'elle ne rentre pas à cause du nombre de caractère, on peut toujours trouver une solution !

Balance le pavé si tu veux ! Je regarde le caractère quand je serai sur mon autre ordi o/
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MessageSujet: Re: It was my heart, it was my life It was my start, it was your knife    Ven 29 Juil 2016 - 15:34
Merci mais pas besoin de solution pour l'histoire, c'est normal qu'elle ne rentre pas dans un code aussi long que celui que j'ai fais.

Bref, voilà l'histoire non corrigée pour le moment, les couleurs arriveront demain comme le caractère sûrement.

Si j'ai la foi, je ferais un résumé sous forme de tirets pour l'histoire.


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MessageSujet: Re: It was my heart, it was my life It was my start, it was your knife    Ven 29 Juil 2016 - 17:45
Bonjour Teddy & Bon retour parmi nous.
Je suis ravie de voir que tu es aussi motivée par ce nouveau personnage, mais peut-être pourrais-tu l'être un peu moins? J'entends par-là que nous sommes en période de refonte de beaucoup d'éléments du forum, que ce travail nous prend beaucoup de temps, et que nous n'en avons donc pas assez pour lire toute cette histoire. Je pense donc, si tu veux garder ton histoire, qu'il est en réalité impératif que tu nous apporte un résumé en "tirets" de celle-ci.

Je ne dis pas que ton histoire n'a pas l'air intéressante, ou que nous sommes fainéants. Mais il va de soi, il me semble, qu'un membre voulant lire dans les grandes lignes l'histoire de ton personnage serait rebuté par une telle quantité dans laquelle tout se confond et rien ne ressort vraiment. Ce serait agréable, je le précise, que cette histoire résumé en tirets ne comporte pas autant de retour à la ligne, ou de saut de ligne, que ton histoire complète. Car, je me permet ce rappel : la quantité ne fait pas la qualité.

De plus, je suis bien d'accord que voir une longue histoire est agréable, et motivant. Mais ces centaines de petits paragraphes n'ont absolument rien d'attirant. Et je t'avoue donc, malgré d'aimer la lecture, n'être pas tentée par ce véritable challenge.

Si je dois donner une explication à ce fait, je pense que dire que ta façon d'écrire, malgré que tu possèdes une agréable plume, brise le rythme de lecture. Certains de tes paragraphes font très littéralement une seule ligne, puis reprennent sur une autre ensuite, puis sur trois lignes, puis de nouveau une. Ça ne donne pas de rythme au texte, qui en paraît presque "vulgairement" coupé.

Je rajouterais que la précision que ton personnage soit tatoué entièrement me "déplaît" quelque peu. Sur l'image que tu as choisi de prendre pour ton avatar, il me semble que beaucoup de sa peau est exposée, mais que le personnage n'ayant pas de tatouage de base, les membres oublieront certainement très souvent ce détail. Un détail qui, pourtant, me semble important.

Pour le reste, même en lisant très brièvement en diagonal, j'ai trouvé énormément de fautes. Il semblerait que tu ne sois pas encore passée à la correction, mais j'ose espérer que celle-ci sera fructueuse. Si tu as besoin d'aide, n'hésite malgré tout pas à contacter un membre du staff. Linuko se propose généreusement à utiliser sur ta fiche un logiciel correcteur performant, peut-être devrais-tu en converser avec elle ? J'espère en tout cas que nous pourrons profiter d'une meilleure façon de ton inspiration.

Je te souhaite bonne chance dans ces modifications, et espère te recroiser prochainement.
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MessageSujet: Re: It was my heart, it was my life It was my start, it was your knife    Ven 29 Juil 2016 - 18:36
Alors.
Comme précisé, je suis encore en vacances et j'ai donc tapé cette histoire sur mon téléphone portable, de ce fait je n'ai pas accès à un correcteur sur ordinateur étant donné que je ne rentre que demain dans la journée.

Concernant les tatouages, on me l'a accepté et comme le règlement stipule que les feat hybrides n'ont pas forcément besoin de monter les attributs, je ne vois pas en quoi le fait que mon personnage soit tatoué puisse poser problème au niveau du feat. Si les rps sont le seul problème alors rien ne m'empêche de le préciser en premier post. Teddy est un perso vieux de 5 ans et je ne me vois pas changer de feat d'un, bref.

Je pense que le style d'écriture d'une personne est personnel, on ne m'a jamais fait ce genre de remarque concernant mon style mais je peux comprendre que ce soit ce que tu ressens. Je ne vais tout de même pas reprendre ce soucis étant donné que je pense avoir une assez bonne expérience en rp et avoir expérimenté un style qui me motive et me convienne.

Ensuite, j'ai précisé que j'allais écrire un résumé pour ne pas forcer les gens à lire : cette fiche n'est pas finie. Elle n'est ni corrigée, les couleurs ne sont pas ajoutés d'où cet effet fouilli et il se peut que je reprenne, voir supprime, certaines choses. (et il n'y a aucune restriction de longueur au niveau des histoires).

J'ai déjà vu avec Mélody pour mon histoire, elle a été lu en mp au vu de la longueur et fut acceptée par notre fonda favorite (qui a profité d'un moment de libre) vu que toutes les grandes lignes sont présentes.

Je reste toute ouïe pour d'autres critiques constructives mais j'aimerai juste avoir le temps de récupérer un ordinateur me permettant de corriger et arranger tout cela.


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MessageSujet: Re: It was my heart, it was my life It was my start, it was your knife    Ven 29 Juil 2016 - 18:57
Bonjour à nouveau, Teddy.
Je vais te répondre point par point, afin de garder de l'ordre :
Je peux parfaitement concevoir que ton histoire est été faîte sur un téléphone portable. Mais je ne pense pas avoir fait de remarque excessive sur tes fautes, outre le fait de te re-préciser qu'il y en avait une certaine quantité. J'espère n'avoir pas été offensante sur ce point, ce n'était pas mon but.

Pour ce qui est de l'apparence du personnage, comme tu en parles en second point toi-même, je ne parlais nullement des attributs hybrides, mais bel et bien des tatouages. Je pense être moi-même bien placé pour comprendre que l'on puisse porter un certain amour à un personnage existant depuis un certain temps, ainsi qu'à l'apparence que l'on a eu l'habitude de lui attribuer. Cependant, encore une fois, je ne pense pas avoir été agressive en précisant que, selon moi, les membres pourraient oublier le détail des tatouages qui n'est pas apparent sur ton avatar. Il s'agissait, encore une fois, d'une précision de ma part.

Pour ce qui est de ton style d'écriture, encore une fois, il ne s'agissait pas d'une critique. S'il en a paru être ainsi, je m'en excuse. Je pense simplement, personnellement, que ton style d'écriture, à mon sens, n'est pas motivant pour ceux qui pourront le lire. Voir un aussi long texte taillé de façon aussi brute gâche l'effet de poésie que tu déploies, et c'est bien dommage car tu sembles avoir, en plus de l'expérience de rp dont tu me parles, un vocabulaire très bien exploité.

Pour le point suivant, celui du résumé, ce n'est pas tout-à-fait exact. Pour reprendre tes mots, tu as écris dans ton message précédent, je cite : Si j'ai la foi, je ferais un résumé sous forme de tirets pour l'histoire. Je pense que la présence de ce "Si" explique ma réponse, un si n'étant pas une marque d'impératif. Hors il me semble impératif de faire ce fameux résumé, et d'une façon peut-être un peu plus appliquée, plus lisible et efficace. Ça ne serait alors pas une question de style, ou que sais-je, mais bel et bien d'utilité pour ceux qui voudront y retrouver des points importants sans devoir lire tout le reste.

Pour le point final que tu as soulevé, celui de la lecture de Mélody (qui est chargée de ta fiche), je pense que la précision est toujours agréable, mais inutile. Je n'ai pas parlé sur ta fiche comme je l'aurais fais sur l'une des fiches dont je suis moi-même chargée, mais en tant que membre remarquant des points gênants sur celle-ci. Mes remarques ne sont pas forcément à prendre au pied de la lettre, mais seront certainement toujours bonnes à prendre en considération. Parce qu'en tant que membre, je ne serais absolument pas intéressée par tout cet amas de lignes espacées.

Pour le reste, je pense qu'un minimum de politesses serait agréable, comme de me saluer, car j'ai malgré tout prit le temps de poser l’œil sur ta présentation. Tu es dotée, il me semble, d'un très joli vocabulaire, pourrais-tu en profiter afin de rendre nos dialogues plus plaisants ? Ce n'est encore une fois qu'un détail, mais je trouve les messages toujours moins ennuyeux ou "blessants" à lire lorsqu'ils possèdent quelques formules de politesse.

J'espère n'avoir pas eu l'air stricte, ce n'est pas mon objectif je le répète, mais précise malgré tout. Je te souhaite, encore une fois, une bonne chance lors de tes modifications, ainsi qu'une bonne soirée, et espère te recroiser à nouveau prochainement.
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MessageSujet: Re: It was my heart, it was my life It was my start, it was your knife    Ven 29 Juil 2016 - 19:31
Bonjour Sayo,

J'ai précisé que ma fiche n'était pas corrigée car à mon sens je n'ai pas besoin d'aide pour la correction, j'ai toujours fais des fiches relativement longues et certes avec des fautes, mais pas assez pour empêcher une validation. J'espère tout de même que l'ont me pardonnera certaines fautes au vu de la longueur "excessive" de ma fiche. Mais cette proposition d'aide est très gentille.

Pour en revenir à l'apparence de mon personnage, à mes yeux les tatouages sont semblables à des attributs hybrides au niveau de l'avatar. Trouver un feat aussi tatoué et ayant les mêmes attributs physique que Teddy (pulpeuse, blonde aux yeux bleus) sans que cela soit un oc ou un personnage avec peu d'images risque d'être compliqué et encore une fois cela ne pourrait refléter le physique exact de Teddy concernant les tatouages.

Pour mon style d'écriture, je peux comprendre que tu ais cette impression et ce ressenti, ton premier post semblait à mes yeux, une généralité indirecte. Nous avons tous un style différent et des affinités différentes (certains n'aiment pas la deuxième personne, d'autres détestent jouer des femmes, ect) et je ne fais que te répondre à mon tour concernant mon style. Cette histoire risquant encore d'être modifiée concernant les paragraphes (écrire sur portable est bien différent que sur ordinateur et forcément les paragraphes semblent immenses et illisibles).

Pour le résumé effectivement le si peut être dérangeant mais il est bel et bien en cours au niveau des points clés. Je ne force pas les gens à lire ma fiche entièrement, qu'ils apprécient ou non ce style d'écriture et moi même n'aurait sûrement pas la force de lire directement une histoire aussi longue sans que le personnage m'intéresse directement.

Pour ce dernier point qu'est la validation par Mélody, il était simplement là pour prévenir que malgré les refontes et les Reworks en cours par le staff, le temps avait été trouvé pour ma fiche et que la validation de mon histoire était déjà réglée.

De plus je m'excuse si tu as trouvé mon attitude déplacée, j'ai juste été étonné de ces remarques que l'ont ne m'avait jamais fait, surtout sur une fiche encore brouillon.


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MessageSujet: Re: It was my heart, it was my life It was my start, it was your knife    Dim 31 Juil 2016 - 18:03
C'est cool avec les couleurs pour les dialogues ! Et le résumé résume bien XD Pis ça va les paragraphes sont pas trop long et ça fait des coupures les petits passages et ça appuie les propos, les fautes j'ai look aussi et c'est okay, le résumé étant x10 plus court j'ai commencé par voir là mais le reste c'est okay aussi !


“ Tu es valide(e) ”



Ça y est, t’es validé(e) ! Félicitations ! Nous sommes heureux de t’accueillir parmi nous, en espérant que tu t'y sentes bien.

Tu peux dès à présent faire une demande de RP, d’adoption, et si tu cherches un toit fait une demande de lieux.
Si tu as besoin d'un nouvel avatar, viens ici .
N'oublies pas de nous dire si tu dois t'absenter de prévenir ici !

N’hésites pas à poster une fiche de liens pour te lier aux autres personnages du forum ou encore à passer sur la ChatBox pour te familiariser avec les autres.

Si tu veux délirer avec les autres, passes sur le flood ou sur troll word !

Par contre, n’oublies surtout pas de remplir ta fiche de personnage et de rajouter le lien de ta fiche dans ton profil.

A la moindre question, n’hésites pas à envoyer un MP à un membre du staff qui sera là pour éclairer ta lanterne.




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